07 février 2024

Une bible ouverte avec le café du matin - Photo de Sixteen Miles Out sur https://unsplash.com/fr/photos/bible-sur-table-Up6nwISgsZo
Lire la Bible

Lire un évangile, ou deux ?

À la sortie d’un concert au Victoria Hall, je croise un quadragénaire dynamique et engagé dans la société civile qui me déclare avoir entrepris de lire les évangiles, et y trouver un grand intérêt pour mieux comprendre la source de certaines de nos valeurs.

Par exemple, me dit-il, la générosité et la traditionnelle discrétion des philanthropes genevois qui pourraient venir de cet épisode des évangiles où Jésus suggère : « Quand tu donnes, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite. » (Matthieu 6:3). Est-ce que cette maxime est juste ? Elle n’est pas très vraisemblable au sens littéral (comment notre main ignorerait ce que fait notre autre main ?) elle nous invite donc à nous interroger.

  • Dans un sens elle aide celui qui donne à observer ses propres motivations, c’est bon pour lui. Mais d’un autre côté : un bon geste est un acte de liberté et de créativité inspirant, il nous donne à voir un bon côté de l’humanité. Quel dommage de le cacher à la société.
  • D’ailleurs, dans un autre épisode, Jésus donne à observer une femme donnant une piécette (Marc 12:41-44) ce qui va dans l’autre sens que la maxime de Matthieu 6. Cet exemple montre un petit peu le fonctionnement des évangiles, ils sont faits pour que nous nous interrogions nous-même. Ce serait prendre ces textes à contremploi que de les considérer comme des vérités auxquelles il faudrait que nous nous soumettions. Il en est de même pour les récits de miracles, qu’ils soient étranges (marcher sur l’eau) ou réjouissants (changer l’eau en bon vin), ils nous sont donnés comme des « signes », nous dit l’évangile : un signe est là pour être lu, interprété, pour que nous leur cherchions du sens pour notre propre vie.

Ce lecteur des évangiles a ajouté qu’il a trouvé une bonne introduction à ces textes dans une préface que l’écrivain Frédéric Boyer a écrite pour sa nouvelle traduction poétique des évangiles (publiée par Gallimard en 2022). Pourquoi pas.

Si vous le désirez, vous pouvez aussi vous lancer sans autre préparation dans la lecture d’un évangile, cela prend environ trois heures. Si, chemin faisant, vous aviez une question sur un passage, ou une liste de plein de questions glanées au fil des pages, vous pouvez m’envoyer un petit mail, j’essayerai de vous proposer une réponse (parmi d’autres possibles, sans doute).

Sans vouloir abuser, oserais-je vous proposer de lire au moins deux des quatre évangiles, par exemple Matthieu et Jean, cela permet de sentir la variété de ces témoignages, et cela aussi nous invite à nous sentir libre de retenir ce qui nous inspire le plus. Que nous soyons croyant, pas croyant ou en recherche, ces trésors du patrimoine de l’humanité valent le détour.

par : pasteur Marc Pernot

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