Pourquoi posons-nous un napperon sur le pain et sur la coupe avant de célébrer la cène ?

Par : pasteur Marc Pernot

Le pain et la coupe. What else ?

Question d’un visiteur :

Cher Marc,
Je n’arrive pas à déterminer si ma question est très nulle ou juste un peu nulle. Pourquoi posons-nous un napperon sur le pain et sur la coupe avant de célébrer la cène ? Pour faire comme à la messe ? Pour éviter les mouches ?
Question subsidiaire : est-ce qu’on peut y ajouter un sens spirituel ?
En amitié,

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Ce n’est pas une question nulle du tout. Particulièrement en ce qui concerne un sacrement, tout est lourd de sens, la forme est du fond. C’est pourquoi vous avez raison de réfléchir et de chercher du sens.

Personnellement, je ne suis pas un grand fan d’une débauche de nappes et napperons. Quand j’ai le choix, je préfère le bois nu de la table, le pain dans un plat, la coupe de vin, la Bible pour lire l’institution, et c’est tout.

Il est exact que dans bien des paroisses on voit des nappes brodées, des napperons à l’infini. Je suppose qu’il y a quelques brodeuses qui se sont dévouées pour offrir ces œuvres d’art, qu’on les a utilisées, et que c’est resté. Vous avez raison, il y aussi possiblement l’influence catholique : mais dans le cadre catholique ce décorum a un sens : les « espèces » (le pain et le vin) consacrées deviennent sacrées, et il importe de le montrer, d’en prendre soin, de les protéger et de ne pas en perdre une miette ou une goutte. Mais ce n’est pas le cas dans nos églises de sensibilité « réformée ».

Pour nous, ce repas est en mémoire du dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples, ce repas nous rattache à cette table. Je trouve que les chichis et dentelles ne vont pas avec le style que Jésus me semblait avoir.Il me semble que cela distrait de l’essentiel, du côté simple, presque rustique de ces deux seuls aliments que sont le pain et le vin.

C’est pourquoi je préfère une mise en place de la communion avec le minimum d’accessoires, mettant ainsi en valeur l’essentiel : le pain et la coupe de vin.

Du coup, il me semble d’autant plus important que ce soit beau, le top est pour moi un pain et une coupe suffisent car c’est ce qui est dans le texte de l’Evangile, peut-être un plat sous le pain pour aller avec la coupe, faire en quelque sorte la paire. Si possible alors un plat et une coupe en argenterie ancienne bien astiquée, pas pour faire luxe, mais pour faire au contraire simple et beau, lumineux en contraste avec le bois de la table. Le côté ancien rattache aux générations passées, cela fait allusion à cette invitation à faire mémoire. Certaines paroisses prennent un plat et une coupe en grès, dans le principe je trouverais ça pas mal, mais c’est souvent bien moche, une poterie moderne prend très très vite un aspect plus démodée qu’ancien, à mon avis. Un plat et une coupe ancienne en étain serait peut-être bien.

Peut-être une petite serviette blanche sous le pain dans le plat. Et c’est tout.

Hélas, depuis le Covid 19, si le plat et la coupe restent, il est venu s’ajouter des plateaux avec des petits verres, ce n’est pas très beau et le symbole de la coupe unique (que Jésus prend en rendant grâce puis passe à ses disciples) est bien amoindri, pour des raisons de prévention sanitaire. C’est vrai que ce serait quand même dommage de rendre malade une personne fragile pour la punir d’avoir participé à la Cène.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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