Pourquoi donner un catéchisme à ses enfants ? Faut-il les forcer ?

Par : pasteur Marc Pernot

Une jeune fille porte dans ses mains une jeune pousse et sa motte de terre - Photo by Nikola Jovanovic on Unsplash

Réponse d’un pasteur :

Les plantes, et dans une certaine mesure aussi, les animaux transmettent automatiquement tout ce qu’il faut à leur descendance par leurs gènes. Nous, non. Nous transmettons bien d’autres choses à nos enfants que seulement notre hérédité physique, c’est ce qui fait la civilisation, la culture, l’esprit d’une famille, la science, les arts. C’est ce qui fait aussi la grandeur de l’être humain et sa responsabilité. Chaque génération se préoccupant de ce qu’elle veut transmettre aux générations suivantes. Et c’est à chaque génération de savoir ce qu’elle fera de ce qui lui a été transmis, ce qu’elle adoptera et ce qu’elle réformera, et quelle sera la touche personnelle qu’elle apportera. Ou plus précisément que chaque personne apportera, ou non. Au minimum, on peut se dire qu’on ne va pas transmettre moins que l’on a reçu. Il serait triste d’être une génération qui a peu transmis, peu enrichi ce patrimoine…

Il y a une transmission, absolument vitale, c’est celle des choses spirituelles, dans le domaine de l’éthique et de la foi. Ce n’est heureusement pas à chaque génération de ré-inventer la roue ou le wifi, mais plutôt de savoir accueillir quelque chose de ce patrimoine, qu’en faire et qu’y ajouter. Dans le domaine spirituel, les choses ne vont pas non plus d’elles-mêmes, et si nous aimons nos enfants ou petits-enfants, nous pouvons leur offrir des matériaux spirituels de bonne qualité pour qu’ils puissent construire leur vie comme ils l’entendront mais avec une chance de faire quelque chose de beau de leur être et de leur vie.

Il est vrai que c’est dans la famille d’abord que ces choses spirituelles sont véhiculées, l’église apporte un utile complément, tant sur le plan des connaissances de base que sur le plan de l’éducation. Certes, nos enfants survivront s’ils ne reçoivent aucune éducation religieuse ou s’ils ne reçoivent que quelques informations sommaires. Cependant, cela les priverait d’un pan entier, immense, du patrimoine de l’humanité, ainsi que des outils fondamentaux pour la construction de soi-même, celle de l’intériorité, celle de la prière, celle de la réflexion théologique, celle de la recherche de sens de leur vie…

Faut-il les forcer à aller au catéchisme ? Comme pour tout, c’est une question de mesure de l’effort par rapport au bénéfice potentiel. Au catéchisme, il y a une bonne ambiance et un enrichissement certain, donnant des atouts pour la vie, et même pour les études. Ce n’est donc pas une terrible corvée, au contraire. D’un autre côté, c’est clair qu’une heure de catéchisme demande un léger effort par rapport à rester à la maison à jouer sur une console ou à regarder des séries. Bilan ? Faut-il inciter les jeunes à aller au catéchisme ? Il y a d’autres choses qu’on les pousse à faire, par exemple se brosser les dents. C’est une activité bien moins enrichissante que de s’occuper un petit peu de son intériorité, du sens de sa vie et d’une possible relation à Dieu. Et l’on passe plus qu’une heure par semaine à s’astiquer les dents. Avec raison. Je suis prêt à promettre que toute personne qui s’applique autant à astiquer son âme que ses dents sera dans une forme spirituelle olympique.

Dieu bénit et accompagne chaque enfant, jeune, parents (qui font ce qu’ils peuvent), grands parents (idem).

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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