extrait du tableau de Rembrandt du musée de l'Ermitage
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Une traversée de la Bible : Le frère prodigue et le frère aîné (Luc 15)

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(Voir le texte biblique ci-dessous)

Groupe biblique au chalet paroissial de Vandœuvres
le 7 juin 2022,
par : pasteur Marc Pernot

Évangile selon Luc 15

 

1 Tous les péagers et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’entendre. 2 Les pharisiens et les scribes grommelaient en disant : Il accueille des pécheurs et il mange avec eux !

3 Il leur dit alors cette parabole [au singulier] :

1er épisode

4 Quel humain d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il perde une d’entre elles, ne laisse les nonante-neuf autres dans le désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la trouve ? 5 L’ayant trouvée, il la met sur ses épaules, en se réjouissant, 6 et, étant revenu à la maison, il rassemble les amis et les voisins en leur disant : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis qui était perdue ! » 7 Je vous le dis qu’il y aura ainsi de la joie dans le ciel pour un seul pécheur se convertissant, plus que pour nonante-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.

2ème épisode

8 Ou bien quelle femme ayant dix drachmes et qu’elle perde une drachme, n’allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin [en prenant soin], jusqu’à ce qu’elle trouve ? 9 Et ayant trouvé elle rassemble chez elle ses amies et ses voisines en disant : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue ! » 10 C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur se convertissant.

3ème épisode

11 Il dit encore : Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de fortune [οὐσία : essence, être]qui me revient. » Le père leur partagea son bien [τὸν βίον « la vie biologique »]. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils ramassa le tout et partit pour un pays lointain où il dilapida [dispersa] sa fortune [οὐσία] en vivant à sa perte [ζῶν ἀσώτως « élan-vital non-sauvé »]. 14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout. 15 Et s’étant mis en route il rejoignit un des citoyens de ce pays qui l’envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons. 16 Il désirait se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. 17 Entrant en lui-même, il se dit : « Combien d’employés, chez mon père, ont des pains en surplus, alors que moi, ici, je meurs de faim ? 18 Me levant [ἀναστὰς : verbe de la résurrection], j’irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ; 19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes employés.” » 20 Se levant, il alla vers son propre père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému [pris aux entrailles maternelles] ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa. 21 Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » 22 Mais le père dit à ses serviteurs : « Vite ! Apportez la robe numéro un et mettez-la-lui ; mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23 Amenez le veau gras et sacrifiez-le. Mangeons, faisons la fête, 24 car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête.

25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu’il revint et s’approcha de la maison, il entendit l’orchestre et les chœurs. 26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. 27 Ce dernier lui dit : « Ton frère est arrivé, et ton père a sacrifié le veau gras parce qu’il l’a reçu en bonne santé » 28 Le fils aîné se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père étant sorti, il le priait [ou consolait, exhortait, de παρακαλέω cf. l’Esprit dans l’Évangile selon Jean]. 29 Alors il répondit à son père : « Il y a tant d’années que je te sers, jamais je n’ai désobéi à tes commandements, et à moi jamais tu n’as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! 30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as sacrifié le veau gras ! » 31 Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; 32 mais il fallait faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort et il a repris vie ; étant perdu et il a été retrouvé ! »

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4 Commentaires

  1. Elisabeth dit :

    Comme toujours, étude très intéressante.
    Ma question : tous les mots ont un sens : vous avez expliqué la bague, les sandales, la robe n°1… Y aurait-il une signification particulière pour « sacrifier le veau gras » ou est-ce juste anecdotique ? (ça m’interpelle d’autant plus que je suis végétarienne…!.).
    Merci par avance.

    1. Marc Pernot dit :

      Effectivement, le veau gras a certainement une importance (sinon il n’y aurait pas cet élément dans la parabole de Jésus).

      Ensuite, c’est à chacun de se creuser la tête et d’avoir sa propre interprétation, dans le contexte de sa théologie et de sa vie. Comme végétarienne, vous pouvez peut-être l’interpréter comme si, pour réintégrer une personne qui vous a fait une grande infidélité, vous sacrifiez votre plus belle courgette, celle que vous aviez mise de côté pour le repas de Pâques ou pour Noël…

      C’est à mon avis le premier sens : pour fêter le retour de son fils (un vrai miracle), le Père n’organise pas seulement un apéro, mais un banquet de grande grande fête pour tous. Il faut se rendre compte de ce que représente un veau engraissé : c’est un capital important pour une ferme. Ce genre de repas de fête est tout à fait exceptionnel. Cela célèbre comme une naissance.

      Le second sens est celui d’une alliance. On sacrifiait un animal pour sceller une alliance. Le sang, évoquant la vie, avait sa place pour dire que cette alliance était en quelque sorte à la vie et à la mort. Le père scelle une nouvelle alliance avec son fils, alors que la première alliance, celle du sang familial, celle de la fidélité, avait été détruite par le fils. D’accord, cela a déjà été dit par les paroles, par la bague et la robe, le veau gras est ajouté. Qu’ajoute ce genre de signes ? C’est parce que l’humain n’est pas un pur intellect : se dire les choses ne suffit pas tout à fait, une mise en geste, des symboles, du rite solennel grave plus profondément le sens important dans notre propre personne, dans notre corps, dans notre propre vie. C’est la même chose pour un baptême, pour une profession de foi, pour un mariage.

      Ensuite, le sacrifice du veau gras peut en quelque sorte préfigurer le sacrifice du Christ : il scelle une nouvelle alliance entre Dieu et nous. Il n’est pas question de rachat des fautes ou de rançon, évidemment, mais de sceller une alliance profonde et éternelle : celle de l’amour sans cesse renouvelé de Dieu pour nous, son enfant.

      Enfin : le veau gras est effectivement mangé par tous : donnant sa force de vie à chacune et chacun, ce qui est utile pour avancer dans la suite de la vie. L’alliance n’est pas seulement un événement spirituel, elle est faite pour s’incarner dans notre être (comme notre corps est en réalité du veau et/ou de la courgette digérés).

      Dieu vous bénit et vous accompagne.

  2. Pascale dit :

    Merci pour cette série d’études d’un texte de la Bible et pour cette fidélité dans la mise en ligne. C’est une vraie chance. Il n’y a encore pas si longtemps, si on m’avait dit que je prendrais autant de plaisir à l’écoute d’une étude biblique, j’aurais rigolé, non pas parce que cela ne m’intéressait pas, mais parce que ma petite expérience en la matière était plutôt négative. Si je peux me permettre une métaphore alimentaire, au lieu de légumes cuits à l’eau on a droit à une poêlée de légumes cuisinée par un grand chef.

    1. Marc Pernot dit :

      Grand merci ! C’est très encourageant, car il y a bien des façons de concevoir ce temps d’étude biblique, entre le temps de partage entre les participants avec un apport minimum, et de l’autre côté le cours d’exégèse, ou la prédication.
      Donc merci pour cet encouragement. Il y a au moins quelques personnes qui sont aidées, c’est bien.

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