J’aurais aimé savoir ce que l’on peut tirer du terrible cantique de Moïse ? Une préfiguration du Christ ?

Par : pasteur Marc Pernot

Forces de Pharaon englouties - Lucas Cranach the Elder

Forces de Pharaon englouties – Lucas Cranach the Elder

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Tout d’abord, merci infiniment de prendre le temps de répondre à toutes ces interrogations car je passe de longs moments très enrichissants sur votre site.

J’aurais aimé savoir ce que l’on doit tirer du cantique de Moïse ?

Et savoir ce qu’est la notion ou la conception de la préfiguration du Christ.

Je vous prie de m’excuser s’il n’y a pas de lien entre mes deux questions.

En vous remerciant encore une fois, je vous souhaite une excellente fin de soirée.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir. Et grand merci pour vos encouragements !

Le cantique de Moïse (et de sa sœur Myriam) est un magnifique mais terrible passage !

L’Éternel est un vaillant guerrier ;
il a lancé dans la mer les chars de Pharaon et son armée; Ses combattants d’élite ont été engloutis dans la mer Rouge. Les flots les ont couverts :
ils sont tombés au fond des eaux, comme une pierre.
Ta main, ô Éternel, a montré sa force ;
Ta main, ô Éternel, a écrasé l’ennemi. (Exode 15:3-5)

On ne peut s’empêcher de se dire que c’est bien rude de se réjouir d’un joli massacre de ces pauvres égyptiens et de leurs chevaux, et en plus d’en remercier Dieu comme l’auteur. C’est vrai. Et c’est bien parce que nous avons entendu en particulier l’Evangile du Christ que nous sommes choqués de ce texte qui dit que Dieu a joliment massacré ces soldats et leurs chevaux.

Jésus nous dit même que Dieu veut tout le bien possible à ses ennemis, que Dieu bénit même ceux qui le maudissent ou qui le persécutent… Il ne veut donc certainement pas la mort du pharaon, ni de personne.

Il existe depuis des millénaires une lecture spirituelle de ces textes. C’est ce que l’on voit quand l’apôtre Paul dit que :

Nos pères ont tous été sous la nuée, ils ont tous passé au travers de la mer, ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, ils ont tous mangé le même aliment spirituel, ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. (1 Corinthiens 10:1-4)

Si Paul parle alors de baptême à propos de ce massage de la mer rouge (où les hébreux sont sauvés en la traversant, et les égyptiens sont noyés) c’est que ces deux peuples parlent de chacun de nous. Individuellement.

  1. L’égyptien c’est ce qui, en nous-même, nous opprime, nous empêche d’avancer, ce qui nous poursuit pour nous empêcher de vivre. L’égyptien, ses chars et ses chevaux évoquent nos ennemis intérieur, nos blessures anciennes, nos faiblesses, notre manque d’élévation et de maturité…
  2. L’hébreu c’est ce qui en nous est de l’ordre de la personnalité profonde, de cla créativité, de la foi, de l’espérance et de l’amour, de la capacité à franchir des obstacles.

Bien sûr, cela n’a rien de péjoratif contre les égyptiens, c’est juste une figure littéraire, u type.

Effectivement nous avons un mal fou à nous délivrer nous même de nos ennemis intérieurs. Ce cantique de Moïse remercie Dieu de ce miracle. Et effectivement, chaque fois que nous gagnons une petite bataille intérieure c’en est un.

Le cantique de Moïse ne s’arrête pas sur cette première victoire, il en évoque une autre :

Qui est comme toi, ô Éternel ?
Par ton amour, tu as conduit, tu as délivré ce peuple ;
par ta puissance tu le diriges
vers la demeure de ta sainteté. (Exode 15:11-13)

Paul aussi, d’ailleurs ne parle pas seulement d’un baptême à travers la mer rouge, il parle aussi d’un baptême dans la nuée, et d’une nourriture, d’une eau spirituelle donnée en Christ
Pour nous sauver, Dieu agit ainsi de 2 façons complémentaires :

  1. Par son action, il nous aide à faire le ménage en nous libérant (pièce par pièce) de ce qui est égyptien en nous.
  2. Cela fait de la place. Ça ouvre un espace nouveau dans notre être. Dieu peut alors, par son amour, nous conduire. Il nous aide à avancer vers une vie solide et vraie. C’est une poursuite de notre genèse. Et celle de l’humanité. Car cette purification et cette création de l’humain est à la fois personnelle et collective.

Nous n’avons donc rien à craindre de Dieu, au contraire, c’est la puissance de vie, de pardon, de bon soin.

Votre seconde question a donc tout à voir avec cette première. Paul voit dans cette histoire de la Pâque (la libération des hébreux hors d’Egypte), une préfiguration de ce que nous apporte le Christ pour nous sauver du péché et nous amener à la vie. Ce n’est à mon avis pas à comprendre en terme de prophétie annonçant à l’avance, des centaines d’années avant, la personne de Jésus. Depuis les origines de la fête de Pâque, cette histoire est à se remémorer régulièrement en la célébrant, afin de la vivre chacun, à vivre de ce que Dieu nous apporte à chacune et à chacun comme libération et comme cheminement vrai. Le Christ est pour nous la manifestation ultime de ce geste de Dieu, du Dieu libérateur, sauveur, créateur, nous mettant en mouvement, en évolution vers la vie.

Connaissant l’Evangile du Christ, cela induit une certaine façon de lire ces textes de la Bible Hébraïque, cela apporte une clé de lecture, un regard, ou aucune personne n’est perdue mais chacune est promise à la vie. Un regard où Dieu n’est qu’amour et bon soin même pour ses ennemis, nous dit Jésus. Du coup, chaque fois que l’on tombe sur un passage où il pourrait sembler que Dieu menaçant contre certaines personnes, on comprend que Dieu met en déroute plutôt notre méchanceté que les méchants, ce qui nous blesse et nous maltraite. Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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