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Ethique

Harcèlement et désir de vengeance : comment guérir son âme et retrouver la paix ?

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Face aux traumatismes du passé et au sentiment d’injustice, le désir de vengeance peut devenir un poison tenace. Ce dialogue explore le chemin de la cicatrisation intérieure, entre révolte saine et abandon spirituel, pour se libérer de l’emprise des agresseurs et retrouver un souffle de vie.


Le cri du cœur : le poids du harcèlement et l’envie de vengeance

Question posée :

Bonjour,
J’ai été harcelé par certaines personnes durant mes études, lorsque j’étais au primaire, au collège et au lycée. Aujourd’hui, je n’arrive pas à passer outre. Même en priant. Je n’arrive pas à oublier ce que l’on m’a fait subir. Je ne cherche qu’à me venger.

Ce qui me bouffe de l’intérieur, c’est de voir qu’ils réussissent bien leur vie, tandis que la mienne est à l’arrêt. Cela me rend fou. J’ai une furieuse envie de détruire, de me détruire, de les détruire, qu’ils ratent tout. Je les hais. Une haine profonde et viscérale.

Comment puis-je me projeter vers l’avenir si je ne parviens pas à régler le passé ? Je n’ai qu’une envie, fracasser quelqu’un, le premier qui me manquera de respect.

La réponse du pasteur : comprendre la colère pour mieux guérir

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur,

Votre colère, votre haine est tout à fait compréhensible, elle est normale et elle est même saine car elle est une révolte contre le mal, contre la méchanceté et la stupidité.

Laisser la justice à Dieu pour libérer son âme

Dieu sait très bien ce qui s’est passé, ce que ces personnes ont fait. Et eux le savent très bien aussi. Tant qu’ils ne travaillent pas là-dessus, c’est en eux un poison qui les infecte, leur propre poison. La réussite matérielle n’est pas tout, il y a le développement, ou non, de l’âme, de notre façon d’être, de notre capacité à être bon.

J’espère que ces personnes ont évolué dans le bon sens depuis, qu’elles ne sont plus la même personne qu’à l’époque. Mais il me semble que ce que deviennent ces personnes n’est pas votre problème, vous pouvez laisser ça à Dieu.

C’est le conseil que donne Paul, très utile :
« Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. » (Romains 12:19)

En un mot : déchargez-vous sur Dieu de votre colère légitime. Qu’il s’occupe de ces personnes, ce n’est pas votre affaire.

Se protéger du poison de la violence

C’est plutôt de vous dont vous pouvez prendre soin, avec l’aide de Dieu, pour aller mieux rapidement. Il ne faudrait surtout pas que leur violence vous contamine, vous infecte. C’est déjà trop que vous ayez été blessé dans le passé, ce serait voir empirer encore les dommages si le poison de leur violence vous prenait à votre tour. Et si les conséquences de cette violence vous compliquent encore la vie.

Vous avez donc bien raison de haïr cette colère qui vous infecte, car elle fait encore partie de ce que ces personnes vous ont fait subir. Vous avez déjà assez souffert, maintenant, cela suffit.

Le processus de cicatrisation intérieure

Par ailleurs, quand on a mal, c’est normal de crier, votre colère intérieure est un cri. Cela prend quelque temps pour cicatriser de ce genre de blessures, d’autant plus terribles que ce traumatisme a frappé la personne en développement que vous étiez. Ce n’est pas une question de pardon, c’est plus profond que cela : c’est une question de cicatrisation de votre être blessé et qui saigne encore, qui subit encore cette méchanceté qui vous a frappé.

Mais cela peut passer, notre personnalité humaine est bien faite, c’est comme la cicatrisation de la peau, cela prend du temps mais cela arrive, même s’il reste une cicatrice. Cela aide si la plaie est soignée, protégée, bien sûr. Il y a une part de ce travail qui vous revient, et Dieu aide à ce processus qui souvent dépasse nos propres forces, comme vous le dites. Mais c’est la même chose pour une blessure physique : la volonté, l’impatience ne font pas cicatriser plus vite. Il faut soigner la plaie, éviter qu’elle ne s’infecte plus, refaire le pansement afin de protéger la plaie afin qu’elle ne subisse pas trop de coups supplémentaires.

Retrouver un avenir malgré le passé

De même pour vous : il vaut mieux éviter tout contact avec ces agresseurs. Il faut peut-être demander de l’aide pour vous-même si vous souffrez trop, ce qui serait normal ; les psy sont tout à fait formés à soigner ce genre de traumatismes.

Mais si, oui, vraiment, on peut se projeter dans l’avenir même avec un passé douloureux. Heureusement.

Dieu vous bénit et vous accompagne, soigne vos blessures.

pasteur Marc Pernot

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6 Commentaires

  1. Christophe dit :

    Bonjour, certaines cicatrices en apparences guéries sont tellement profondes que de temps à autres elles nous font très mal car les souvenirs qui nous ont laissés ces mêmes cicatrices ne s’effacent jamais.
    Je prie donc et pleure avec mon Seigneur qui souffre avec moi et m’aime infiniment.

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