un enfant avec des moufles en laine offre un cœur fait avec de la neige - Photo de Mara Ket sur https://unsplash.com/fr/photos/17yojkc2so4
Ethique

A propos d’un article de l’agence de presse protestante sur le suicide assisté. Suffit-il d’être vieux pour y avoir droit ?

Par : pasteur Marc Pernot

un enfant avec des moufles en laine offre un cœur fait avec de la neige - Photo de Mara Ket sur https://unsplash.com/fr/photos/17yojkc2so4

Question très délicate, clivante, viscérale, épidermique, sensible.

Question posée :

Pour info, mon cher, et bonsoir.

https://www.protestinfo.ch/ethique/2023/03/suffit-il-detre-vieux-pour-avoir-droit-exit-suicide-assiste-sante-vieillesse

Ton avis m’intéresse, of course.

Je ne sais si tu es abonné aux articles de l’agence de presse Protestinfo (www.protesinfo.ch), mais tu peux…

Bien à toi et à ton épouse.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Merci pour cet article et pour cette question. On peut en discuter.

Même si je sais que cette question très délicate, clivante, viscérale, épidermique, sensible. Donc, il s’agit d’une réponse très personnelle, en tant qu’homme, et en fonction de mon propre vécu de pasteur accompagnant des personnes dans bien des situations. Vous avez peut-être un autre vécu, une autre sensibilité. Je le comprends tout à fait.

Je suis personnellement très réservé sur le travail d’Exit. A franchement parler.
Sa doctrine énoncée ici me semble révélatrice : « Nous n’aidons pas les gens qui n’ont rien. Il faut être atteint dans sa santé »
Je ne suis pas certain que cela ait un sens. Quand une personne qui demande à mourir, peut-on dire qu’elle « n’a rien » ? Et qu’est-ce que « ne pas être atteint dans sa santé » en ces temps où il nous semble « normal » rien de moins que le zéro défaut ?

