Mon mari est en recherche spirituelle et cela me faisait très peur : où cela conduirait-il ? Comment le suivre ?

Par : pasteur Marc Pernot

un couple se promène avec son chien en bavardant - Image parMabel Amber, still incognito... de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour,

je me permets de vous écrire pour un conseil.

je vais essayer de résumer la situation: Mon mari a effectué plusieurs chemin spirituel pour donner un sens à sa vie, il est passé par le Bouddhisme, les témoins de Jéhovah, la réincarnation….sans jamais y trouver son chemin .Il a lu à plusieurs reprise la Bible mais cela ne l’éclairait pas plus, or, il y a 2 mois enclin à une grande tristesse face au monde qu’il voyait, un sens de vie sans lendemain, il a repris la lecture de la Bible et là « miracle » (si je puis dire) cela lui a paru une évidence, le chemin qu’il cherchait depuis si longtemps était à portée de main sur sa table de nuit. Il en a éprouvé une grande libération, un bien être fantastique, à présent il étudie de plus près les écritures, il a la foi, en toute sincérité.

Lorsqu’il m’en a fait part, j’ai d’abord eu très peur, ou cela allait-il le mener? à l’église à faire des préchi préchas, à bruler des cierges, a passer les dimanches à l’église. Bref une image très négative du fait de l’enseignement catholique que j’ai reçu enfant. Un enseignement bien loin du spirituel, basé uniquement sur la peur, le péché, tout les ingrédients pour me faire fuir dès l’adolescence cette religion .

Il me disait, je ne me prétends pas appartenir à une religion mais à être chrétien simplement. J’ai alors entrepris une recherche de mon coté je voulais bien le laisser faire dans sa démarche mais en y connaissant le fondement.j’ai cherché et encore et encore jusqu’au jour où je suis tombée sur votre site. Et là des centaines de questions que je me posais se trouvait sur le site et les réponses correspondaient exactement à ce que je me disais dans la tête sans savoir que cela pouvait être la même pensée que d’autres. Je me suis donc laisser porter par ce mouvement, l’idée de la dynamique de vie, la liberté de penser…. tout semblait prendre une bonne tournure et mon mari en était si heureux car dans un premier temps j’étais dans la négation, que je cherchais à le dissuader, que j’avais peur, que j’en pleurais tous les jours,et il me voyait enfin prendre un bon chemin jusqu’à il y a 8 jours, j’ai fais un petit malaise au travail, je suis rentrée très fatiguée, vidée physiquement et moralement. Quand j’avais trouvé la voie à suivre j’étais entrée dans la maison de Dieu, j’étais alors encore dans le hall d’entrée, je savais où était la porte à laquelle je devais frapper mais depuis ce petit malaise,la lumière de ce hall s’est éteinte , je ne sais plus quoi faire, j’ai envie de ressortir de la maison parfois pour retrouver un peu de lumière même si ce n’est pas la même. je ne sais pas si ma démarche était si sincère et si ce n’est pas pour cela que je ne peux plus avancer. J’aimerais tant trouver la même foi qui habite mon mari et pouvoir partager avec lui ce chemin de la vie.Il me dit que je devrai lire la Bible mais j’ai déjà essayée plusieurs fois, cela ne me parle pas du tout, je n’y sens rien , je n’y trouve rien qui m’aide ou qui m’éclaire et je n’aime pas trop le style.

voila, c’est pourquoi je me suis permise de vous écrire, ayant lu beaucoup de vos article écouté quelques prédications en y ayant trouvé des idées conformes aux miennes, que dois je faire, comment rallumer la lumière dans ce hall pour que je puisse un jour frapper à la porte et enfin accéder à cette foi qui me fait défaut

je vous remercie pleinement de l’attention que vous aurez porté à la lecture de mon message et de la réponse que vous voudrez bien y apporter
mes salutations sincères

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Madame

Bravo pour votre démarche. Franchement. Pour votre amour pour votre mari, mais aussi pour votre sincérité, votre vraie recherche.

Mais d’abord, je pense que vous avez beaucoup plus la foi que vous ne le pensez. La foi n’est pas seulement un sentiment religieux, elle n’est même pas principalement une émotion religieuse, mais c’est avant tout une recherche, une espérance de Dieu. C’est ainsi que Pascal ressent que Dieu lui dit « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé ». C’est exactement ça.

Alors nous pouvons avoir des moments d’émotion religieuse, le sentiment de son amour, des moments d’enthousiasme pour la Bible, pour le culte… tant mieux. Mais même pour l’apôtre Paul, s’il était resté comme ça au 7e ciel, et jamais redescendu sur terre, il n’aurait rien fait d’autre que d’ouvrir de grands yeux vers le ciel, des yeux aveugles aux autres, à la vie en ce monde, à son propre cheminement et sa créativité à assumer.

D’ailleurs, bien des paraboles de Jésus racontent la présence de Dieu comme un maître, ou un berger qui vient, puis s’en va, qui revient, qui envoie la personne sur son propre chemin. C’est donc normal et sain de ressentir cette absence de Dieu. Parfois, il est présent, il frappe à notre porte, ou il est comme un père qui nous attends… et ce sentiment de coupure demande à ce que nous continuions à le chercher, à l’attendre.

C’est vrai que la lecture de la Bible est un des moyens utiles et efficaces pour cela. Et c’est vrai que c’est un geste qui n’est pas nécessairement évident à prendre. D’expérience, cela aide de s’entraîner avec d’autres à cette lecture et à entrer dans cette démarche d’appropriation de ces textes, pour méditer sur son propre cheminement, nourrir sa réflexion et sa prière personnelle ? En tout cas c’est le but. On n’est pas nécessairement d’accord, ni avec les texte, ni avec l’autre avec qui on lit, là n’est pas le problème, mais dans la démarche, dans la recherche de Dieu.

Mais dans le domaine de la foi, nous ne sommes pas à l’usine avec des tâches à accomplir absolument et des cadences à respecter. Si la Bible n’est pas votre façon de nourrir votre démarche, si l’église n’est pas trop votre truc, puisque vous avez la chance d’avoir un mari qui trouve un enrichissement dans la lecture de la Bible, vous pouvez peut-être partager cela ? Peut-être que simplement discuter avec votre mari de tel ou tel passage qui l’a, lui, touché.

Pour le reste, même si on croit ne pas savoir prier, même si on ne ressent pas Dieu… on peut prier, penser à ce que l’on pense qu’il est, penser à sa journée passée, et chercher des occasions de dire merci, pardon, j’espère… Ou partir de prières qui vous semblent appropriées…

Vous pouvez vous donner les moyens, ainsi, à votre rythme, à votre façon, vous pourrez faire le bilan dans quelques mois, réajuster.

Belle route à vous deux.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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