« Que ce qu’on entend par convoitise, et que dit la bible en ce qui concerne les viandes impures ? »

Par : pasteur Marc Pernot

marché alimentaire en plein air - Photo by Caleb Stokes on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
il m’arrive souvent, quand je regarde une fille qui est belle, de me sentir mal à l’aise pensant que j’ai péché, même si j’ai pas des mauvaise pensé. Cela m’arrive souvent quand je vois une fille et que je l’apprécie et quand je pense à ce que Jésus a dit «mais celui qui regarde la femme de son amis pour la convoiter a déjà commit d’adultère avec lui dans sont coeur», je me sens perdu. Je cherche une explication claire. Et pour ce qui concerne les viande, j’ai lu deux chapitre de deux livres de la bible(lévitique, deutéronome) qui parle des animaux impure. Dans différentes religions on insiste sur ne pas manger le porc, le singe… Comme c’est écrit dans la bible, mais souvent ils mangent les chenille, les crevettes…, et moi j’aimerai savoir quel était la volonté de Dieu de dire«ce n’est pas ce qui entre qui souille l’homme, mais ce qui sort de lui qui lui rend impure» et la pensé de Paul dans «1timothée 4.3, colossiens 2.16,20-22, bref que dit la bible si dans nos marché nous ne trouvons que ces bêtes ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Bravo pour cette réflexion tout à fait fondamentale. Elle repose sur des observations justes de ce qui est dans la Bible.

Cela doit pouvoir conduire à saisir le mode d’emploi de la Bible pour la personne sincère :

  • La Bible n’est pas un ensemble de commandements. Elle est un ensemble d’excellentes questions à se poser.
  • La Bible n’est pas à lire selon la lettre (cela tue) mais selon l’esprit (c’est à dire que toute interprétation que nous faisons d’un verset doit aller dans le sens de la vie, doit être une bonne nouvelle, l’annonce que Dieu nous soigne.

C’est ainsi que la parole de Jésus disant « celui qui regarde la femme de son amis pour la convoiter a déjà commit d’adultère avec lui dans sont coeur » n’est pas à prendre comme culpabilisante, ce n’est pas à prendre comme une condamnation. Comment est-ce que Jésus pourrait nous culpabiliser ainsi pour notre désir comme si nous étions déjà passé à l’acte ? Ce n’est pas possible. Pour deux raisons :

  • On n’est pas responsable de son désir, mais de ce qu’on en fait. Lue au pied de la lettre, cette parole peut conduire à se sentir être une mauvaise personne à cause d’un désir qui me vient de la nature. Dieu n’a pas ce regard sur personne.
  • Prendre cela au pied de la lettre reviendrait à banaliser le passage à l’acte. Des hommes pourraient se dire : puisque mon désir fait de moi déjà un adultère, cela ne change pas grand chose maintenant de passer à l’acte.

Donc il est impossible que cette phrase de Jésus soit à prendre au pied de la lettre. Que veut-elle dire, alors ? Que même si le problème est bien le comportement désordonné car il crée de la souffrance, la solution est à chercher en amont, plus profondément dans notre être. C’est là, au plus profond de nous que nous devons travailler : un travail sur soi-même, travail où l’aide de Dieu est essentielle car il s’y connaît en création de l’humain, d’un humain plus élevé, plus digne, plus maître de lui-même pour faire de belles choses.

C’est ce type de lecture que nous pouvons faire pour cette parole de Jésus, qui pose problème quand elle est lue à la lettre et très inspirante par l’esprit (et par l’Esprit, dans la prière pour chercher comment elle s’applique à nous-même en particulier.

Ce type de lecture est à la fois nécessaire et précieux pour bien d’autres paroles de ce même sermon de Jésus.

  • Par exemple quand il dit solennellement : « Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant.  » (Matthieu 5:39), il serait épouvantable de penser que Jésus nous invite à nous laisser violer, tuer, détrousser, nous-même ainsi que les enfants et les personnes âgées.Mais c’est une bonne question que l’on peut se poser quand une personne a un comportement pénible, peut-être que, là aussi, il serait bon de ne pas réagir au 1/4 de tour et de se demander s’il y a quelque chose que l’on puisse faire pour que cette bonne personne se porte mieux et donc agisse mieux ?
  • Ou quand Jésus dit « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » (Matthieu 5:29). Il serait fou et cruel de penser que Jésus nous invite à nous arracher à nous-même un œil ou nous couper une main ! Seulement, là encore, Jésus nous invite à travailler sur notre être. Regarder effectivement nos actes, et travailler alors sur notre être afin de progresser.
  • De même, ce n’est pas une question importante pour la foi de manger telle ou telle nourriture, C’est une question de budget, de disponibilité au marché, de santé de choix personnel. Mais sinon, ce qui importe à Dieu n’est pas notre menu mais ce que nous sommes, au cœur de notre être, dans notre façon d’aimer, dans notre foi, dans notre Esprit, dans notre énergie à produire de bons fruits qui fassent vivre en qui embellissent le monde autour de nous. C’est là : le cœur de notre être qui intéresse Dieu pour essayer que nous soyons en forme. A l’origine, la loi juive fixait des règles concernant la nourriture. suite à la foi de Jésus-Christ, cela a été considéré comme facultatif, comme un exercice spirituel en vue de penser à Dieu dans la vie quotidienne, mais pas un objectif, pas un critère de pureté ou d’impureté. D’autres moyens nous semblent plus utile comme la lecture des évangiles, la réflexion personnelle, la prière en confiance.

Je comprend que vous préfériez des règles bien claires, nettes et précises que ce que vous devriez faire. Cependant, Dieu nous a fait comme une personne unique, et il nous veut libre et responsable, créateur. Pas comme un petit robot bien programmé. Cela n’aurait que peu d’intérêt. C’est pourquoi Dieu nous fait « sur mesure ». C’est vrai que c’est plus compliqué, plus riche, et plus complexe. Ce que nous avons à faire est « sur mesure », ce que nous avons à devenir est « sur mesure » ainsi que les moyens que Dieu nous donne d’avancer. C’est forcément plus compliqué que de fixer des règles simples valables pour tous et toute circonstance. Heureusement que Dieu est patient et qu’il nous aime, nous pardonne. De sorte que nous pouvons avancer pas à pas, comme nous le pouvons, en confiance. Cela est déjà très bien.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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2 réponses

  1. Pascale dit :

    « On vous a dit … mais moi je vous dis … »
    Il est vrai que c’est uniquement lorsqu’on a réellement admis que ces injonctions ne sont pas là pour culpabiliser, qu’il est possible de les entendre autrement. Je me trompe peut-être, mais personnellement j’y entends parfois Jésus dire : ne vous contentez pas de suivre une liste de règles, vous êtes capables de bien plus. Cela devient alors un réel encouragement.

    • Marc Pernot dit :

      Grand merci
      Et le « mais moi je vous dis » est un encouragement pour nous-même puisque nous sommes appelés à le suivre dans son cheminement. C’est un encouragement à penser par nous même en fonction des circonstances présentes, et à interpréter personnellement ce qui nous a été dit dan sla Bible Hébraïque, dans les Evangiles, dans les sagesses des philosophes, dans la littérature et les arts, et encore dans ce qui est dit dans les médias et dans les conversations autour de nous. Ce mais moi je vous dis nous encourage à ne pas être un mouton dans le troupeau mais un membre du corps ayant sa personnalité, son point de vue. Aimant « avec intelligence », comme nous y encourage Jésus ailleurs.

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