  • J’ai dû arrêter la course à pieds (que j’adorais) à 40 ans car cela me donnait mal au genoux. Dès ce moment là, j’ai été atteint par l’âge, dans ma santé, au sens propre. Qui donc, « n’a rien », n’est absolument pas atteint dans sa santé au delà de 60 ans ? La plupart des retraités ont plusieurs points de vigilance quant à leur santé. Ce critère me semble donc être de la poudre aux yeux. Je suis d’accord pour l’assistance au suicide, ou une sédation qui s’en approche, en cas de terribles maladies en state terminal, mais l’argument évoqué ouvre la porte à à peu près n’importe quoi.
  • Appeler « aider » une personne le fait de la tuer me semble être spécieux. Bien des personnes expriment, en particulier à leur pasteur, le fait d’en avoir assez de vivre. Mais aussi à leurs proches. Cela appelle à la compassion. Vraiment. Cela dit une détresse. La plupart des fois il me semble que c’est un appel au secours, une façon de demander plus d’affection, de soins, d’attention. Parler d’en terminer avec sa vie est une façon de crier son appel à l’aide, alors que la honte nous donne plutôt envie de le chuchoter à une oreille amie. Donc « aider » la personne qui exprime en avoir assez de vivre, ce me semble être dans l’immense majorité des cas prendre soin de la personne, pas de la tuer. L’aider c’est prendre du temps pour elle, c’est faire que la personne nous apporte quelque chose et qu’elle le sente.
  • Il arrive à tout le monde, jeune ou vieux, malade ou en bonne santé d’avoir un passage à vide, on voit alors tout en noir, tout espoir nous a abandonné. La dépression ou le désespoir, l’angoisse sont des maux assez répandus, cela se soigne la plupart du temps très bien. Et de très bonnes années, de très bonnes dizaines d’années, quantité de bonheur, de belles choses apportées aux autres peuvent encore être vécues. Je me souviens d’une femme en fauteuil roulant géniale, joyeuse et aidant tout plein de monde : quelques années plus tôt elle avait perdu l’usage de ses jambes dans une tentative de suicide. Alors je suis ravi pour elle et pour le monde qu’elle soit sortie de ce temps de détresse, c’est quand même bien dommage qu’elle n’ait pas retrouvé le moral tout en gardant ses jambes, car c’est quand même bien pratique. Mais si on lui avait dit : on comprend tes souffrances psychologiques insupportables, on va t' »aider » à te supprimer : cela aurait été un immense gâchis, dans ce cas, il me semble que cela aurait été en réalité respecter et aider la maladie, au détriment de la personne victime de la maladie.
  • Le libre consentement de la personne est à entendre et à respecter infiniment, ce n’est pas pour autant que cet avis doive être seul déterminant. La personne humaine n’est pas une île, elle est un animal social. Nous ne sommes pas propriétaire de notre vie, je dirais que nous en sommes seulement un copropriétaire très important. Copropriétaire d’abord avec eux qui nous aiment (si nous avons la chance d’en avoir), mais aussi copropriétaire avec la société. Pour les proches, un suicide est un acte très violent, bien plus qu’un accident, car même si ce n’est pas la volonté de la personne : le suicide d’un proche est ressenti par les proches comme un abandon. Et ça fait très mal. Cette violence extrême fait très très mal à chaque personne qui nous aime (et ne fait rien aux personnes qui nous ont fait du mal). Alors peut-être que la personne en détresse n’a plus les forces de porter cela en plus de sa maladie (pauvre, pauvre est-elle) : il est essentiel de penser à elle  + il est bon de penser aussi à la détresse de son entourage, ce n’est pas rien du tout.
  • En ce qui concerne la société, nous sommes fiers d’être dans une république qui a pour philosophie (tirée de l’Evangile, à mon avis), d’accorder une dignité égale à toute personne, à toute vie, même diminuée. C’est un privilège extraordinaire, avec un coût que la république a choisit et s’honore d’assumer. Car c’est hyper important. Cela dit qu’une personne handicapée est une personne tout autant qu’une personne « qui n’a rien ». Quand une personne dit qu’elle ne trouve pas sa vie digne d’être vécue car elle est diminuée, qu’elle ne veut pas coûter si cher à la société alors qu’elle trouve ne plus servir à grand chose… c’est touchant et compréhensible pour elle. Mais cette personne ne peut pas empêcher que son opinion (censément pour elle seule) dise quelque chose aussi sur les autres personnes handicapées. Car nous sommes un corps. Et ce que le suicide dit aux personnes pas très en forme c’est quelque chose d’assez péjoratif sur la dignité de leur existence et leur laisse penser qu’elles pèsent sur la collectivité (alors qu’elles permettent à la société de s’honorer de les aider). C’est ennuyeux que cette personne manifeste cela mais on ne peut pas lui en vouloir, bien entendu. Par contre, il me semble que c’est infiniment plus dommageable quand des personnes, quand des associations et même quand la collectivité soutiennent ce genre de démarche.

Il me semble que Exit va donc un peu trop vite en besogne en acceptant d’accéder à la demande d’un certain nombre de personnes.

Je ne suis pas contre le fait de permettre une interruption de la vie dans l’absolu, mais je réserverais ce genre de traitement à des cas extrêmes.

Bien fraternellement

par : pasteur Marc Pernot

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6 Commentaires

  1. Yveline dit :

    Je trouve le pasteur plus défensif et moins profond que d’habitude …. Il s’agit de ceux qui subissent des douleurs intenses qu’on ne sait pas soulager , c’est très grave . Seule la personne impactée doit pouvoir décider si elle peut continuer ou non , et l’ aimer c’est alors l’aider comme elle le demande , pas impulsivement, bien sûr .
    Supporter la douleur extrême d’un proche …ne pensez- vous pas que c’est bien pire que le perdre ? Tout ça est affaire de conscience et de relation intimes , personnelles , et pour nous dans la prière , la relation à Dieu , que la société s’honorerait à mon avis de respecter . Et les églises qui en sont une partie aussi.

