Pourquoi lorsque je prie, à chaque fois, j’ai envie de bailler ? Ça me le fait lorsque je prie seul.

Par : pasteur Marc Pernot

nouveau-né baillant - Photo by Tim Bish on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour
Je cherchais une réponse à ma question et je suis tombé sur votre site.
Ma question est pourquoi lorsque je prie à chaque fois j’ai envie de bailler. Ça me le fait plutôt lorsque je prie seul , si je prie dans un culte pour louer Dieu ça me le fait pas. Merci de votre réponse et que Dieu vous bénisse.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour
Je pense que c’est dû au fait que la prière vous détend profondément, que vous vous sentez en confiance avec Dieu. Cela me semble tout à fait positif, et sain.

La prière en groupe est tout autre chose que la prière dans l’intimité, sans témoin. Car l’humain est ainsi fait qu’en groupe il pense à la façon dont il sera considéré par les autres (l’homme est un animal social, pas seulement un animal spirituel), cela engendre une tension, et une distorsion de notre pure relation à Dieu.

Alors que la prière dans le secret de sa chambre, comme le recommande Jésus (Matthieu 6:6), est une prière cœur à cœur, faite peut-être de paroles mais aussi de silence, de méditation sur la personne de Dieu, une méditation devant Dieu sur qui nous sommes, ce que nous vivons, espérons, projetons. Un travail avec Dieu, en confiance. Cela est bien propre à de détendre des tensions de la vie dans ce monde ; à s’ouvrir, au sens figuré, spirituel ; alors, si l’ouverture de la bouche vient accompagner par un signe visible cette ouverture du cœur, c’est très bien.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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3 réponses

  1. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    Votre question m’intéresse, parce qu’elle répond à la recherche de paix intérieure en Dieu par cette ressource qu’est la prière.

    L’apaisement intérieur comporte deux éléments principaux :

    1.- La régulation émotionnelle

    Le centre des émotions dans notre cerveau se situe dans les amygdales G et D, deux petites amandes situées dans notre lobe temporal.
    Quand on a peur, les amygdales sont dans un état d’hyperactivation empêchant tout processus de réflexion.

    Notre réaction immédiate comporte trois modèles possibles :
    a) la fuite (flight)
    b) l’agressivité (fight)
    c) l’était de sidération, le figement par la peur (freeze)

    2.- La sécurité affective
    Quand vous êtes dans un environnement stressant, violent, vous êtes sans cesse en état d’hypervigilance. La sécurité affective fait défaut pour vous sentir apaisé.

    3.- La prière

    Or, que fait la prière en un Dieu bienveillant, consolant, aimant ? Elle déjoue la peur, elle donne une sécurité affective qui apaise et rend heureux.

    Il n’est donc pas étonnant que, neurobiologiquement et spirituellement, dans le secret de votre vie avec Dieu, la prière apporte un apaisement qui
    vous donne envie de bailler.

    On a beaucoup évincé la spiritualité de la pratique médicale. Or, je lis de plus en plus les bienfaits de la spiritualité dans les états dépressifs ou inclus dans le modèle bio-psycho-social de la maladie ou comme accompagnement des personnes en fin de vie. Et je m’en réjouis.

    Quand Jésus nous dit : « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix, ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé, ni effrayé », (Jean 14 : 27), il sait bien que nous avons besoin de nous reposer sur son cœur de tendre Berger pour goûter cette qualité de paix intérieure :

    Je me couche et je m’endors en paix,
    Car toi seul, ô Eternel !
    tu me donnes la sécurité dans ma demeure. (Psaume 4 : 8)

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

  2. Ani dit :

    Bonjour,
    Je n’ai plus rien à rajouter après les réponses de notre cher pasteur et de Claire-Lise Rosset.

    Claire-Lise Rosset vous êtes psychologue ?
    Votre réponse est très complète et instructive. Merci pour cela.

  3. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    Je ne suis pas psychologue. J’ai à la base une formation paramédicale.

    Déjà, vers 17 ans, lors de mes études, je m’intéressais à la psychanalyse et à la psychologie, assurément pour comprendre un vécu difficile.

    Au fil des ans, en plus de diverses psychothérapies, dans une rage de comprendre et de me comprendre, non seulement j’ai lu des dizaines et dizaines de livres dans divers domaines psy, mais j’ai suivi diverses formations, dont certaines en auditeur libre dans une faculté universitaire de psychologie.

    La réponse que je vous ai donnée ci-dessus est donc un mix de mes cours à l’uni sur les émotions, troubles du sommeil, neurosciences affectives, développement de l’enfant, ainsi que mes nombreuses lectures de livres sur la peur au niveau amygdalien (psychotraumatologie).

    Ma réponse est aussi inspirée de la publication en anglais de Reut Gruber et Jamie Cassoff (interaction entre sommeil et régulation émotionnelle, 10 sept. 2014 :

    The interplay between sleep and emotion regulation : conceptual framework empirical evidence and future directions / revue Curr. Psychiatry Rep (2014)

    En lisant Cassoff et Gruber, je me suis posé la question :

    La recommandation d’Eph. 4 : 26 :  » que le soleil ne se couche pas sur votre colère » , n’est-elle pas aussi une question de qualité de sommeil ? On sait bien combien les émotions négatives nous empêchent non seulement de nous de nous endormir, mais fragmentent notre sommeil.
    N’est-ce pas alors préférable , au niveau de la régulation émotionnelle, de « bailler en priant  » ?

    A vous d’y réfléchir si le coeur vous en dit !

    Bien cordialement
    Claire-Lise Rosset

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