Je me pose des questions sur l’homosexualité, et sur les relations basées uniquement sur un désir sexuel

Par : pasteur Marc Pernot

deux alliances posées sur les pages d'une Bible ouverte - Image par cspxbay de Pixabay

Qu’entendez-vous par « aimer » ? À mon avis, aimer une personne c’est vouloir rendre cette personne heureuse. C’est une espérance, c’est un projet, c’est une mission, c’est l’œuvre d’une vie. 

Question d’un visiteur :

Bonjour, je vous contacte car j’ai plusieurs questionnements. Je suis un jeune chrétien d’une vingtaine d’années, homosexuel et en couple depuis plusieurs années. Je me pose quelques questions sur le rapport de Dieu vis à vis de l’homosexualité mais aussi des relations sexuelles (-( basées sur de l’amour mais aussi basées uniquement sur un désir sexuel ).

J’aime mon copain mais il m’est arrivé de penser à aller voir ailleurs et de songer à le quitter. Je suis vraiment bien avec lui. On a aucune gêne et on s’entend vraiment bien mais je ne me dis pas forcément que c’est l’homme de ma vie, je ne suis pas comme certains à ne voir que par lui. Il m’arrive de trouver d’autres hommes attirants et parfois notamment dans des moments où on étaient distants et où il était parfois très froid avec moi, il m’arrivait de m’attacher a d’autres hommes et ressentir de l’affection pour eux et m’imaginer avec eux. Pourtant je me rendais rapidement compte que c’était juste de l’attachement car ce sentiment s’essoufflait très vite et je me rendais compte que j’étais heureux avec mon copain. En gros je suis bien avec lui mais parfois je me demande en quelque sorte si l’herbe n’est pas plus verte chez le voisin mais je suis sûr que si je le quittais je m’en voudrais et serais sûrement déçu à la fin car je l’aime mais est ce normal de réagir comme ça. Puisque j’ai la vingtaine et que je suis jeune, est ce que c’est normal de se poser des questions et de se demander si on va rester toute sa vie avec la personne ? Et si jamais ce n’est pas de l’amour mais de l’attachement alors ma relation serait elle péché aux yeux de dieu car vue comme pas vraie ? C’est horrible de dire ca car au fond je sais que j’aime mon copain, quand je le vois j’ai envie de le prendre dans mes bras en voyant sa bouille mais j’ai peur des fois que ce soit juste de l’attachement ou de l’affection…

Est ce que des relations sexuelles sans amour c’est mal ? Relations avec feeling, attachement ou affection et bien sûr consentement et respect mais pas d’amour, pas de réelle envie de fonder sa vie avec qqln et de vivre avec ? Je me doute et je sais que les relations sont mieux avec de l’amour car plus épanouissant, plus simple de donner du plaisir à l’autre, pas de gêne et on est sois même.. MAIS dieu punit il ? La bible condamne t elle vraiment les relations avant mariage ainsi que les relations issues uniquement d’un désir sexuel, de plaisir et pas d’une envie de procréation ou d’un amour comme le disent les évangélistes ?

De plus si un jour je le quitte et que l’envie de profiter un peu me venait et que je couchais avec des hommes que je ne connais pas trop, avec qui j’entreprendrais des relations légères mais toujours sur le respect et le consentement alors est ce que je pêcherais ? Ça rentrerait dans l’immoralité sexuelle telle que décrite dans la bible ?…

Marci.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Dieu n’a rien contre l’homosexualité, contrairement à ce que disent certaines personnes et certaines églises, qui pensent justifier leur homophobie en la mettant sur le dos de Dieu (faisant ainsi du tort à bien des personnes, à la société et à Dieu).

Par contre la fidélité à soi et à l’autre est une des notions essentielles dans la pensée biblique et particulièrement dans la foi chrétienne. C’est pourquoi l’apôtre Paul donne ce conseil : “tout est permis mais tout n’est pas utile, tout est permis mais tout ne construit pas” (1 Corinthiens 10.23). Je suis désolé mais le comportement que vous décrivez ne construit pas. Au contraire, il disperse, éparpille votre être et vos relations. C’est donc littéralement « diabolique », non que je crois dans cette sorte de puissance mythique, mais par définition même du mot, est « diabolique » ce qui éparpille (du verbe diaballo) au lieu de construire, édifier.

Ce n’est pas que cela fâcherait Dieu (par définition, il garde son amour), mais si c’est déconseillé c’est que ce type de façon d’être fait des dégâts. Cela éparpille non seulement votre être, votre cœur, votre existence… mais encore celles de personnes que vous confortez dans cette façon d’être chaotique. Cette façon d’être va dans le sens de l’augmentation du chaos.

Alors que le choix d’une personne à qui l’on promet d’être fidèle pour la vie entière, une personne que l’on s’engage soi-même à placer au cœur de sa vocation pour l’aider à s’épanouir : c’est vraiment construire du solide et du vrai.

Je ne suis pas bien certain de ce que vous entendez par « aimer ». Je me demande si vous ne confondez pas avec « désirer ». Aimer une personne c’est vouloir rendre cette personne heureuse. C’est une espérance, c’est un projet, c’est une mission, c’est l’œuvre d’une vie. Si l’on zappe d’une personne à l’autre, si l’on multiplie les partenaires : cela n’est pas possible, car la personne humaine est d’une telle richesse que la courte vie humaine est loin d’épuiser l’approfondissement d’une vraie relation.

La foi chrétienne est enracinée dans cette expérience de foi que Dieu est comme cela, donnant tout pour que nous nous épanouissions, et gardant ce projet avec fidélité et espérance. À cause de cela, c’est ce que nous appelons vivre et aimer. La foi chrétienne est ensuite enracinée dans l’expérience qu’essayer de vivre à l’image de ce Dieu, inspiré par cette façon d’aimer, est une façon de vivre qui rend l’existence humaine bonne et vraie, authentique, et connaissant ce que l’on peut appeler la paix et le bonheur, mais peut-être pas au sens où l’entend tout le monde. Ce qui est certain, c’est que cette foi est une possible façon d’avoir une belle et bonne vie.

Alors oui, ensuite, on peut choisir de vivre autrement. Comme vous le dites, tant que c’est dans le respect et entre adultes consentants, cela ne tombe pas sous le coup de la loi. En tout cas pas de la loi civile. Car j’ai bien l’impression que cela ne respecte pas la loi du simple bon sens pour tracer un beau chemin de vie.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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