    1. Marc Pernot dit :

      Je suis d’accord avec ce que vous dites, et c’est ce que je dis en conclusion. Mais j’ai vu des cas où il me semble qu’il y avait des abus, et je trouve cela très triste aussi. Cette expérience rejoint celle du pasteur interviewé dans l’article.
      Mais je savais que ce sujet était très délicat.

  2. Rosset Claire-Lise dit :

    Bonjour,

    Je ne sais pas si vous connaissez les deux tableaux de Carlos Schwabe qui sont exposés au Musée d’art et d’histoire à Genève devant lesquels je pourrais passer des heures :

    1.- La Douleur
    https://collections.geneve.ch/mah/oeuvre/la-douleur/cr-0159

    2.- La Vague (laquelle fait référence au psaume 42 : toutes tes vagues et tes flots ont passés sur moi)
    https://collections.geneve.ch/mah/oeuvre/la-vague/cr-0161

    La Douleur envahissante, celle qui arrache des larmes d’impuissance , tant nous ne sommes que douleur. Réduits à rien, si ce n’est la noyade dans la souffrance qui dépasse nos capacités physiques et psychiques d’y faire face.

    Dans notre médecine hypertechnicisée, on peut nous maintenir en vie en nous rendant inerte en s’acharnant à nous faire végéter. Mais à quel prix. Peut-être est-ce mieux de ne pas soulever les draps pour ne pas voir les escarres.

    La notion d’ « Acharnement thérapeutique « ne veut rien dire. La définition en est :
    « Application obstinée d’un traitement qui n’apportera plus de bien-être au patient » ( ce n’est plus de la médecine)

    J’avais écrit en 2018 où je lisais les livres du Dr Borasio, spécialiste en soins palliatifs avant de rédiger mes directives anticipées, voyant ma santé se dégrader :

    « La perspective de ma propre mort

    « A noble death glorifies a life  » (Acte II, Zelmira, Rossini)

    « O Herr, gib jedem seinen eignen Tod.
    Das Sterben, das aus jenem Leben geht,
    darin er Liebe hatte, Sinn und Not.»

     » Seigneur, donne à chacun sa propre mort.
    La mort qui est enfantée de cette vie
    Où il connut l’amour, le sens et la détresse. »
    (Rainer-Maria Rilke)

    (Mourir, ce que l’on sait, ce que l’on peut faire, comment s’y préparer, Gian Domenico Borasio, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2017, p. 130)

    Chacun a son idée sur sa propre finitude. C’est la maladie qui nous renvoie à ces questions existentielles, surtout quand on sait que notre temps est compté. Je n’ai pas de réponse à ces questions qui font débat dans notre société qui est obligée de ne plus nier la mort avec la pandémie, sans parler du « cas » médiatisé de Vincent Lambert.

    La question est avant tout : qu’entends-tu par le mot VIE ?

    (Si cela vous intéresse :
    Livres de Gian Domenico Borasio , professeur ordinaire en médecine palliative à Lausanne :
    1.- L’autonomie en fin de vie
    2.- Mourir )

    Bien à vous et à vos réflexions personnelles sur ce sujet si délicat
    Claire-Lise Rosset

  3. Pascale dit :

    Je pense que sur cette question, il ne faut pas sous-estimer, même si c’est bien entendu compliqué à évaluer, l’impact que peut avoir ce désir de liberté individuelle de certains, certes tout à fait légitime, sur la mentalité collective, et qui peut finalement conduire à une réduction du choix pour d’autres. Je ne parle pas des diverses situations extrêmes, où la vie biologique devient parfois toute puissante au détriment de tout le reste, et pour lesquelles, sauf opposition de principe, le consensus est assez large, mais simplement de l’idée selon laquelle chacun devrait pouvoir décider de ce qu’il fait de sa vie (il ne faut pas se leurrer, c’est à mon avis bien vers cela qu’on tend). Il risque d’y avoir à un moment un effet boule de neige et en multipliant les situations où l’on peut avoir recours à un suicide assisté on finira tôt ou tard par le banaliser, par intégrer collectivement que c’est la solution à bien des maux. Peut-être verra-t-on alors moins l’intérêt essentiel à développer, et à en assumer le coût, des soins palliatifs de qualité ou tout simplement des dispositifs d’aide aux personnes en grande perte d’autonomie. Quitte à provoquer un peu, je me demande si on en viendra un jour à devoir s’excuser ou à culpabiliser de vouloir continuer à vivre malgré plusieurs handicaps lourds. Le manque de moyens, la pression sociale, voire familiale, peuvent réduire la possibilité d’un vrai choix, d’autant plus lorsqu’on est déjà dans une situation d’extrême fragilité.

