La bible dit d’honorer son père et sa mère. Comment faire quand ils traitent son enfant comme un étranger en lui faisant du mal ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un couple de personnes âgées sur un banc, vus de dos - Photo by Matt Bennett on https://unsplash.com/photos/78hTqvjYMS4

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Désolé de vous déranger, mais j’aurai besoin de réponse concernant un sujet très sensible.

La bible dit d’honorer son père et sa mère. Mais comment honorer un père et une mère qui traite son enfant comme un étranger en lui faisant du mal ?

Depuis 6 ans, je ne vois plus mes parents. Tout a commencé en me mettant à l’écart par jalousie de ma petite amie (qui est aujourd’hui ma femme et la mère de mon enfant) et ma relation avec ma belle-famille. Ils ont été jusqu’à me pousser à la rue et me balancer les pires atrocités. J’ai pardonné plusieurs fois, mais rien de leurs côtés. Jai donc décidé d’arrêter tout contact avec eux. Après 4 ans et plus aucun contact, ma fille est née. J’ai donc pardonné une nouvelle fois pour qu’ils aient la chance de rencontrer leur petite fille, mais, même comme ça, ils n’ont rien voulu savoir de moi et ma fille. J’ai donc pris la décision de couper définitivement tout contact (et je pense à tout jamais) et en avoir même peur d’eux vis-à-vis de ma fille, qu’ils puissent lui faire du mal. Je n’ai plus aucune confiance en eux. J’honore ce qu’ont été mes parents avant ces agissements mais plus ce qu’ils sont devenu depuis c’est agissements. C’est à dire que je continue à parler d’eux, de ce qu’ils étaient avant, du bien qu’ils m’ont fait,… Est-ce mal ? Car, la bible dit aussi, Psaumes 27 : 10 : « Car mon père et ma mère m’abandonnent, mais l’Éternel me recueillera. »

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Hélas, je suis profondément désolé pour vous, c’est tout à fait pénible, et triste.

Je comprends tout à fait que vous coupiez contact avec de tels parents. Bien sûr. Il ne sert absolument à rien de se laisser maltraiter. Ce serait usant pour vous, et cela ne ferait aucun bien à vos parents pour autant. A mon avis s’ils revenaient un jour à de meilleurs sentiments il faudrait faire preuve de grande prudence, et vous protéger. Ainsi que votre famille, bien sûr. Car je suppose que quelque chose ne tourne pas rond ans la tête de ces personnes. Vous n’y êtes pour rien, par définition car même des parents pigeon ou tigre n’abandonnent pas leur enfant. Donc même si vous aviez fait je ne sais quoi ce ne serait en aucune façon une raison pour vous traiter comme cela.

Le Psaume 27 montre que parfois des parent peuvent être infidèles à leur enfants, à leur responsabilité. Hélas. C’est un peu l’ennui de tellement insister sur l’image du Père et d ela Mère pour parler de Dieu. Il faut s’imaginer un Père idéal et un Mère idéale, comme le dit ce Psaume : l’Éternel, lui, vous garde. Il vous bénit et vous accompagne. Et il n’y a pas à craindre que subitement il se retourne contre vous.

Mais alors, le « honore ton père et ta mère » allez vous me dire ? Comme toujours, il faut lire la Bible non selon la lettre, aveuglement (la lettre tue), mais l’Esprit fait vivre. Ces textes de la Bible sont des réservoirs d’excellentes questions à se poser, dans la réflexion et dans la prière, pour discerner notre route.

« Honorer son père et sa mère », cela veut dire d’honorer ce qui est père et mère en eux, c’est à dire ce qui donne la vie.

  • Vous pouvez avoir de la gratitude pour tout ce qui a été porteur de vie en eux. Dans votre mémoire, mais aussi en étant un bon parent aujourd’hui, vous honorez vos parents comme porteurs de vie et développant la vie autour de vous : cela honore la vie qu’ils vous ont donnée.
  • Mais avoir un contact avec eux alors qu’ils attaquent votre vie n’est en aucune façon honorer un père ou une mère. C’est honorer la maltraitance. Accepter cela c’est les laisser nier en eux le père ou la mère, c’est l’inverse d’honorer père te mère.

