Quelle différence entre Sadducéens et Pharisiens du temps de Jésus ? Ne sommes-nous pas un peu pharisiens ?

Par : pasteur Marc Pernot

un jeune juif priant au mur des lamentations - Photo by Joshua Sukoff on Unsplash

Jésus était juif, et a connu ces murs du temple de Jérusalem

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Pouvez-vous me dire la différence entre sadducéens et Pharisiens ? Surtout qui étaient du temps de Jésus ? Ne sommes-nous pas pharisiens à nos heures ?
Merci beaucoup.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo de vous intéresser à la Bible.
Je ne suis pas un spécialiste de la question historique, à vrai dire.

  1. Les Sadducéens me semblent être assez branchés religion du temple. C’est ce qui importe. Le temple terrestre et la transcendance de Dieu. Ils ne s’intéressent pas trop à la vie dans l’au-delà, ce qui est assez fidèle à la Bible Hébraïque au demeurant.
  2. Les Pharisiens, contrairement à ce que l’on pense parfois, était très consacrés à l’observance personnelle, intime, à la réflexion personnelle, à l’étude de la Bible, à l’éthique. La synagogue est importante pour eux, peut-être plus que le grand Temple et sa religion religieuse. Du coup ils s’intéressent à la vie future. Bien entendu, il y avait des intégristes dans leurs rangs, qui apparemment cassent les pieds de Jésus. Cela peut laisser supposer que Jésus avait été formé dans leurs rangs.
  3. Il y avait aussi les Esséniens, dont le cousin de Jésus semble issus, il est presque comme un moine du désert. Ce n’est pas le cas de Jésus qui ne rechigne pas à honorer de sa présence de bons repas et a inventé comme geste testament de boire un coup de vin avec ses amis.
  4. Il y avait aussi les zélotes, un parti nationaliste judéen potentiellement prêt à prendre les armes contre l’occupant romain. Il y an avait parmi les disciples et même mes apôtres de Jésus. Ils vont être déçus quand Jésus acclamé comme roi le jour des rameaux file au temple de Jérusalem insister sur la relation personnelle de toute personne avec son Dieu. Les zélotes l’imaginaient plutôt tracer sa route droit sur la palais du gouverneur de la ville et la prendre de force.

En disciples de Jésus, je pense que nous serions peut-être :

  1. un petit peu pharisiens sur les bords, c’est vrai mais se sentant très libre vis à vis des préceptes religieux pour privilégier le service des ceux qui en ont besoin, la prière personnelle, l’interprétation hardie de la Bible…
  2. Jésus était pratiquant, il allait aussi de temps en temps au temple, en le suivant nous sommes donc peut-être un peu Sadducéen, mais pas tellement, en fait. Pour lui, la pratique religieuse n’était pas un but, ni un somment pour l’humain, mais un simple moyen au service du développement de l’humain et de l’humanité (il dit « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » Marc 2:27)
  3. Jésus ne se met à l’écart que le temps d’une prière (qui peut prendre une nuit), mais il n’est pas du tout du genre Essénien à se couper du monde. D’ailleurs, dans sa prière de Jean 17 il dit qu’il n’espère pas nous voir sortir du monde. Mais peut-être que nous pouvons être un peu Essénien dans la prière personnelle intime, donc, à laquelle nous appelle Jésus, et dans l’étude personnelle de la Bible.
  4. Nous ne sommes pas du tout zélotes, je pense, à la suite du Christ, qui ne nous appelle pas à faire preuve de violence. Bien sûr. Mais c’est vrai que c’est une tentation qui est tapie à notre porte à tous, croyants comme incroyants…

Donc un peu Pharisiens sur les bords, c’est pas mal. Mais alors un Pharisien à l’esprit ouvert.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. dauphin_2021 dit :

    Il y avait aussi les Thérapeutes en Égypte, et les juifs hellénisés comme Philon d’Alexandrie, né quelques dizaines d’années avant Jésus, et sans doute influencé par les Thérapeutes, et cherchant à faire la synthèse entre la Bible hébraïque et des pans entiers de philosophie grecque antique, comme des écrits de Platon ou néoplatoniciens, des écrits des philosophes stoïciens et parfois des écrits d’Aristote. Il est aussi sans doute un des premiers à avoir pratiqué une interprétation allégorique de la vie des personnages de la Bible. Ce type d’interprétation allégorique aura plus tard du succès auprès de certains Pères de l’Église. Philon a peut-être aussi influencé la rédaction de l’Évangile de Jean, notamment le prologue sur le Logos, idée présente maintes fois chez Philon. Voir à ce sujet l’ouvrage « Les idées philosophiques et religieuses de Philon d’Alexandrie » d’Émile Bréhier, disponible en ligne : https://archive.org/details/lesidesphilosoph00brhi
    Selon Matthieu 2:13-15, Joseph et Marie fuient le risque de persécution d’Hérode. Il se pourrait donc que la famille et l’entourage de Jésus aient été influencés par les juifs hellénisés d’Égypte, plus ou moins proches de la communauté d’Alexandrie, des Thérapeutes ou de Philon.

    Jésus était peut-être aussi un libre penseur, hors courants, hors dénominations, hors regroupement, mais allant à la synagogue.

    Concernant les zélotes, et les insurrections violentes, cela a malheureusement eu pour conséquences des guerres de répression ultra-violentes, la disparition sans doute de certaines branches du judaïsme antique et du proto-christianisme ou d’intermédiaires entre les deux. Chez les juifs, seul le courant pharisien y survivra apparemment, et évoluera vers le judaïsme talmudique contemporain, le Talmud donnant des clefs d’interprétation de la Bible hébraïque. Voir aussi les pages wikipédia suivantes, notamment les paragraphes sur les conséquences sur la répression du mouvement chrétien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Kitos, https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_jud%C3%A9o-romaines

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