Perspective : « Mais monsieur, le péché, ça n’existe pas ! »

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5 réponses

  1. François dit :

    C’est vrai que Jésus annonce le pardon de Dieu. Seulement, le concept même de pardon n’a de sens que s’il y a un problème, un manque, à la base. Sinon, cela n’aurait même pas de sens de parler de pardon, il suffirait de parler d’amour.

    Ensuite, désolé, mais ce n’est pas factuellement vrai qu’en Christ, le péché et le pardon soient toujours associés. Par exemple :
    • Matthieu 18,15 Jésus dit : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. »
    • Marc 3,29 Jésus dit : « quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon: il est coupable d’un péché éternel. »
    • Jean 8,21 Jésus dit : « Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais. »
    • Jean 9,41 Jésus leur répondit: « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste. »
    • …

    D’accord pour dire que la morale est relative et a une dimension culturelle. Cela n’empêche que dans la Bible, et particulièrement avec le Christ, il me semble qu’il y a une certaine affirmation radicale pour préférer la vie à la mort, l’amour à la haine, le respect au mépris, le service à l’indifférence. C’est vrai que le Christ n’est pas moraliste, privilégiant une éthique tenant compte de chaque cas particulier, mais cela n’est pas une relativisation de toute morale, ce n’est pas un n’importe quoi qui ferait que la notion même d’action mauvaise n’ait plus de sens. Donc désolé, mais il me semble que dire « le péché n’existe pas » est sans doute très sympathique, mais ce message me semble trompeur. Si : il y a des actes que l’on peut qualifier de pécheur, ratant la cible, pour reprendre le sens du mot péché.

    Que risque de penser une personne gravement maltraitée si l’on dit qu’il n’y a plus de péché ? Que finalement, ses années de calvaire ne sont pas grand chose, qu’elle fait bien des histoires avec son traumatisme lancinant ?
    Comment le coupable de traumatismes peut réagir si on lui dit qu’il n’y a pas de péché ? Que finalement ce n’est pas si grave, etqu’il a bien fait de prendre cela à la légère ?

    Pour avancer, il vaut mieux appeler un chat un chat. Si Dieu aime la personne humaine, même pécheresse, il hait le péché. Parce qu’il est source de mort. Je dirais dont que si, le péché existe, et qu’il est horrible. Peut-être pourrait-on dire qu’en Christ il n’y a plus de pécheur, il n’y a plus que des personnes humaines à soigner, et si possible qu’elle commette moins de péchés. Et prenne conscience de ses responsabilité, de sa vocation, de sa capacité à faire le bien plutôt que le mal… avec l’aide de Dieu.

    • Marc Pernot dit :

      J’aime beaucoup votre « il n’y a plus de pécheur » car toute personne est d’abord une personne sous le regard de Dieu, et il ne confond pas la personne avec ses péchés.
      Reste les conséquences des péchés à gérer pour soigner les victimes, reste le pardon à faire sentir au coupable, et les racines de ces mauvais actes à soigner en lui, afin qu’il progresse.

  2. Pascale dit :

    Pour répondre à la question posée à la fin de l’article, à mon sens, si la visée ultime de notre vie est l’amour de Dieu, du prochain et de soi-même, le péché se définit comme ce qui fait obstacle à ce triple but. Ce n’est alors pas une liste de choses à ne pas faire, quand bien même elle serait personnelle, puisqu’une même action peut être, selon les circonstances, un manque d’amour, comme un acte d’amour ou ni l’un ni l’autre. J’irais jusqu’à dire que le péché ne peut se définir qu’à partir de ce que l’on est à un moment donné de sa vie. Si quelque chose nous est pour le moment totalement impossible, il est inutile alors de se le reprocher et on ne devrait regretter que ce qu’on n’a pas fait et qu’on aurait voulu et pu faire. Cela demande un discernement permanent dont la Bible n’est qu’un élément parmi d’autres. Lorsque ce discernement se fait devant Dieu dans la prière, je l’appellerais repentance ; c’est vraiment utile, non pas pour obtenir un pardon qui nous est déjà donné, mais pour faire un pas de plus vers notre visée ultime.

  3. Marc Pernot dit :

    Peut-être qu’il convient de définir le péché, au contraire, non à partir de ce que l’on est soi-même, mais à partir de l’autre. C’est peut-être précisément cela qu’est la fin de l’égocentrisme. Si je suis infidèle à l’autre ou à l’Autre, si je le blesse, il y a un problème. Et même si cela m’était impossible de faire mieux, il me semble que cela vaut la peine de regretter et de se reprocher, ne serait-ce que pour le dire à l’autre que j’ai blessé, non ? Et pour progresser moi-même. Pour faire un pas de plus vers notre visée ultime, comme vous dites.

    • Pascale dit :

      Oui, bien sûr. Je voulais en fait distinguer la notion de péché qui porte une réelle responsabilité ou culpabilité, du mal causé à autrui qu’il ne faut jamais nier mais, dans la mesure du possible essayer de soigner et cela quelque soit notre propre responsabilité.

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