Vous pouvez leur vouloir du bien, mais de loin. Vous pouvez espérer qu’ils trouvent une paix qui semble leur manquer. Mais quant à les aider pour cela, apparemment, compte tenu de leur psychologie perturbée, vous n’êtes pas la personne la mieux placée pour essayer de les aider. C’est cela que veut dire trouver sa vocation : trouver la ou les personnes qui nous sont confiées. C’est vrai qu’en général nos proches font partie de ces prochains qui nous sont confiés, mais pas toujours. C’est à discerner en fonction des circonstances, des forces et des faiblesses de chacun, du talent que nous avons,ou non, pour être dans une position favorable afin d’aider… C’est parfois désolant, mais nous ne sommes pas Dieu pour pouvoir nous occuper de tout le monde, quand nous faisons ce que nous pouvons c’est déjà formidable.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Réponse du visiteur :

Bonjour,

Merci pasteur d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Il est vrai que tout ce qui porte à l’éducation de ma fille, j’utilise beaucoup de chose dont mes parents m’ont appris (respect, les valeurs,…).
Je vous en suis très reconnaissant et cela va m’aider dans mon chemin vers Dieu.

De plus, je souhaite vous le dire au passage, votre site internet est une pure merveille pour nous aider dans notre chemin vers Dieu. Vous traitez de tout les sujets, aucun tabou.

Que Dieu vous bénisse pour tout ce que vous faites 🙂

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Grand merci pour ces encouragements, c’est très stimulant.

Et bravo pour votre belle recherche de vie vraie.
Dieu vous bénit et vous accompagne

par : pasteur Marc Pernot

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Marc Pernot

bio de Marc Pernot

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5 réponses

  1. Stéphanie dit :

    Les miens m’ont fait énormément de mal mais ils sont revenus à de meilleurs sentiments et nous donnent beaucoup d’amour, à ma compagne et moi, maintenant.
    Je n’aime pas trop parlé de pardon ou de réparation. Je me suis aperçue de manière un peu brutale que les parents étaient des êtres humains comme les autres et que beaucoup ne savent pas aimer. L’expérience familiale et le parcours du Christ m’ont beaucoup aidée à surmonter tout ça.

  2. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    Il faut savoir qui on protège. Son enfant ou ses parents maltraitants ?
    Appeler un chat un chat. Il ne s’agit pas d’édulcorer sa parole de vérité dans un discours « politiquement correct » qui nie la gravité du mal subi en le banalisant. Le mal est ce qui fait mal.

    Rester ancré dans sa propre vérité, mais qui peut amener à une douloureuse rupture des relations. Mais l’Esprit est là, il nous conduit dans toute la vérité, cette vérité qui a un prix souvent lourd à payer.

    La vérité vous rendra libre, dit Jésus. Pilate lui demandera au moment de son procès : « qu’est-ce que la vérité ? » Bonne question ! Se lavant les mains dans l’innocence, il écoutera la voix de la foule déchaînée laquelle, poussée par des gens religieux, dira : nous n’avons pas d’autre roi que César, crucifie-le ! Alors Pilate n’aura qu’un seul commentaire : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. (Matt. 27 : 24). Jésus en mourra.

    Que déduire de notre parole de vérité, pour tenir ferme dans l’épreuve, pour ne pas se laisser entraîner dans la chute de l’autre, dans ce qui, pour soi, pour nos enfants, demeure invivable ?

    Je lisais ce matin un commentaire du bibliste André Wénin :
    « Ne t’enflamme pas contre les malfaisants,
    N’envie pas ceux qui commettent l’iniquité ;
    Oui, comme l’herbe, rapidement, ils faneront
    Et comme la verdure, ils flétriront.
    Fie-toi en Yhwh et agis bien :
    Habite la terre et pais en sécurité. » (Ps 37 : 1-3)

