Je vois des chrétiens qui sont sans arrêt en conflit sur telle ou telle chose dans leur église ?

Par : pasteur Marc Pernot

Combat de chevaux sauvages - Image: 'Horses in Nevada' by Stuart Rankin 
 https://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/ http://www.flickr.com/photos/24354425@N03/34350311021

Question d’un visiteur :

Bonjour, tout d’abord félicitations pour votre travail pour lequel vous avez mes respects

Voici ma question: Je vois des chrétiens qui sont sans arrêt en conflit (même ouvert) sur telle ou telle chose dans leur église et qui ont et montrent un manque évident d’amour et d’humilité pour leur prochain. Je ne parle pas des différences d’opinions que les chrétiens peuvent avoir entre eux mais véritablement de conflits. Ces personnes là se disent naturellement chrétiennes alors qu’il est écrit dans Jean 13, 34-35 « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés. A ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples »

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour et mil mercis pour les encouragements

Hélas, oui, on peut être chrétien et avoir des conflits. Ce que dit Jésus est un idéal vers lequel, normalement, tout chrétien est d’accord. Mais ensuite, nous sommes tous pécheurs, imparfaits. Et puis, dans les églises il y a plein de personnes vraiment excellentes, mais nous ne trions pas (fort heureusement), et il y a aussi des personnes souffrantes, des personnes qui sont là en cherchant à exercer un peu de pouvoir.

À mon avis, on n’est pas méchant par plaisir, ou rarement. La méchanceté est un trouble de la personnalité et du comportement. L’Evangile s’adresse donc aussi à la personne qui a des problèmes de ce côté là. Celle que nous sommes tous plus ou moins, et à ces personnes pour qui cela semble presque vital de faire du mal.

Une seconde raison est plus gênante. Il est la conséquence d’une éthique très discutable où la fin justifie les moyens. C’est en tout cas une tentation qui existe. Quand nous sommes habités par un idéal élevé, cela peut nous déculpabiliser tellement que nous aurions tendance à accepter des gestes, des paroles et des attitudes qui nous choquerait profondément si le but était moins noble. Je suis d’accord que ce n’est pas normal, que c’est même une honte. Mais cela arrive plus inconsciemment que délibérément. C’est par exemple le cas de l’intégrisme. Qui oserait considérer comme correct de chercher à casser le couple de deux personnes qui s’aiment ? Pour un intégriste c’est même une bonne œuvre, faite au nom même de l’Evangile que de chercher à faire cela si l’un des deux amoureux n’est pas de la bonne religion, on même de la bonne église !

Une troisième raison est encore plus triste. Elle se rencontre chez les personnes dévouées à l’extrême, et qui sont alors si fières d’elles-mêmes qu’elles se sentent au dessus de tout le monde.

Et donc, oui, il y a des chrétiens vraiment pénibles, même si ce n’est absolument pas chrétien d’être comme cela, vous avez raison de le souligner. Et c’est cela qui est quand même génial, c’est que même quand nous sommes bien méchants, l’idéal offert par le Christ au monde reste, lui, au dessus de cela, un appel à aimer et servir, envers et contre tout, même le méchant.

Que faire ? Comment réagir ? Changer d’église ? Peut-être, oui, parfois. D’autre fois, si l’on s’y sent appelé, on peut au contraire s’engager d’autant plus, et dire les choses, et lutter pour que la droiture, l’honnêteté, la fidélité, le service de l’autre soient sans cesse recherchés et valorisés plutôt que les diverses petites et grandes méchancetés humaines…

Amitiés fraternelles

Etbrao pour cette recherche de paix et de fidélité à l’Evangile du Christ.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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