Priez pour moi, je n’arrive plus a avoir de relation avec Dieu, je désire retrouver ma foi

femme assise sous une couverture, contemplant le désert - Photo by Jeremy Bishop on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Priez pour moi et ma famille car notre foi est partie, je n’arrive plus a avoir de relation avec Dieu, je suis devenue incrédule, je désire retrouver ma relation. Le prier d’un coeur sincère, crier à Dieu, revenir a Dieu, lui demander pardon. Mais comment faire mon cœur est fermé, et je suis triste car je veux retourner a Dieu aider moi

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Quelle belle démarche.

A mon avis, vous avez bien plus la foi que vous pensez. Parce qu’espérer avoir la foi c’est déjà une grande foi. C’est une espérance, un sentiment amoureux, une soif. Et c’est l’essentiel.

Ne craigniez donc rien.

Cette perte de contact avec Dieu est une chose qui arrive même aux plus croyants des croyants. Bien des Psaumes de la Bible montrent la recherche d’une personne dans un moment comme celui-là et qui cherche ardemment, comme vous. Même Jésus-Christ : sur la croix il crie « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?« , comme vous, il n’arrive plus à avoir de contact avec Dieu, et il doute de son amour, de sa fidélité, de sa bénédiction.

Et comme vous, il regrette cette absence. Il lutte.
Donc Bravo, vous êtes sur le bon chemin.

Que fait Jésus alors ? Comme dans les Psaumes, Jésus s’adresse à Dieu. A ce Dieu qu’il ne « sent » plus.

C’est la première piste. Prier même si l’on ne sent plus Dieu, si l’on doute. La foi, c’est cela. La foi ce n’est pas forcément sentir Dieu. D’abord parce que nosu ne sommes pas nécessairement sensible à ce registre de la relation, Dieu a bien des façons de nous rejoindre aussi (par le cœur, par les tripes, par l’intellect, par les actes). Et puis, bien des passages de la Bible, en particulier dans les évangiles, nous montre un Dieu qui se retire pour nous laisser vivre. Cela ne veut pas dire qu’il nous aurait abandonné car il reviendra bientôt, mais c’est son style, il est la plupart du temps discret, afin de nous laisser grandir et non nous rendre étranger à nous-mêmes, à nos idées, à notre propre sensibilité. Car il aime cela en nous et ne veut pas le froisser et encore moins l’étouffer.

Alors que faire, quand nous avons ce sentiment d’absence de Dieu? Continuer à le prier, comme s’il était là. Mais aussi se dire que bon, décidément, nous avons été créé pour être libre et responsable, et donc réfléchir et nous demander ce que nous pensons, nous,  face à Dieu. De creuser notre conscience, de notre conscience dans la réflexion par rapport à ce que nous pensons de lui, et dans la prière.

La parabole dite « de la brebis perdue » (Luc 15) parle de cela. Il faudrait peut-être mieux appeler ce texte « La parabole des « 99 brebis laissées dans le désert, de la brebis perdue et retrouvée, et du bon berger ». Bon, c’est vrai que ça fait un peu long comme titre. Mais cela ne met pas seulement le doigt sur notre péché (c’est vrai que ça arrive que nous soyons coupé de Dieu par notre faute, quand nous ne le cherchons pas, ne pensons pas à lui). Seulement, cette parabole nous dit que 99 fois sur 100 quand nous ressentons l’absence de Dieu, ce n’est pas à cause de notre manque de foi mais parce que Dieu nous laisse libre et responsable, parce que nous en sommes dignes et capables. Et que nous avons ce qu’il nous faut comme moyens pour décider de ce qui est juste :

  • Dieu, notre berger, nous laisse dans le désert, nous dit cette parabole, le désert est le lieux où la Bible aurait été reçue par Moïse, cela évoque aussi pour nous l’écoute dans le silence, lieu du retour sur soi-même comme Jésus avant de se lancer dans sa vie publique.)
  • La version de cette parabole dans l’évangile selon Matthieu dit que les 99 brebis sont laissées par le berger sur une montagne (peut-être que Jésus a raconté mille fois cette parabole partout, sous diverses versions) la montagne évoque l’élévation, la prière et la louange à Dieu.

Et puis nous sommes aussi le berger, à l’image de Dieu qui nous aime et nous garde. Nous sommes ainsi responsable de nous mêmes, et de certaines personnes qui nous sont confiées, pour agir aussi en encourageant (aussi nous encourageant nous-mêmes) à sentir ce qui en nous est juste et bon, que nous sommes dignes d’être nous-mêmes et de tracer notre propre route sans tout le temps compter sur Dieu ou sur les autres pour nous dire quoi faire… Et se sentir berger pour progresser d’un pourcent, et rassembler ainsi nos forces éparpillées. Et aider l’autre à se retrouver lui-même.

Le berger repassera. Il repasse toujours. Il est là.

Nous prierons en pensant à vous et à votre famille.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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