J’ai fait euthanasier mon chien qui était malade. Je vis énormément de culpabilité.

Illustration : Chien appuyant sa tête sur le bord du lit - Photo by João Victor Xavier on Unsplash

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,

J’ai fait euthanasier mon chien qui était malade. Je vis énormément de culpabilité parce que j’ai dû prendre la décision rapidement alors que j’allais le faire soigner et non le tuer. J’ai beaucoup de peine et je ne suis pas certaine que Dieu nous donne le droit de prendre cette décision. Pourriez-vous me donner quelques pistes de réponses.

Merci,

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

D’abord, je compatis à votre douleur, à votre deuil. Car si l’on parle de deuil quant à la mort d’une personne proche, je pense que l’on peut parler vraiment parler de deuil aussi à propos de la mort d’un animal de compagnie. Quinze ans de vie ensemble est une vraie

C’est d’autant plus difficile dans ces circonstances dramatiques de la maladie de votre ami à quatre pattes.

En plus de cette perte, vous avez effectivement la peine supplémentaire de porter le poids de cette culpabilité, et de cette double peine nous pouvons tous compatir, et je suis absolument persuadé que Dieu compatis avec vous.

Il arrive dans l’existence que nous soyons obligé de choisir entre deux solutions dont toutes les deux ont une part négative. Comment faire alors ? Il n’y a que des cas particuliers et ce serait simpliste de définir des règles absolues qui viendrait nous déresponsabiliser. Choisir est alors difficile, il est bon de le faire, en cherchant bien entendu à minimiser la quantité de mal. La solution retenue n’est pas bonne, mais c’est la moins mauvaise. Il reste que cette mauvaise part existe et que nous l’avons choisie même si nous y avons été obligé par des circonstances tragiques indépendantes de notre volonté. Même si intellectuellement nous savons que c’était la moins mauvaise des solutions notre conscience et noter cœur nous travaille, et c’est un signe effectivement que nous avons une conscience et un cœur attachés au bien.

La vie humaine tout entière est comme cela. C’est la grandeur et la difficulté d’être à la fois de la terre et du ciel comme nous le sommes, avec un idéal tourné vers le bien, la paix, le bonheur, et un monde complexe où la vie et la mort, ce qu’il y a de plus beau existe mais où du chaos de la maladie et des catastrophes injustes existent encore aussi… Cela engendre du tragique mais aussi de belles choses à faire, avec Dieu (car il y travaille aussi). La foi nous aide sur ce chemin, pour éclairer nos choix difficiles, pour avoir la force de choisir, pour arriver aussi à se pardonner, et même si nous avions toujours une conduite parfaite nous resterions dans ce besoin de nous pardonner après les petits et grands choix tragiques que nous avons dû faire.

Vous aimez manifestement votre chien. Et je suis persuadé que le vétérinaire aussi aime les animaux. Son intérêt matériel était de vous pousser à choisir de soigner le cancer de votre chien de la façon la plus poussée. S’il ne vous a pas poussée à le faire absolument, c’est qu’il pensait lui aussi qu’il n’était pas génial de faire dans ce cas de l’acharnement thérapeutique pour gagner quelques semaines ou quelques mois de vie au prix de souffrances supplémentaires pour ce chien et pour vous. La solution choisie est donc certainement raisonnable, et le meilleur pour votre chien que vous aimez, mais cela n’empêche pas que ce soit difficile et culpabilisant pour vous. Votre choix n’était pas la solution de facilité, je pense, mais un choix courageux, humain et juste.

Soyez certaine que Dieu comprend, et que Dieu pardonne évidemment. Il aurait aussi compris et pardonné si vous aviez choisi l’autre solution, difficile aussi pour votre pauvre chien et pour vous.
Je suis persuadé que Dieu garde vivant le meilleur de sa création, il garde en particulier ce qui est vécu comme belle relation. Il vous accompagne donc, vous, pour la suite de votre route. Je suppose qu’il garde ce bon être vivant que vous aimez. C’est en tout cas comme cela que je lis le Psaume 36:7 « L’humain et l’animal, tu les sauves, ô Eternel ! »

Dieu vous bénit et vous accompagne pour une véritable consolation

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

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1 réponse

  1. benabou morad dit :

    amen ou amine chez les arabes , devant la mort nous sommes tous pareil arabes chrétiens juif bouddhistes etc etc ma femme chrétienne moi arabe des enfants partagé entre deux cultures et deux religions sans pratiquer mais devant la mort de notre « Betty »nous sommes traités  » d’égale a égale » notre amie, notre sœur ,confidente que dire ,que faire si non se tourner vers dieu en espérant que notre berger allemand prenne le temps de nous attendre la haut nous venons ce jour de faire euthanasier notre chienne qui souffrait de dysplasie importante du train arrière avec tumeur mammaire et métastases pulmonaire. et incontinence prononcé …. que c’est dur mon dieu de devoir quitter cette âme si pure qui sans un mots nous réconfortait, nous aimais et nous comprenais. quelle douleur mon dieu. l’ amour est un don , et je ne l oublierais jamais je t’aime ma Betty je t’aimais je t aime et je t aimerais @ bientôt mon chien inchallah

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