    « Dans ces psaumes, parmi lesquels on compte les Ps 1, 37, 49, 73, 112 et 128, le psalmiste réfléchit sur les enjeux fondamentaux des choix à faire devant la réalité puissante du mal. Il montre combien il est capital de préférer Dieu, son chemin et sa Loi au mal et à l’injustice : auprès de Yhwh, se trouve l’espérance d’une vraie vie. Et si, dans la réalité quotidienne, ce sont plutôt les durs, les puissants et les fauteurs du mal qui semblent l’emporter, le sage rappelle que ce n’est qu’illusion. Ce bonheur apparent est un trompe-l’œil : il ne fait que masquer la vérité d’une vie vouée au malheur et à la mort. »

    (Des louanges, Entrer dans le psautier, André Wénin, Ed. Jésuites, Le livre et le rouleau, 2022, p. 58, 60)

    On lit dans la Bible des exemples de couples, de fratries dans lesquelles sévit plus la haine que l’amour agapè. La famille est loin d’être sainte, encore moins le lieu de la sécurité affective.
    Parce que nous sommes humains avec nos zones d’ombre et de lumière.
    Parce que notre histoire de vie peut nous rattraper. Parce qu’on peut projeter sur son enfant sa part d’ombre dont nous voulons rester aveugles pour ne pas décompenser psychiquement. Chacun a ses mécanismes inconscients de protection, n’est-ce pas, même si le prix est lourd à payer pour l’entourage.
    Parce que…

    Je ne peux que vous encourager à écouter ces deux vidéos du théologien Philippe Lefebvre qui s’est beaucoup interrogé sur les phénomènes d’emprise* :

    Vidéo 1. – Propos intempestifs de la Bible sur la famille, Philippe Lefebvre, 2017

    https://www.jurapastoral.ch/jura-pastoral/Actualites/Conference-du-Pere-P-Lefebvre.html

    Vidéo 2.- Frère Philippe Lefebvre : Quelle réconciliation dans la famille ? Considérations bibliques…
    26.04.2022 / Conférence de Carême à la Paroisse St-Paul à Cologny (Genève)

    https://www.youtube.com/watch?v=fRTkMMEOJkA

    3.- Livre : * « Comment tuer Jésus, Abus, violences et emprises dans la Bible, Philippe Lefebvre, Cerf, 2021 »

    Bien à vous, bon courage, c’est tellement dur de faire le deuil d’un père et d’une mère qu’on aurait voulu plus aimants
    Claire-Lise Rosset

  3. Audrey dit :

    Bonsoir, et merci pour votre témoignage…
    Je m’appel Audrey et je suis victime de dieu en effet il me fait énormément souffrir !!
    Aidez moi svp !!!!

    • Marc Pernot dit :

      Bonsoir
      Non Dieu ne vous fait pas souffrir. IMPOSSIBLE, car il vous aime comme sa fille bien aimée.
      Jamais il ne manipule une personne, jamais il fait du mal. Il est pur élan de vie soin, pardon.
      Vraiment, vous pouvez vous appuyer sur lui.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  4. Claire-Lise Rosset dit :

    Chère Madame Audrey,

    Votre souffrance, tel un appel au secours me touche beaucoup et me renvoie à ce silence de Dieu où un seul cri ne peut que jaillir de notre bouche paniquée : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnée ?

    Mais de quel Dieu parlons-nous ? De ce Dieu juge, cruel et pervers enseigné par nos figures parentales dont tous les messages explicites et implicites étaient : tu n’aurais pas dû naître ?

    Il y a une quinzaine d’années, j’avais écrit ce texte concernant la maltraitance infantile dont j’ai été moi-même victime :

    [« Certains parents, une fois qu’ils ont donné la vie, la reprennent en détail. »
    (Du haut de la solitude, Michel Campiche, p. 26)

    A ces mêmes parents, j’entends Jésus leur reprocher :
    J’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas rendu visite.
    Toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites.
    (Matthieu 25 : 42, 43, 45)

    J’ai eu froid : froideur affective de la part des parents.

    J’ai eu faim : faim de facteurs de protection.

    J’étais étranger : isolé moralement dans ma propre famille.

    J’étais nu : nu dans la construction de mon identité et de mon estime de soi

    J’étais malade : retard du développement psychomoteur et psychoaffectif dû à une carence affective.

