Lévitique 2 parle de mettre du sel dans les sacrifices, pourquoi et comment faire ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un mouton nous observe - Image par Rudy and Peter Skitterians de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur marc, très contente de vous écrire. J’ai une question :

Lorsque Lévitique 2, parle de mettre du sel dans tous les sacrifices ce pourquoi ? Et en ce qui concerne les sacrifices d’actions de grâce, aujourd’hui comment y mettre du sel ? Si je voulais faire un sacrifice d’action de grâce aujourd’hui, le sel que je dois mettre peut signifier quoi ? ma vie, ma consécration ou quoi ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Bravo pour votre démarche de foi. Et bravo pour cette recherche d’interprétation de la Bible qui consiste à aller au delà de la lettre pour chercher l’esprit de ce qui est marqué, afin de s’en inspirer pour vitre aujourd’hui. Il n’est bien entendu pas possible de faire des sacrifices d’animaux comme cela se faisait il y a 3000 ans au temple de Jérusalem et sur les divers autels de sacrifices encore plus anciens. Même si le temple de Jérusalem était en état de fonctionner, je ne pense pas que nous devrions le faire, en effet, nous avons une attention à la souffrance des animaux qui fait qu’il ne serait plus possible de les égorger sans les étourdir avant (il y aurait d’ailleurs pas mal de progrès à faire en ce qui concerne les abattoirs modernes aussi, hélas). Mais aussi parce que déjà du temps des prophètes ces pratiques rituelles étaient relativisées en faveur des pratiques spirituelles : la prière, la justice envers ceux qui souffrent. Par exemple :

  • Amos dénonce la pratique des sacrifices et de la dîme (versement d’argent obligatoire) comme donnant une bonne conscience à certains, les libérant pour faire ensuite n’importe quoi : « Allez à Béthel, et péchez! Allez à Guilgal, et péchez davantage! Offrez vos sacrifices chaque matin, Et vos dîmes tous les trois jours ! » (Amos 4:4).
  • Selon le prophète Osée, Dieu dit : « J’aime la bienveillance et non les sacrifices, Et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » (Osée 6:6) Jésus cite ce verset à plusieurs reprise (Mt 9:13; 12:7).
  • Voir aussi Amos 5:21, Isaïe 1:11-17, Jérémie 7:22-24…

Et effectivement, Jésus insiste sur le fait d’aimer Dieu et aimer son prochain comme soi même.

Donc vous avez raison de chercher à transposer dans ce domaine les sacrifices dont parle les livres difficiles à lire comme le Lévitique.

Quant au sel dont il est question dans les sacrifices, cela fait probablement référence à sa valeur dans la culture de l’époque. Le sel est un agent de purification, très très précieux dans ces pays chaud où la nourriture se gâte plus vite qu’au Groenland en hiver ! C’est utilisé par exemple pour la nourriture (la morue, le fromage, le jambon…) gardant le meilleur et protégeant de la vermine. Je pense que c’est pourquoi Jésus nous invite : « ayez du sel en vous-mêmes » (Marc 9:50), afin que nous ayons l’intelligence de bien faire le tri en nous-mêmes entre les bonnes choses et les moins bonnes, purification de nos souvenirs, de nos intentions, de nos gestes. Du sel en nous-même afin d’avoir aussi en nous-même cette qualité de bienveillance avec les autres et envers ce monde, envers notre vie. Et être possiblement ce bel effet autour de nous (en étant sel de la terre comme le propose Jésus en Matthieu 5:13)

Et pour cela, nous pouvons demander à Dieu dans la prière de nous aider.

Pour ce qui est des sacrifices, je pense que vous avez raison, ce qui compte ce ne sont pas les rites, les fêtes religieuses et les sacrifices, ce n’est pas non plus de se sacrifier en donnant des sous à l’église, et encore moins en se privant soi-même… Jésus insiste sur ce qui est de l’ordre de la sincérité du cœur. Je pense que l’on peut remplacer les holocaustes par la prière : aimer Dieu, chercher à l’écouter. C’est l’action de grâce, la louange, la reconnaissance que Dieu est Dieu, c’est se mettre à son service plutôt que de toujours lui demander d’être à notre service, c’est écouter ses réponses après lui avoir demandé son avis, c’est s’engager à ses côtés pour faire un peu de bien, consoler comme nous pouvons… Et y mettre du sel afin de discerner le mieux possible ce qui vient de lui de ce qui ne vient pas de lui.

Et cela, non parce que cela serait commandé par un autre ou par l’église… mais parce que nous aurons choisi de le faire librement. Cela n’est pas non plus pour gagner quoi que ce soit de la part de Dieu, il nous veut déjà le meilleur depuis toujours, mais pour la beauté du geste, parce que cela approfondit la vie. Donc, bravo de vous poser la question et de vous la poser devant Dieu, il n’y a à mon avis pas de meilleure façon de vivre sa vie de façon libre et authentique.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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