Les quakers et l’armée du salut s’abstiennent de pratiquer baptême ou sainte-cène ?

Par : pasteur Marc Pernot

pain et coupe de vie pour la communion - Image par hudsoncrafted de Pixabay

Question d’un visiteur :

Marc,

J’aurais aimé vous questionner concernant un point théologique. Il s’agit des deux sacrements. En étudiant deux dénominations, quakers chrétiens et armée du salut, j’ai vu que l’une comme l’autre s’abstiennent de pratiquer baptême ou sainte-cène et ce pour des raisons directement théologiques. Que pensez vous de la position de ces deux Eglises, car ce terme est bien justifiable pour les deux entités confessionnelles.

En vous remerciant de votre aide et en vous souhaitant une bonne soirée.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je connais un peu ces deux courants chrétiens pour les avoir côtoyés à diverses occasions, avec toujours un grand respect mutuel.

  • Il me semble que l’armée du salut ne pratiquait pas les sacrements car elle s’était fixée comme but le soin et l’évangélisation, et renvoyant ensuite les personnes vers l’église de leur choix. Dans un sens c’est ce que nous faisons aussi avec jercherchedieu.ch. Il me semble que certaines antennes de l’armée du salut pratiquent maintenant les sacrements.
  • En ce qui concerne les quakers, leur pratique ressemble plus à un partage de maison. C’est leur style. Personnellement, cela ne me suffit pas à me nourrir, mais chacun a sa propre sensibilité.

D’une manière générale, il me semble bien que les sacrements soient facultatifs. Certaines personnes y sont sensibles, d’autres très sensibles (pour des raisons assez diverses, d’ailleurs), d’autres personnes n’y sont pas sensibles. C’est comme cela, et il me semble que l’on peut les offrir joyeusement à toute personne qui le désire, sans condition puisque ce sont des signes de la grâce de Dieu qui, par définition, est sans condition. Et il me semble qu’il est bon de libérer les personnes, dans leur sincérité, en leur laissant le choix, en déculpabilisant explicitement les personnes qui ne tiennent pas à participer à de tels gestes.

Personnellement, je trouve ces gestes appelés « sacrements » utiles, car nous ne sommes pas de purs esprits, mais un être qui est aussi un corps. Un corps qui est aussi aimé par Dieu, bénit par Dieu, sanctifié par Dieu (appelé à participer à notre vocation pour faire du bien). Le sacrement est un geste de bénédiction faisant participer notre corps. Cela me semble bien. Cela n’empêche pas que notre cerveau, notre prière, nos tripes, notre cœur prennent en compte cette bénédiction de Dieu à leur façon propre. Pour certaines personnes, cela suffit, alors c’est bien. En tout cas, Dieu, lui, n’a pas besoin qu’une personne soit baptisée ou qu’elle communie pour l’aimer, et une personne peut avoir une foi très profonde, très intimement vécue dans sa pensée, son espérance, sa vie, sa prière, ses actes et n’avoir jamais été baptisée. Bien sûr. Et c’est ce que dit cette lumineuse affirmation de Jean « L’amour est de Dieu, quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jean 4:7). C’est pour arriver à vivre cela, se laisser inspirer par l’amour de Dieu que nous, êtres de chair aussi, sommes souvent aidés par un signe de cet amour de Dieu pour nous, de recevoir ce signe de l’extérieur, en paroles et en gestes sensibles.

Bonne route à vous

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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