Une question me taraude : voilà j’ai du mal à être bon !

Par : pasteur Marc Pernot

Un oiseau décolle depuis la surface de l'eau - Photo de Mark König sur https://unsplash.com/fr/photos/NIU1mtlI0uM

Question d’un visiteur :

Bonjour
Merci beaucoup pour vos réponses extrêmement intéressantes. Une question me taraude : voilà j’ai du mal à être bon, c’est à dire je donne pas assez, pas assez de partage, pas assez d’ouverture aux autres, trop de jugements, pas assez de pardon…
C’est dur d’être chrétien et culpabilisant de ne pas être à la hauteur? qu’en pensez-vous?

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Bravo de vouloir devenir meilleur. C’est vraiment l’idée de ce que nous propose Jésus, de ce qu’il nous offre avec un double don : celui de nous offrir un magnifique idéal (Dieu) et de nous donner les moyens d’avancer vers cet idéal (en nous en donnant les occasions, la motivation, les semences et la force…).

Mais il n’y a vraiment pas à se culpabiliser. Ça, cela ne fait pas partie du programme ni de la pédagogie de Jésus. Au contraire. Vous pouvez voir cette question : Dieu nous prescrit un idéal inaccessible, c’est cruel et pervers ?

Le sentiment d’être insuffisant vous honore, il est normal, car nous sommes ainsi en tension entre la terre et le ciel, entre l’animal que nous sommes et l’enfant de Dieu que nous sommes aussi. Comme un ampoule marche à cause d’une différence de tension entre ses deux bornes, notre génie nait de cette tension féconde (qui n’est pas nécessairement une tension stressante) entre Dieu et ce monde.

Bien sûr, on peut, ou pourrait toujours faire plus, mais c’est déjà un miracle de faire un peu quelque chose de bien de temps en temps. La prière est un bon moment pour faire un peu le point sur ce qui a été bien dans notre journée (pour s’en réjouir et pour que cette méditation participe à notre bonne évolution) : une belle chose qui nous est arrivée, une personne rencontrée, une nouvelle, une belle chose que nous avons pu faire, un bon sentiment).

Bien sûr il est bon aussi de prier dans la repentance, mais ce n’est pas pour se culpabiliser mais plutôt pour :

  1. pour mettre des mots sincèrement sur ce qui s’est passé (devant Dieu qui est toute bienveillance pou rnous, cela nous aide).
  2. pour nous demander s’il y a quelque chose qui pourrait réparer un peu ce qui a été fait (ça ne l’est pas toujours, bien sûr), mais chercher ce que l’on peut faire pour notre victime.
  3. pour commencer à faire tomber notre colère et notre déception sur nous-mêmes,
  4. pour travailler sur notre propre évolution en s’ouvrant à l’aide de Dieu qui s’y connaît en évolution, et qui pourra ainsi travailler là dessus la main dans la main avec nous.
  5. mais une fois que ce qui a pu être fait a été fait, il faut laisser reposer l’action de Dieu, ne pas revenir encore et encore dessus, ce serait comme un agriculteur qui après avoir défriché et labouré son champ, a laissé le semeur passer, mais vient encore chaque jour recreuser les sillons. Ça n’avancerait pas. Donc arrêter de ressasser nos fautes sans cesse, ou plutôt espérer ne plus revivre sans cesse la faute passée dans une culpabilité qui ne fait rien avancer…

Donc d’accord pour reconnaître nos fautes et faire ce qu’il faut pour aider nos victimes, c’est essentiel. Et d’accord pour chercher à nous améliorer, mais sans être trop sévère dans notre progression. Tout vrai travail de construction se fait dans le temps, jamais comme un coup de baguette magique. Il est bon de chercher à avancer sur 1% de nous-mêmes qui est le plus « perdu » nous dit Jésus dans la parabole de la brebis perdue (Luc 15). Pour le reste, il vaut apprendre à vous aimer un peu vous-mêmes, à 99% pourcent, et laisser de l’espace à cette plutôt bonne part de nous-même. Car c’est aussi un commandement donné par Jésus quand il dit « aimez Dieu… et ton prochain comme toi-même ». Par exemple vous pouvez remarquer que vous avez du mal à être bon, d’accord, mais aussi qu’il y a en vous un vrai désir d’être bon, et de temps en temps un acte de bonté, de partage, d’ouverture & de pardon.

Mais pour être capable de s’apprécier ainsi à sa juste valeur, la prière aide vraiment, et de nous sentir reconnu comme digne d’être aimé par un expert : Dieu, et de se laisser encore élever par ce créateur. Comme le dit l’apôtre Paul, dans son style particulier :

Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair: j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi: quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Misérable que je suis! Qui me délivrera de ce corps de mort?… Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!
(Romains 7:18-25)

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

PS. Voir aussi cet article : Le christianisme n’est-il pas une religion totalement irréaliste ?

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