Si j’étais né en Arabie je serais musulman ou hindouiste si né en Inde…

Par : pasteur Marc Pernot

Un sioux danse devant un cheval - illustration - by fb3imagery 
 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ http://www.flickr.com/photos/90305762@N06/28400413295

Question d’un visiteur :

Bonjour
Je crois en Dieu et pense qu’après la mort il y a une autre vie. Mais laquelle ?

Les religions ne sont-elles que le reflet d’une culture,d’une époque et d’un mode de vie ? Je pense profondément que si j’étais né en Arabie, je serais musulman ou hindouiste né en Inde, voire Animiste si j’étais ne en Amérique du nord comme Amérindien !

Où est la vérité, où et qui est est Dieu parmi tous ces portraits?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Personnellement, je pense aussi que la vie continue dans l’après la mort. Mais nous verrons bien. Peu importe, finalement, car l’essentielle question pour nous aujourd’hui est de vivre cette vie avant la mort, de la vivre le mieux possible, et le Christ nous propose pour cela de chercher à avoir une belle relation avec Dieu, avec ceux qui nous sont confiés et avec nous-même, en aimant.

Ce n’est pas parce qu’il y a de multiples religion que cela implique qu’il y en ait une meilleure ou plus vraie que d’autres dans l’absolu. Par exemple, telle personne a comme passion de faire du foot, telle autre personne est passionnée de rugby. Les deux peuvent avoir raison tous les deux.

Dans un sens, je suis d’accord avec vous pour dire que peu importe la religion, car  je pense qu’il y a un seul Dieu et donc quel que soit la religion, c’est bien vers le même Dieu que nous prions. Alors autant vivre sa religion de la façon la plus sincère et vraie.

Là est la vérité : dans la sincérité de la démarche de la personne.

Dans un autre sens je ne peux m’empêcher de trouver absolument génial d’avoir comme cheminement vers Dieu l’Evangile du Christ, avec une conception de Dieu qui aime, qui cherche chaque personne car elle est irremplaçable pour lui, une religion qui est tournée ainsi vers la liberté, le respect inconditionnel de toute personne, mais encore la responsabilité. Peut-être que c’est effectivement subjectif et que c’est parce que j’ai été élevé dans ces valeurs que je les trouve géniale ? Peut-être mais cela ne me déplaît pas quand même.

Cela aussi est essentiel, car effectivement, on est profondément façonné par ce en quoi l’on croit, par ce que l’on considère comme l’idéal. Par conséquent l’idée que l’on se fait de Dieu (ou de son idéal philosophique) est extrêmement importante quand même.

Amitiés

pasteur Marc Pernot

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4 réponses

  1. Annabel Maciel dit :

    Personnellement, j’ai toujours pensé que différentes religions sont autant de chemins pour se rapprocher de Dieu, mais que c’est plus facile (et cela permet de vivre en cohérence et harmonie avec ceux qui nous entourent) quand on suit le chemin le plus proche de sa culture d’origine.
    Le Dalaî-Lama lui-même dit « Il vaut mieux garder sa propre tradition religieuse ».
    Mais garder sa propre tradition religieuse ne veut pas dire nécessairement accepter des conservatismes incompatibles avec ses valeurs (comme le droit des femmes, des homosexuels, la tolérance des autres croyants / athées). Si j’étais née en Inde, je serais hindoue (ou musulmane ou chrétienne, il y a de tout dans ce grand pays), mais je pense (j’espère) que je chercherais à me rapprocher de ceux qui pratiquent l’amour pas la haine.

  2. David dit :

    Bonjour,

    Je pense que cela dépend aussi de l’époque à laquelle on vit. Si l’on imagine vivre dans l’Antiquité, avec peu de circulation des informations, les choix seraient forcément assez limités autour des traditions locales ou des régions environnantes ou continentales et de leurs peuples respectifs.

    Mais aujourd’hui, en supposant un accès à des librairies, des bibliothèques, à un internet non censuré… quel que soit alors son pays d’origine, si les parents soutiennent ce type de démarche assez ouverte, ou que l’on est déjà adulte et indépendant, et si l’on a accès à l’information et que l’on est suffisamment libre socialement au niveau de la liberté de conscience, alors il est possible théoriquement de faire son propre cheminement personnel, presque indépendamment de la culture, de la sécularisation éventuelle, des influences sociales et familiales … Autre condition supplémentaire très importante sauf si des livres suffisent à la personne : pouvoir rencontrer ou au moins écouter des personnes de la religion, donc cela suppose de vivre à un moment donné dans un milieu où une grande diversité de religion est présente pour pouvoir comparer, donc dans une grande métropole par exemple, ou bien de suivre des conférences ou cultes… sur internet (réseaux sociaux ou sites dédiés…).

    Il est théoriquement possible alors de comparer l’existant, les différentes possibilités, les grandes traditions et sagesses du monde entier, d’aujourd’hui et à travers les âges, de prendre en compte les avancées énormes de la science contemporaine, ainsi que l’histoire universelle de l’humanité, et de faire usage du principe « Oses penser par toi-même, oses te servir de ton propre entendement ». D’ailleurs ce type de cheminement est toujours d’actualité, et peut continuer, à l’écoute de la diversité, tout en faisant ses propres choix, en cherchant la meilleure cohérence selon sa soi-même en sa conscience.

