Le mémorial de la Communion est il confié aux apôtres et à ceux qui ont reçu d’eux l’imposition des mains ?

Par : pasteur Marc Pernot

minuscule chapelle éclairée de l'intérieur dans le crépuscule et la neige - Photo by Johannes Plenio on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur,
J’aimerai vous poser une question sur la sainte cène et le sacerdoce en Christ. Je suis issu d’une famille catholique puis me suis rapproché par l’entremise d’amis d’une église évangélique en région parisienne. J’ai été enseigné dans le catholicisme que le mémorial de la Pâque du Seigneur avait été confié aux douze le jeudi avant la mort de Jésus. Jésus leur a ensuite donné le pouvoir d’offrir le pain et le vin comme un vivant mémorial de sa mort et de sa résurrection à venir. Par Christ nous sommes également devenu un peuple sacerdotal, dans le sens où nous pouvons intercéder auprès de Jésus les uns pour les autres afin d’obtenir la vie pour nos frères ex 1jn5, 16. Ma question est la suivante: le mémorial est il confié aux apôtres et à ceux qui ont reçu d’eux l’imposition des mains ( les 12 réunis au cénacle a qui Jesus a dit faite vécu en mémoire de moi) ou est il confié à tous le monde en vertu du sacerdoce de tout ceux qui appartiennent par la Foi à Jésus ? Merci d’avance pour votre réponse. Soyez bénis.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo pour votre cheminement de foi, et de réflexion.

Comme le dit Jésus, il y a beaucoup de demeures dans la maison de son Père (Jean 14), bien des façons de cheminer avec le Christ. Par rapport aux catholicisme et à l’évangélisme, nous sommes dans un rapport bien bien plus détendu vis à vis de Dieu et de la foi. En effet, nous insistons sur le fait que Dieu est amour, et donc qu’il s’occupe de toute façon de la meilleure des façons possibles de chaque personne, que personne, pas même l’intéressé, peut y ajouter ou y retrancher quoi que ce soit.
Je pense très sincèrement que ni la foi ni la vocation d’une personne ne se décrète par quiconque. Pas même par Dieu, sinon l’humain serait une marionnette et l’humanité serait bien différente.
Jésus appelle Judas, ils vivent ensemble des années extraordinaires… et puis.
Jésus appelle et félicite Pierre pour sa foi ardente et sa parole prophétique, un instant après il est satanique, mettant la foi même de Jésus en danger.
Jésus appelle le jeune homme riche qui tourne les talons, peut-être reviendra-t-il

Dieu appelle la foi de chaque personne, et c’est avec chaque personnes qu’ils discernent une vocation, la tisse, la font vivre.

Ensuite, la Bible et l’Évangile tout particulièrement est écrit pour chaque lecteur en particulier. Nous sommes les apôtres dans la salle haute, Jean qui est tout près de Jésus et lui chuchote à l’oreille, cela nous arrive. Nous sommes bien un peu Judas aussi, par certains côtés, et Pierre, et André, et nous sommes Thomas qui doute, qui rate le juste moment avec que Christ ne revienne. Nous sommes les femmes qui étaient aussi sans doute dans la chambre haute avec les apôtres, et Marie Madeleine que Jésus fait apôtre des apôtres.
Bref nous aussi, chacun de nous est l’invité au repas, et chacun est l’envoyé en mission pour servir et aimer.

Donc oui, nous sommes chacune et chacun appelés à être (comme on le dit lors des baptêmes) prêtre et prophète et roi, petit frère ou petite sœur du Christ, à notre façon, comme nous le pourrons.
Cela se reçoit de Dieu, directement, par la tête, le cœur, les tripes. Par l’Esprit qui souffle pour nous, en nous.

Ensuite, c’est vrai que nous ne sommes pas un pu esprit, ni le Christ entièrement, et nous avons besoin que d’autres personnes nous donnent du courage, nous reconnaissent comme digne, que des personnes nous aident à nous former, nous transmette les découvertes des générations précédentes pour qu’à notre tour nous travaillions dessus, et les transmettions à d’autres. Les églises, humaines, trop humaines, certes, participent comme elles le peuvent à cette œuvre fantastique. Ce ne sont que des instruments pour dire à chaque personen qu’elle est digne de Dieu, et que Dieu compte sur elle. Mais ce n’est pas les hommes qui donnent l’Esprit, ce ne sont pas les hommes qui donnent la vocation à une autre personne. Le geste d’imposition des mains, comme tous les gestes que nous donnons (avec joie) dans l’église sont des signes de la bénédiction de Dieu, qui était déjà donnée. Les gestes sont confiance dans la promesse de Dieu en ce qui concerne la personne. Et notre témoignage que cette personne est importante.

Sentez vous donc bénit, nourri, envoyé par Dieu. De sa main directement, vous recevrez l’onction.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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