Psaume 137 « Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions… »

Par : pasteur Marc Pernot

une personne assise au sommet d'une montagne contemple le panorama - Image par StockSnap de Pixabay

Psaume 137

Sur les bords des fleuves de Babylone,
nous étions assis et nous pleurions,
en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée
nous avions suspendu nos harpes.
Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants,
et nos oppresseurs de la joie :
Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion !
Comment chanterions-nous les cantiques de l’Éternel
sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Ô Jérusalem,
que ma droite m’oublie !
Que ma langue s’attache à mon palais,
si je ne me souviens de toi,
si je ne fais de Jérusalem
le principal sujet de ma joie !
Éternel, souviens-toi des enfants d’Édom,
qui, dans la journée de Jérusalem,
disaient : Rasez, rasez
jusqu’à ses fondements !
Fille de Babel, la dévastée,
heureux qui te rend la pareille,
le mal que tu nous as fait !
Heureux qui saisit tes enfants,
et les écrase sur le roc !

 

Quelques remarques

  • Dans la traduction grecque de la Bible hébraïque, ce Psaume porte le N°136.
  • Ce paume se termine sur les paroles les plus violentes que l’on puisse imaginer. C’est un sentiment de révolte et de vengeance qui peut naturellement venir à quelqu’un qui a subi un acte monstrueux, et c’est utile que ce Psaume prenne en compte ainsi la vie humaine, qui est ainsi comme parfois en exil loin du bonheur et de la vie.
  • Mais cette phrase peut aussi être lue autrement, et c’est de cela que finalement Dieu peut nous rendre capable, grâce à sa puissance de salut, de guérison. L’ennemi, c’est tout ce qui nous exile hors de nous-même et de l’amour, de l’évolution positive, du bonheur, de l’enthousiasme de vivre… L’ennemi peut être notre colère et notre détresse, notre manque d’élévation et de foi, des blessures anciennes et des remords. Dieu peut nous ramener de cet exil, et parfois c’est un vrai miracle. Mais parfois, le mal ancien continue à être actif dans le monde même s’il ne nous enferme plus. C’est le cas du mal que nous avons fait, par exemple, et du mal que l’on nous a fait, ou que nous nous sommes fait. Cette prière qui peut sembler horrible est alors juste : Éternel, éclate la tête des enfants de mes ennemis sur le rocher », dans la Bible, « le rocher », c’est Dieu lui-même et la stabilité de son amour vivifiant, c’est contre ce roc que l’on peut briser les germes du mal qui nous ronge et qui ronge le monde. L’avantage de ce langage imagé est qu’il peut s’adapter à chacune de nos situations. Que Dieu nous sauve de chacun de nos esclavages et de nos aliénations. Que que Dieu vienne aussi briser les chaînes de la fatalité où le mal engendre un autre mal, la vengeance une autre vengeance, l’accident un autre accident…
  • Ce Psaume a aidé à vivre bien des affligés à travers les générations, il a été repris par les protestants persécutés par les rois de France, il a été repris par les esclaves dans les champs de coton et leurs Mississippi blues, il a été repris par Boney M et Bob Marley :

 

Si vous le désiriez, voici d’autres Psaumes aidant à prier, et quelques pistes d’appropriation de ces textes.

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *