Comment Jésus composait avec les personnalités difficiles, les voyait il toujours avec Amour ? La Poésie : un don de Dieu ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un jeune homme devant une ensigne en néon lui faisant comme une auréole - Photo de Fábio Lucas sur https://unsplash.com/fr/photos/Ezl6WMjP2rQ

Question d’une visiteuse :

Bonjour
Je continue à écouter vos prédications chaque semaine. Si fournies et « nourrissantes ». Et j en éprouve une reconnaissance …Infinie!!!!
Ce mot car j aurais deux questions à vous poser, quand vous aurez le temps éventuellement de m apporter une réponse. Deux, en fait ( sourire).
1) D abord, je me demandais comment Jesus composait avec les personnalités difficiles; les voyait il toujours avec Amour, œuvrant en lui même pour accepter leurs défauts, les choses qui lui faisait du mal? Je me demandais quelle était sa philosophie de Vie à cet égard ( bien sûr, j aimerais – si c est possible – suivre sa façon d être dans ma propre Vie. Et j ai conscience que ma question révèle sans doute un certain manque de culture de ma part).
2) Par ailleurs, je me demandais si l’Art de la Poésie pouvait être un don de Dieu, et ce que représentaient les Poètes pour Lui. Voilà!
Je vous remercie de tout cœur par avance des réponses que vous pourrez m apporter. Bien fraternellement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo de tirer quelque chose de mes prédications. Je dois reconnaître que je suis ambitieux pour les personnes en recherche et que je ne les ménage pas toujours avec de la facilité.

En ce qui concerne votre recherche sur Jésus, je pense que vous avez raison de dire « j’aimerais chercher à suivre sa façon d’être », c’est une bonne idée de s’engager personnellement ainsi, ne ne pas seulement s’intéresser. Par ailleurs, c’est pertinent car c’est pour cela précisément que les évangiles ont été écrits et rendent compte de Jésus : dire au lecteur ce qu’il pourrait utilement viser comme façon d’être.

1) Donc : comment Jésus composait avec les personnalités difficiles; les voyait il toujours avec Amour ?

On s’imagine que Jésus était d’une mansuétude, d’une équanimité parfaite. Ce n’est pas le cas. On le voit bien souvent être carrément grognon, par exemple :

  • Devant les attitudes intégristes, par exemple quand l’observation religieuse empêche la compassion : « Jésus, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l’endurcissement de leur cœur, il dit à l’homme: Étends ta main. Il l’étendit, et sa main fut guérie. » (Marc 3:5) => Jésus n’est pas fâché pour autant, il ne part pas en claquant la porte, il continue à tracer son chemin sans s’arrêter à leur attitude. Avec liberté.
  • Quand ses disciples n’ont pas confiance : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents de la mer, et il y eut un grand calme. » (Matthieu 8:26). => Jésus les gronde, les traite de « p’tite foi » mais il ne les laisse pas tomber, il pallie à leur insuffisance.
  • Quand ses disciples n’arrivent pas à guérir un enfant, il leur dit « Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? jusqu’à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. » (Matthieu 17:17) => donc Jésus s’exaspère et les gronde, mais il va accéder à leur demande et leur expliquer comment ça marche.
  • Quand ses disciples qui ne comprennent rien à rien, comme Philippe : « Jésus lui dit: Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: Montre-nous le Père? » (Jean 14:9). => Jésus lui explique ensuite.
  • Quand on lui dit que sa mère et ses frères sont dehors et le cherchent pour le ramener à la maison afin qu’il se repose, Jésus dit « Qui est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis tout autour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. » (Marc 3:33-34). => c’est une remise en place asez rude, leur faisant comprendre l’importance pour lui de la dimension spirituelle de notre être, pas seulement de la dimension corporelle. Cependant, Jésus reste proche de sa mère jusque sur la croix, nous dit Jean.
  • Ou, pire, quand Pierre cherche à le retenir de risquer sa vie, Jésus lui donne du « Mais Jésus, se retournant et regardant ses disciples, réprimanda Pierre, et dit: Arrière de moi, Satan! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n’as que des pensées humaines. » (Marc 8:33). = réprimande publique, assez radicale. => Cependant, Jésus ne lui fait pas la tête après.
  • Même contre Dieu : quand il dit sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?« , c’est un reproche assez amer, et un reproche injuste.=> après Jésus se confie entre les mains de Dieu.

