Être chrétien tout en suivant les pratiques juives ?

Par : pasteur Marc Pernot

jeune béni lors de sa bar mitsva - Image: 'Blessed' by Sagie 
 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/37603552@N00/97969234

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le Pasteur,

J’aurais aimé savoir ce que vous pensez du mouvement juif messianique qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde : il concerne autant les croyants d’origine juive qui rencontrent Yeshoua et désirent malgré tout maintenir leur tradition, que les chrétiens de naissance qui désirent se rapprocher des racines juives de leur foi ?

Cordiales salutations

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

Je trouve personnellement que le judaïsme messianique est une très très bonne façon de vivre sa foi chrétienne. Une parmi d’autres. C’est à chacun selon sa sensibilité de trouver la pratique et les rythmes qui l’aident à bien cheminer avec Dieu et vers Dieu, à devenir quelqu’un de plus aimant, espérant, bienfaisant, en en paix…

Mais comme toujours dans le domaine de la religion : notre pratique est bonne tant qu’elle ne devienne pas pour nous une chose absolue et sacrée, mais qu’elle reste pour nous un moyen au service de l’essentiel qui est ailleurs. Comme le dit Jésus : « le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » : c’est à dire que même le sabbat, qui est le principal acte religieux juif, n’est bon qu’à condition qu’il soit et qu’il reste pour nous un exercice, un moyen, une pédagogie pour nous rendre meilleur, plus vivant, plus en communion avec Dieu, plus aimant…

Les actes religieux sont particulièrement dangereux pour l’homme quand on en fait des absolus, sacrés, essentiels. Car alors : ils deviennent aliénant pour nous, ils peuvent nous couper des autres, et ils peuvent faire écran entre Dieu et nous : à la fois dans ce qu’il espère de nous de particulier et dans le fait de nous sentir un petit peu trop facilement fier devant lui d’avoir bien fait ce qu’il faut (alors que ce n’était qu’un exercice en vue de l’essentiel).

Peut-être faut-il aussi que cette pratique de la Loi soit quand même assez souples afin de ne pas prendre un investissement excessif, et qu’il permette de vivre avec des personnes n’ayant pas la même pratique sans que cela soit un tracas. Car c’est aussi cela la façon d’être de Jésus. Cela demande d’avoir une pratique très très souple des préceptes religieux juifs. J’ai connu un juif qui faisais cela, invité à manger chez des amis, il a mangé une part de quiche lorraine (mélangeant du lait et de la viande, qui plus est de porc). Lui demandant à la sortie comment il avait fait ? il m’a répondu qu’il avait offert à l’Eternel de faire ce geste, comme une bénédiction sur ces amis). C’est à mon avis le type même de la bonne religion pour une personne : c’est ce qui nous aide à devenir meilleur, un petit peu, mais concrètement.

Ces réserves sont tout aussi valable pour n’importe quel façon de pratiquer sa foi, d’approfondir.

Et personnellement, je préfère d’autres exercices spirituels que ces exercices là. Un programme plus libre, plus personnel alliant réflexion, prière, gestes, culte, lecture et discussions, façons de regarder sa vie et les autres, réjouissance, service et loisir, sport et repos… A chacun de composer son programme et d’en être un petit peu maître ?

Bien amicalement
Dieu vous bénit et vous accompagne

Amitiés fraternelles

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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