  4. Lili dit :

    Merci de ne pas hésiter à proposer un sujet existentiel si troublant et difficile. Comme vous dites, on peut en discuter.
    Pour rebondir sur votre dernier propos,
    «Je ne suis pas contre le fait de permettre une interruption de la vie dans l’absolu, mais je réserverais ce genre de traitement à des cas extrêmes.» : il semble que dans ce cas, le problème du suicide assisté ne se pose que faiblement. Si la personne se trouve dans une situation irrémédiable, très malade, souffrante et en fin de vie réellement et si elle est encore capable de formuler son avis ou l’a déjà formulé, par humanité, il n’y aurait que peu d’opposition à lui accorder cette possibilité d’abréger le peu de temps qui resterait.

    Il est vrai que la vie ne nous appartient pas au sens propre du terme puisque nous ne nous la sommes pas donnée à nous-mêmes mais plutôt il semble que nous participions à la vie et en dernier ressort, c’est celui qui y participe qui devrait avoir le dernier mot sur cette participation, celui qui a et/ou est ce corps vivant. Et il devrait pouvoir choisir de renoncer à cette vie – parce que c’est son vécu à lui et que personne ne peut le vivre à sa place, que ce vécu est constitué d’une histoire qui aura construit quelle fin lui convient selon le rapport qu’il a entretenu avec sa vie et avec sa mort. Ce rapport n’est pas contestable si on considère que c’est un sujet libre qui l’exprime. Invoquer une autre détermination que la sienne propre est bien étrange. Pour moi, son avis doit être seul déterminant en dernier ressort, ce qui n’interdit pas, bien au contraire, d’observer si ce désir est bien réel. en écoutant ce que la personne a à dire comme le fait remarquer l’aumônière catholique et en l’accompagnant du mieux possible.

    Cela ne remet pas en cause la valeur infinie de la vie en général, encore moins la sienne. Je crois même que l’on peut accepter et supporter plus sereinement de vieillir ou d’être malade dans des conditions difficiles si on sait que lorsque nous ne trouverons plus cela supportable physiquement ou psychiquement, et quelque soit notre âge, nous pourrons décider du moment final, si nous le voulons. Face à un tel absolu, les considérations sociales, familiales, économiques ou autres se dissolvent d’elles-mêmes ou restent secondaires. On peut craindre c’est vrai des dérives et qu’on accorde cette assistance sans trop regarder. Et pour des raisons malsaines. Oui. Mais je ne serais pas aussi pessimiste quant à l’avenir parce que, égoïstement, nous savons que nous pouvons, chacun, nous-même ou nos proches, être confrontés à ce problème car nous vieillirons tous ou serons malades avant ou les deux plus probablement. Et le législateur est un homme comme les autres sensé viser l’intérêt général. Globalement, même si les choses ne sont pas toujours roses dans nos sociétés, elles vont tout de même dans le sens d’une protection élargie aux plus faibles (prise en compte du handicap, aides et droits sociaux multiples, CMU, assurance chômage, minimum vieillesse, etc…) qui reste bien sûr perfectible. Sur un autre plan, on aurait pu craindre que dans le domaine pénal l’application de la peine de mort soit distribuée à tort et à travers et serve à réguler la surpopulation carcérale ainsi que son coût social. Or on aboutit de plus en plus – et c’est tant mieux – à son abolition.

    Pour autant, ce n’est pas « tuer la personne » (je vous trouve plutôt dur avec cette formule), ce n’est pas un assassinat puisque cet acte doit relever du libre consentement de la personne. Qui n’est pas une île de son vivant, oui, peut-être, et encore. Mais devant la mort, je crois quand même que chaque personne est précisément comme une île, affrontant ce que personne n’a jamais affronté. C’est vrai aussi que la perspective d’un médecin zélé apportant sans discernement des produits létaux à ses patients fait frémir et doit à tout prix être évitée. Là pour le coup, ce serait tuer la personne. Le cadre juridique doit donc être durci pour éviter de gravissimes dérives ce qui est compatible en théorie avec une ouverture à des cas plus larges s’ils sont bien encadrés.

    « dans ce cas, il me semble que cela aurait été en réalité respecter et aider la maladie, au détriment de la personne victime de la maladie » : je vous rejoins entièrement car tout, d’abord, doit être fait pour sauver le désir de vivre dans une personne sachant que sa volonté d’en finir peut n’être que passagère ou même comme vous le dites s’avérer être un appel au secours, une demande de vivre et non de mourir. La confusion serait terrible. Mais ce n’est pas toujours possible.

    Le problème sera autre si la personne âgée n’est pas très malade, ni mourante mais se sent « basculer » et préfère partir – presque mourir en forme – avant de perdre toute autonomie. Noëlle Chatelet a écrit un livre très, très émouvant : « La dernière leçon » sur ce sujet, concernant le suicide assisté de sa maman (90 ans). L’opposition familiale apparaît nettement à plusieurs moments. Et ce sera plus problématique encore si la personne est jeune, comme Vincent Humbert, et pire si elle ne peut plus donner son avis, comme cela a été très controversé au sujet de la fin de vie de Vincent Lambert, comme le rappelle Claire-Lise plus haut.

    L’article joue par ailleurs de façon ambiguë sur le sens de « la bonne santé » sans définir ce que cela peut être. Comme si certaines cases bien cochées vous assuraient la bonne santé, sans se demander si la bonne santé ne réfère pas plutôt à un état général en rapport avec le vécu de la personne. Une aumônière invoque une femme âgée, « sourde, aveugle mais en bonne santé » considérant qu’un polyhandicap n’affecte pas « la bonne santé ». C’est plus que de la mauvaise foi. Parce que être en « bonne santé », sourde et aveugle, merci bien. Pour moi, cette bonne santé-là, ce sera non.

    Il y a longtemps, j’ai vu un jeune quarantenaire dont tous les organes fonctionnaient très bien, donc en « bonne santé ! », mais l’ablation d’une tumeur cérébrale empêchait l’accès à toutes ses fonctions et de façon irréversible. De ce fait, il ne voyait plus, ne contrôlait plus du tout son corps ou très peu, restait la plupart du temps dans un lit d’hôpital, tenait des propos à peu près incohérents toute la journée, et rapidement ne reconnut plus réellement personne. Plus aucune discussion sensée n’était possible même en s’y essayant tous les jours. Je ne suis pas sûre qu’il aurait apprécié de se voir ainsi, ni qu’il aurait eu envie de continuer à vivre de cette façon les deux années qui ont suivi si on lui avait posé la question et s’il avait pu y répondre. Ensuite, bien sûr que cette vie restait digne en tant que telle, je suis bien d’accord. Mais pour cette personne, si créatrice, si douée de ses mains, à la conversation si brillante, cette dignité n’aurait sans doute pas suffi à vivre. D’ailleurs, je ne vois pas très bien le rapport entre la dignité et la qualité de la vie d’une personne qui en est seule juge. Et l’impuissance de ceux qui assistent à cet état des choses n’est pas sans conséquences sur leur vie, tant est brutal le face à face d’une telle impasse, tant on se sent seul – et si longtemps – face à cette situation qui n’a pas de sens. J’imagine que cela doit être bien pire s’il s’agit d’un enfant ou d’un adolescent, d’un jeune adulte. C’est pourquoi rédiger des directives anticipées peut relever d’une sage décision, oui.

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour cette façon de voir qui diffère sur plusieurs points de la mienne, et qui en cela apporte un autre point de vue, ce qui enrichira certainement la réflexion de chacune et chacun.

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