Je sens une pression collective qui ferait culpabiliser celui qui ne se fait pas vacciner

un oiseau vole sur un fond de ciel nuageux - Photo by Greg Rosenke on Unsplash

Libre comme l’oiseau

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Cher Marc Pernot,

D’abord je tiens à vous féliciter et à vous remercier pour le travail que vous faites de mises en ligne de vos vidéos, du site jechercheDieu, ce qui permet d’avoir un pasteur  » à la maison  » , de ne pas être coupé d’une vie de communion en cette période historique que nous traversons.

Mon questionnement aujourd’hui concerne un sujet sensible, tout à fait actuel et brûlant puisque le monde est en train de basculer dans une sorte de temporalité étrange, celle de s’inscrire sur le mode d’un agenda vaccinal.
Mon propos n’est pas du tout de défendre le pour ou le contre, car sur cette question il appartient à chacun de faire le bon choix, le plus libre possible en fonction de notre environnement à la fois familial ou professionnel.
Ce n’est pas tant le vaccin qui me dérange vraiment, mais c’est la manière dont il semble s’imposer, comme le seul choix possible, au point qu’on a l’impression maintenant d’être dans un film où quelqu’un nous dirait : la bourse ou la vie…
Il me semble percevoir comme une sorte de chantage dans tous les témoignages que j’entends : ah bien si tu ne te fais pas vacciner, tu vas perdre ton travail. Ce qui me dérange également est l’idée de ce passeport, ouvrant la porte à tout ce à quoi les gens ont renoncé, comme si ce passeport allait être la formule magique du ; Césame ouvre toi …
Je sens poindre à présent également comme une nouvelle pression collective qui ferait culpabiliser celui qui ne se fait pas vacciner, comme s’il était un mauvais citoyen ne participant pas à la solidarité collective.
La pression exercée sur un individu pour l’amener à faire un choix malgré lui et cette forme de culpabilité, ne me semble pas venir de Dieu.
Qu’en pensez vous ?
Merci pour votre retour réflexif.

Bien à vous

Réponse d’un pasteur :

Bonjour et grand merci pour ces encouragements, C’est sensible et sympa.

Merci pour votre sincérité. Je comprends votre interrogation, et cette gêne.

Cela dit, je ne sais pas si cette invitation pressante à la vaccination est politique, ou scientifique. Un peu des deux, probablement.

Je ne suis pas dans les hôpitaux, où c’est sans doute pire, mais de ma place de pasteur je vois quand même beaucoup de détresses, avec des morts, des personnes diminuées, hospitalisées, éprouvées, isolées, angoissée par la situation locale et mondiale. D’une façon ou d’une autre, il me semble qu’il faut que cela se termine vite parce que ces difficultés et cette insécurité sont, à mon avis, bien bien réelles, les soignants sont vraiment « à fond » et « au mieux », avec une pression importante, pour combien de temps encore.

Ensuite, je ne sais pas si la vaccination est, ou non, la meilleure solution pour en sortir rapidement. C’est sans doute discutable. Je ne suis pas bien convaincu que les autres solutions envisageables soient très rigolotes non plus, ni moins liberticides. Peut-être. En tout cas, toutes les solutions amenant à libérer la population de cette pression sanitaire demanderaient que la population s’accorde un petit peu sur ce que nous voulons faire collectivement. Comment faire autrement ? C’est comme sur la route, nous sommes dans un pays où nous roulons à droite, c’est très discutable, et on pourrait dire que c’est une intolérable pression sur ma liberté et ma créativité. Ce n’est pas faux, en même temps vivre en collectivité est d’une grande richesse, et cela demande de s’organiser avec des règles acceptées par les membres. C’est assez la vision de l’Evangile, avec l’importance de l’individu dans son authenticité, et aussi le collectif comme un corps.

C’est vrai que l’ambiance devient mondialement de plus en plus individualiste, voire un petit peu anarchiste sur les bords, refusant les règles de la démocratie. Je comprends ce désir de liberté totale comme l’oiseau dans le ciel, mais c’est vrai que je trouve que la démocratie est franchement le moins mauvais des systèmes.

En ce qui concerne le vaccin, personnellement, j’ai joué le jeu sans état d’âme. Nos élus (en Suisse) ont gouverné le pays avec un confinement pas trop lourd à tenir et une politique de vaccination, il me semble normal et juste de jouer le jeu dès que possible (j’ai déjà reçu une dose de vaccin). En Corée, pays de ma femme, ils ont choisi une politique de traçage très stricte, avec mise en quarantaine des personnes arrivant sur le territoire, et un suivi très rigoureux des « cas contact », ils ont eu très peu de morts, seulement la liberté a été encore plus contrainte. J’aurais joué le jeu sans problèmes de conscience non plus. Avec reconnaissance et compassion (même) pour les élus qui doivent décider d’orientations, alors que la situation est très nouvelle, et avec des conséquences lourdes en terme d’avenir.

Nous ressentons tous, je pense, une certaines exaspération après des mois de difficultés, de contraintes nouvelles, d’incertitudes, de « distanciation », d’ambiance… Cela n’aide pas à faire le point avec mesure… Et c’est là que l’intériorité, la prière, l’étude peuvent aider à laisser la paix grandir en nous, puis autour de nous grâce à de petits gestes solidaires, et une atmosphère de calme.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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2 réponses

  1. Romain dit :

    Bonjour,
    Par rapport à la vaccination auriez vous joué le jeu de la même manière si vous aviez 20ans ?

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