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Bible

Le mémorial de la Communion est il confié aux apôtres et à ceux qui ont reçu d’eux l’imposition des mains ?

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Question posée :

Bonjour pasteur,
J’aimerais vous poser une question sur la Sainte Cène et le sacerdoce en Christ. Je suis issu d’une famille catholique puis me suis rapproché par l’entremise d’amis d’une église évangélique en région parisienne. J’ai été enseigné dans le catholicisme que le mémorial de la Pâque du Seigneur avait été confié aux douze le jeudi avant la mort de Jésus. Jésus leur a ensuite donné le pouvoir d’offrir le pain et le vin comme un vivant mémorial de sa mort et de sa résurrection à venir. Par Christ, nous sommes également devenus un peuple sacerdotal, dans le sens où nous pouvons intercéder auprès de Jésus les uns pour les autres afin d’obtenir la vie pour nos frères (1 Jn 5, 16) Ma question est la suivante : le mémorial est-il confié aux apôtres et à ceux qui ont reçu d’eux l’imposition des mains (les 12 réunis au cénacle à qui Jésus a dit : « Faites ceci en mémoire de moi ») ou est-il confié à tout le monde en vertu du sacerdoce de tous ceux qui appartiennent par la foi à Jésus ? Merci d’avance pour votre réponse. Soyez bénis.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo pour votre cheminement de foi et de réflexion.

Comme le dit Jésus, il y a beaucoup de demeures dans la maison de son Père (Jean 14), bien des façons de cheminer avec le Christ. Par rapport au catholicisme et à l’évangélisme, nous sommes dans un rapport bien bien plus détendu vis-à-vis de Dieu et de la foi. En effet, nous insistons sur le fait que Dieu est amour, et donc qu’il s’occupe de toute façon de la meilleure des façons possibles de chaque personne, que personne, pas même l’intéressé, ne peut y ajouter ou y retrancher quoi que ce soit.

Je pense très sincèrement que ni la foi ni la vocation d’une personne ne se décrètent par quiconque. Pas même par Dieu, sinon l’humain serait une marionnette et l’humanité serait bien différente.

Jésus appelle Judas, ils vivent ensemble des années extraordinaires… et puis.

Jésus appelle et félicite Pierre pour sa foi ardente et sa parole prophétique, un instant après il est satanique, mettant la foi même de Jésus en danger.

Jésus appelle le jeune homme riche qui tourne les talons, peut-être reviendra-t-il.

Dieu appelle la foi de chaque personne, et c’est avec chaque personne qu’ils discernent une vocation, la tissent, la font vivre.

Ensuite, la Bible et l’Évangile tout particulièrement sont écrits pour chaque lecteur en particulier. Nous sommes les apôtres dans la salle haute, Jean qui est tout près de Jésus et lui chuchote à l’oreille, cela nous arrive. Nous sommes bien un peu Judas aussi, par certains côtés, et Pierre, et André, et nous sommes Thomas qui doute, qui rate le juste moment avant que Christ ne revienne. Nous sommes les femmes qui étaient aussi sans doute dans la chambre haute avec les apôtres, et Marie Madeleine que Jésus fait apôtre des apôtres.
Bref nous aussi, chacun de nous est l’invité au repas, et chacun est l’envoyé en mission pour servir et aimer.

Donc oui, nous sommes chacune et chacun appelés à être (comme on le dit lors des baptêmes) prêtre et prophète et roi, petit frère ou petite sœur du Christ, à notre façon, comme nous le pourrons.
Cela se reçoit de Dieu, directement, par la tête, le cœur, les tripes. Par l’Esprit qui souffle pour nous, en nous.

Ensuite, c’est vrai que nous ne sommes pas un pur esprit, ni le Christ entièrement, et nous avons besoin que d’autres personnes nous donnent du courage, nous reconnaissent comme dignes, que des personnes nous aident à nous former, nous transmettent les découvertes des générations précédentes pour qu’à notre tour nous travaillions dessus, et les transmettions à d’autres. Les églises, humaines, trop humaines, certes, participent comme elles le peuvent à cette œuvre fantastique. Ce ne sont que des instruments pour dire à chaque personne qu’elle est digne de Dieu, et que Dieu compte sur elle. Mais ce ne sont pas les hommes qui donnent l’Esprit, ce ne sont pas les hommes qui donnent la vocation à une autre personne. Le geste d’imposition des mains, comme tous les gestes que nous donnons (avec joie) dans l’église, sont des signes de la bénédiction de Dieu, qui était déjà donnée. Les gestes sont la confiance dans la promesse de Dieu en ce qui concerne la personne. Et notre témoignage que cette personne est importante.

Sentez-vous donc béni, nourri, envoyé par Dieu. De sa main directement, vous recevrez l’onction.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de ce qu’est un ou une Apôtre voir les articles dédiés dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.

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