Bien sûr, je ne relève dans cette petite liste que les textes les plus rudes. Il y en a dix fois plus où Jésus est plein de tendresse, de miséricorde et de douceur…. mais ces paroles là nous les connaissons et nous les retenons. Ce sont les paroles que j’aime et que je choisis pour les « simples versets du vendredi« . Les paroles rudes ou difficiles demandent plus de recherches et sont plutôt le sujet d’une prédication pour saisir en quoi elles sont,elles aussi, un acte positif, un « Evangile ». A titre d’échantillon dans le registre des paroles douces de Jésus :

  • « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos pour votre âme » (Matthieu 11:28).
  • « Jésus dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés… Ta foi t’a sauvée, va en paix. » (Luc 7:48-50).
  • Et des centaines d’autres versets sympas et encourageants…

Cependant, on comprend un peu pourquoi nous voyons parfois les disciples ne pas oser lui poser une question quand ils ne comprennent pas (Marc 9:32) => ce qui les conduit à s’interroger eux-même, ce qui me semble le but recherché par Jésus.

On est loin du doux Jésus des images pieuses. Il s’agit d’une pédagogie cherchant radicalement le bien de la personne, de toute personne. Une pédagogie sincère, qui parle vrai, avec le cœur et les tripes, qui ne prend pas les gens pour des enfants. Il félicite et il grogne, il s’indigne et reproche, puis, toujours, il agit ensuite positivement, sans rancune et sans laisser tomber.

Apparemment, c ‘est comme cela qu’il cherchait à les conduire à une autonomie, à se prendre en main, à se mettre debout et à avancer. Tant que Jésus est là, les disciples font un peu les bébés, ou les fanfarons (comme Pierre). Après sa disparition, effectivement, les disciples vont se prendre en main et se mettre à inventer ce qui doit l’être : que faire de ce trésor qu’ils ont reçu et vécu pendant ces quelques années avec Jésus. Donc sa pédagogie n’a pas si mal marché.

C’est ce que commente Saint Augustin avec ce conseil : « Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par amour. Si tu parles, parles par amour. Si tu corriges, corriges par amour. Si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour, de cette racine, il ne peut sortir que du bien« .
Excellent.
Cependant, c’est souvent la tentation des gens violents (que ce soit en paroles et/ou en actes) de baptiser leur conduite du beau nom de sincérité, de violence nécessaire, de parole ou d’acte prophétique… C’est parfois vrai,

Donc, « comment Jésus composait avec les personnalités difficiles; les voyait il toujours avec Amour, œuvrant en lui même pour accepter leurs défauts, les choses qui lui faisait du mal? »
Oui. Jésus « encaisse » bien les coups, sans haine. Mais c’est aussi parfois en mettant les points sur les i et les barres sur les t. Quand il le juge utile.
Du coup, il est bien impossible de lire de façon simpliste ses commandements d’être doux (Matthieu 5:5 et 11:29), ou « de ne pas résister au méchant » (Matthieu 5:39). Ce sont des pistes à réfléchir comme des questions que se posent. Afin de chercher quelel serait la réaction la plus porteuse d’avenir, de bien et de bon dans les circonstances.

2) Par ailleurs, je me demandais si l’Art de la Poésie pouvait être un don de Dieu, et ce que représentaient les Poètes pour Lui ?

Oui la poésie peut tout à fait être un don de Dieu et un don mis au service de Dieu. Bien sûr. Comme tout ce qui appartient au génie humain, quel que soit le mode d’expression, en paroles, par les arts et les actes. Quel que soit le genre littéarire utilisé, il peut être au service du meilleur, il peut participer à faire vivre, à embellir la vie, à faire sentir sa beauté et sa profondeur. D’ailleurs certains livres et passages de la Bible utilisent la poésie comme une des façons de parler à ses lecteurs. Par exemple le « Cantique des cantiques », bien des Psaumes, l’hymne à l’amour de Paul e, 1 Corinthiens 13, ou son hymne au Christ en Philippiens 2…

Bravo pour vos recherches

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Marc Pernot

bio de Marc Pernot

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *