Est-ce qu’un jour je serais capable de ressentir Dieu à mes côtés ?

des rayons du soleil à travers un taillis - Photo by Johannes Plenio on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Ces derniers temps je me pose beaucoup de questions au sujet de Dieu. Pour contextualiser un peu, je suis née dans un milieu catholique pratiquant, j’ai donc été baptisée, j’ai fait ma communion et ma confirmation. Lorsque j’étais enfant, je croyais en Dieu sans me poser trop de questions car pour moi il était normal de croire, c’était l’unique voie. Mais je n’avais pas vraiment cette relation que beaucoup de croyants décrivent avec Dieu. Lors de mon adolescence, j’ai totalement coupé les ponts avec la foi. J’allais à la messe car c’était ainsi dans ma famille mais je ne priais jamais et réfutais toujours l’existence même d’un dieu quel qu’il soit. Et puis, il y a 1 an, je me suis rapprochée de Dieu ; j’ai recommencé à prier, j’ai découvert que j’avais du plaisir à me rendre à l’église en d’autres mots, j’ai recommencé (ou commencé, je ne sais pas vraiment) à croire. Mais cela s’arrête là. Beaucoup de chrétiens décrivent le sentiment que Dieu est proche d’eux, qu’il les aime, ils sont capables de se sentir aidés en cas de problèmes. Mais de mon côté, rien.
Je crois en Dieu, c’est un fait. Et j’aimerais ressentir tout cela. Je me demande donc s’il est normal de vouloir cela ou si je dois me contenter de la foi que j’ai en ce moment. Je me demande aussi si la foi que j’ai est « vraie » et basée sur des « vraies » raisons.
Puis-je croire en Dieu si je ne ressens pas cette flamme en moi ? Puis-je croire en Dieu car cela me rassure de me dire que les personnes que j’aime et qui sont parties soient à ses côtés ? Puis-je croire en Dieu si je possède des idées plutôt tranchées sur certains sujets qui vont à l’encontre des traditions chrétiennes et catholiques ?
Est-ce qu’un jour je serais capable de ressentir Dieu à mes côtés ?
Voilà toutes les questions que je me pose ces derniers temps. Je ne sais pas vraiment si je suis sur le bon chemin de la foi et s’il en existe un d’ailleurs.
Est-il normal de se poser toutes ces questions en se considérant quand même croyante ?

Merci d’avance pour votre réponse,

Passez une bonne journée !

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Merci pour ce mail très touchant, vous êtes vraiment formidable. Bravo de vous poser des questions sur Dieu, sur la foi, sur la vie. Surtout, continuez à vous poser des questions, c’est ce qui fait cheminer, avancer, progresser, approfondir, s’élever.

Avec Dieu, comme avec un véritable ami, il n’y a pas de mauvaise question, on est dans une confiance qui permet d’être soi-même face à l’autre.

  • Certaines personnes ont une foi très émotionnelle, avec de vifs sentiments religieux.
  • D’autres personnes ne « ressentent » rien de tel, comme vous le dites, c’est tout à fait normal aussi, ce n’est ni moins bien ni mieux. Franchement.

La « foi » a été parfois confondue avec le fait d’avoir de l’émotion religieuse. Ce n’est pas juste. Que ceux qui vivent leur foi ainsi s’en réjouissent mais il n’est pas juste pour autant de dire que la foi serait nécessairement comme cela. L’humanité est riche de bien des sensibilités et des personnalités différentes.

L’essentiel dans foi est la sincérité, comem dans toute relation. C’est tout faux si l’on pense devoir jouer un rôle, être différent de ce que l’on est en réalité, dans une relation (d’amitié, d’amour, en équipe), de même dans la foi car la foi est une relation de confiance. S’il y a un domaine où l’on peut, où l’on devrait pouvoir être vraiment soi-même c’est celui-ci. Tant pis si cela fâche telle ou telle personne qui aimerait fixer ce que devrait être la foi des autres, cela révèle plus sa propre psychologie que la valeur de la foi des autres.

La foi, précisément quand elle est confiante et sincère, a des chances d’être vivante, cheminant, évoluant, s’approfondissant et se purifiant. Donc, oui, il est possible que vous ressentiez un jour un vif sentiment religieux, c’est une chose qui n’est pas rare même pour des esprits très scientifiques ou très philosophiques. Il est possible que vous notiez un sentiment plus diffus d’enrichissement bienfaisant dans votre pratique régulière de votre foi. C’est possible, mais cela peut aussi être vécu différemment, et cela ne doit pas particulièrement vous inquiétez. Ayez seulement confiance, exercez votre foi, associant à votre rythme et à votre façon : prière, réflexion, dans l’intimité et avec si possible une petite part de collectif aussi.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. Pascale dit :

    Quelques petites remarques au sujet du sentiment religieux dont il est bon, à mon avis, de savoir aussi s’en méfier :
    – il serait un peu prétentieux de s’imaginer que notre propre ressenti est le signe de la présence de Dieu, bien d’autres facteurs entrent en jeu et il est souvent difficile de démêler tout cela
    – comme dans bien des domaines, les efforts fournis et la fidélité sont davantage porteurs d’une belle évolution que de se contenter de vivre la foi au gré de nos émotions ou envies du moment
    – contrairement à ce que pensent ou espèrent certains, le sentiment religieux n’apporte aucune certitude et n’empêche en rien l’angoisse du doute.

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