    J’étais en prison : j’étais prisonnier-ère de vos schémas autoritaires et psychorigides

    Et, malgré tout cela, vous ne m’avez pas visité : vous avez été sourd à ma souffrance d’enfant, à mon désespoir. Vous m’avez rendu(e) mort(e)-vivant(e).

    « Tout enfant aux prises avec de tels phénomènes de dysparentalité, pour reprendre le terme de René Clément, réagira au fil du temps en fonction de multiples facteurs et nul ne peut déduire comment il les métabolisera au niveau inconscient, comment il les abordera consciemment, comment il les élaborera – ou non – ultérieurement, dans la construction de sa personnalité et de son histoire. »
    (Blanche-neige, les sept nains et …autres maltraitances. La croissance empêchée, D. Rapoport et A. Roubergue-S., p. 19)

    Il y a des parents qui devraient demander pardon à leurs enfants.

    Dieu n’est pas indifférent à la souffrance d’un enfant quand il dit :
    « Parce que vous avez heurté avec le côté et avec l’épaule, et frappé de vos cornes toutes les brebis faibles, jusqu’à ce que vous les ayez chassées, je porterai secours à mes brebis, afin qu’elles ne soient plus au pillage. »
    (Ezéchiel 34 : 20)]

    Dieu n’est pas indifférent à votre sentiment d’abandon affectif. Non, il pleure avec vous, sans pouvoir empêcher le mal de se produire, parce que chacun individu est libre de faire le bien comme le mal. Nous ne sommes pas des robots, mais acteurs de notre propre vie.
    Dieu n’est pas non plus la projection inconsciente du père et de la mère qui n’ont pas été capables de vous aimer pour QUI vous êtes.

    Si vous lisez l’histoire d’une femme de l’Ancien Testament, Léa, vous voyez que son mari, Jacob, forcé à l’épouser contre son gré, la hait, même d’une haine violente. Il va jusqu’à la dédaigner : quoi de pire que d’être l’objet du dédain d’autrui ?

    Jacob préfère à elle sa sœur Rachel, sa seconde épouse. Pourquoi ? Parce qu’elle était « belle de taille et belle de visage », dit la Bible. Pas étonnant, car Léa est décrite comme une femme laide. De Léa, il est non seulement dit qu’elle était haïe, mais qu’en plus « elle avait les yeux « chassieux, faibles, sans éclat, mous, fragiles », selon certains traducteurs de la Bible qui en rajoutent une couche pour mieux l’enfoncer. (Genèse 29 : 17). Tiens donc, ce n’est déjà pas facile d’être haïe, mais en plus de ne pas faire partie des canons de beauté qui attirent comme une mouche les regards masculins.
    D’autres traducteurs de la Bible sont plus indulgents envers Léa : Léa a des « yeux délicats, doux, tendres » parce que, au-delà de l’apparence physique, ils voient la beauté intérieure de cette femme.

    Cette Léa qui n’arrêtera pas d’aligner grossesse sur grossesse pour que son mari dédaigne enfin lui jeter un regard d’amour, ce dont il est incapable, sinon juste de lui consacrer un peu de temps pour « coucher avec elle ».

    Et Dieu là-dedans ? « L’Eternel vit que Léa était haïe », dit Genèse 29 : 31. L’Eternel vit ce que personne n’a été capable de voir : son intériorité. Il donne à cette femme humiliée, non seulement d’enfanter des enfants, mais d’enfanter à elle-même. Il est intéressant de se pencher sur le sens étymologique des prénoms que Léa donne à ses fils, reflet de sa souffrance, mais aussi de son cheminement intérieur.

    De même, « L’Eternel vit qu’Audrey était haïe ». Dieu souffre avec vous, Il s’assied à côté de vous pour vous relever de votre humiliation et murmurer à votre oreille comme à votre cœur :
    « Je t’aime d’un amour éternel, c’est pourquoi je t’attire avec bonté. » (Jérémie 31 : 3)
    Tout comme Léa, Dieu vous attend là où Il va et veut vous emmener : dans son cœur du « Père des miséricordes et du Dieu de toute consolation. » (2 Cor. 1 : 3), parce que vous êtes sa fille et qu’Il vous aime d’un amour fou pour QUI vous êtes et non pas pour ce qu’on a fait de vous.

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

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