    Pour ma part, ce type de cheminement m’a conduit tout droit vers le christianisme, puis le protestantisme, puis ses variantes libérales par principe, tout en préférant parfois voire souvent des éléments plus « orthodoxes » sur le fond sur certains sujets. Et je peux refaire le même cheminement en raccourci à chaque instant par expérience de pensée, je parviens au même résultat. Ce n’est pas tant une question de pays ou de culture d’origine, mais une question de liberté de conscience, de liberté sociale, et de possibilité de faire un choix informé, ce qui n’est bien sûr pas garanti partout, mais il y a des progrès surprenant parfois…

    Cordialement,

  3. David dit :

    En allant plus loin dans le sens de la question initiale posée, si, par expérience de pensée, on imagine être né dans une culture complètement sécularisée à l’extrême où la religion serait complètement tournée en dérision, ou à l’inverse dans une dictature qui interdit toute forme de religion et mène une propagande anti-religion, alors on risquerait fort de n’avoir pas de religion du tout. La question initiale renvoie à la question de nos déterminismes sociaux. Idéalement selon moi, chacune et chacun auraient à pouvoir comparer, discerner, et choisir sa voie en matière religieuse, un peu comme lors d’un vote bien organisé.

    Chercher Dieu via le Christ avec l’Esprit nécessite sans doute une démarche personnelle, en indépendance de la société, y compris de sa propre famille, religieuse ou non, chrétienne ou non : cf Luc 14:26 par exemple. Le fait de pouvoir s’interroger sur une religion sans que cela soit du mimétisme social ou de la simple fidélité à la tradition ancestrale de sa famille nécessite d’avoir du temps, de la disponibilité, de pouvoir sortir d’un état de permanence d’une logique de survie au jour le jour… Un exemple de pays où le niveau d’alphabétisation et d’éducation sont très élevés, où les libertés individuelles sont a priori respectées sur le plan juridique et social, et où les religions majoritaires sont très très différentes et sûrement pas équivalentes à la religion chrétienne, c’est le Japon, avec sa culture traditionnelle shinto-bouddhiste. Si donc, par expérience de pensée, on était né au Japon, dans une famille shinto-bouddhiste assez traditionnelle, éduqué(e) dans la culture japonaise contemporaine, libre, détaché(e) de la survie au jour le jour, ayant accès à l’information, serait-on nécessairement shinto-bouddhiste d’un côté et d’un autre fan de mangas, de robotique, de technologie, de mode, de consumérisme ? Je ne pense pas.

    Je pense que les religions ne sont pas équivalentes entre elles, quelle que soit ensuite les interprétations et variantes, libérales ou orthodoxes : Adam et Eve, selon Genèse 1:27 et le Christ selon par exemple 2 Corinthiens 4:4, lui aussi fils d’Adam et d’Eve selon Luc 3:38, sont comme les Images de Dieu. Dans les autres religions, ces Images de Dieu ne seront pas les mêmes, ou ne seront retrouvées qu’en partie, ou bien il n’y a pas de Dieu présenté, ou bien les divinités sont des forces de la nature, ou bien il s’agit de syncrétismes… Peut-être en revanche peut-on dire que les branches libérales de différents courants ou de différentes religions ont des convergences assez importantes entre elles.

    En supposant un accès à internet, https://eu.stepbible.org/ (de l’Université de Cambridge en Grande-Bretagne) est un exemple de site qui permet de lire des traductions libres de droit du Nouveau Testament en plus de 100 langues, et parfois l’Ancien Testament pour les langues de plus longue tradition chrétienne (l’Ancien Testament étant particulièrement long à traduire, et encore un peu plus délicat peut-être à interpréter, souvent les Psaumes sont le seul livre traduit), ainsi que de pouvoir mettre en correspondance une ou plusieurs traductions dans une ou plusieurs langues parlées aujourd’hui avec les langues source comme l’hébreu (et un peu l’araméen) pour l’Ancien Testament et le grec pour le Nouveau Testament. C’est donc une forme de convergence, quelle que soit sa culture, son pays d’origine, à condition de savoir lire, d’être suffisamment libre…

    Avec des Écritures à lire dans tout les cas avec Interprétation, car selon 2 Corinthiens 3:6, la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. Avec de l’espérance tout de même, sachant, que selon 1 Corinthiens 15:35 et Jean 12:24, si le grain de blé (symbolisant une attitude spirituelle) tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt [ce qui nécessite une bonne terre et de l’eau], il [germe, puis grandit, puis] porte du fruit en abondance. Finalement, comme selon Luc 8:4-15, les grains de blé peuvent donc soit se perdre, soit être transformé en farine puis en pain azyme [Ancien Testament] ou au levain [Nouvelle Alliance], soit germer pour produire d’autres grains, avec en perspective et espérance de permettre une sorte de multiplication des pains (de nourriture spirituelle en Christ).

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