Pour s’éloigner de la masturbation : il faut vous marier si vous êtes célibataire !

Par : pasteur Marc Pernot

Une petite aubergine sur fond jaune - Photo by Deon Black on Unsplash

Question d’un visiteur :

Un conseil :
Pour s’éloigner de la masturbation : il faut marier si vous êtes célibataire car DIEU dit en genèse 38:8-10 Alors Juda dit à onan va vers la femme…

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Pour un chrétien, la relation sexuelle ne peut se faire, à mon avis, que dans le cadre de ce principe fondamental donné par Paul « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui. » (1 Corinthiens 10:24) ou en Philippiens 2:4 « Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère ceux des autres ».

Par conséquent, une épouse ne peut en aucun cas être le défouloir des envies de sexe de son mari. Ce serait du viol (du « viol conjugal », ce qui est une circonstance aggravante, car infligé à une personne à qui l’on a promis devant Dieu de l’aimer et de la respecter, de la chérir). Là , oui, on pourrait parler de péché et de crime.

Par contre, la masturbation n’est pas un péché, contrairement à ce qu’affirment des prédicateurs qui prêchent cela sous influence des coutumes humaines. Les versets que vous citez en Genèse 28 n’ont rien à voir avec la masturbation, le problème dénoncé est une trahison par rapport aux devoirs d’Onan vis à vis de son frère. La masturbation peut effectivement aider une personne à ne pas imposer ses envies sexuelles à d’autres personnes quand elles n’y aspirent pas particulièrement.

Chacun sa façon d’être, son rythme, son temps et ses moments, les gestes que l’on apprécie ou non… Aimer, c’est d’abord respecter l’autre (c’est la base de la base), ensuite c’est chercher à épanouir l’autre. Le sexe peut participer à cet épanouissement de l’autre et du couple, mais uniquement quand le désir de chacune des deux personnes se rejoint pour faire un. Sinon, loin d’épanouir l’autre, on le maltraite.

Bravo d’avoir placé cette question importante devant nos yeux.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. Bonjour,

    Bonne question, tant la répression a entouré cette confusion onanisme vs masturbation durant des siècles.

    Il faut revenir au XVIII ème s. Historique de la confusion entre l’onanisme et la masturbation.

    Un médecin suisse, Samuel Tissot, a écrit un livre en 1758, intitulé « L’onanisme ». D’abord édité en latin, il a été malheureusement traduit en plusieurs langues et a été abusivement la référence médicale et morale dans toute l’Europe pendant deux siècles, soit jusqu’en 1960.

    L’origine de ce livre est que S. Tissot a vu un homme qui pratiquait la masturbation mourir de tuberculose. Donc la relation était vite faite : ce type est bien mort du péché d’onanisme, mais pas de tuberculose pulmonaire. Je connais des bacilles de Koch qui ont bien dû rigoler.

    Comme l’écrit le sexologue et psychiatre Ph. Brenot :

    « Si l’onanisme est cependant bien distinct de la pratique manuelle, la confusion s’est faite par contiguïté de sens, tous deux concourant à un même résultat : la perte de la semence. (…) Le masturbateur-onaniste est donc condamnable, au même titre qu’Onan, et condamnable à mort, car il a laissé s’échapper la vie. »

    (Eloge de la masturbation, Philippe Brenot, p. 33)

    Conjuguant la théorie à la pratique, rien – y compris les inventions et les idées les plus folles et délirantes – ne sera épargné aux enfants, aux jeunes, aux adultes pour prévenir la condamnation du vice dit d’ « onanisme » par des gens aux pratiques médicales sans scrupules.

    Suite aux théories de S. Tissot et de ses disciples, les appareils de contention les plus barbares et les plus cruels les uns que les autres, les mutilations faites aux enfants comme aux adultes, rien, ni au niveau éthique, ni réflexion sociale critique, ne va retenir cette vague répressive.
    Même Freud fut le témoin consentant et combien coupable par son silence de ces actes de mutilation inhumains exercés sur des enfants pour traiter ce vice soi-disant destructeur « pour le système nerveux ».

    Alors, comment résister au père de la psychanalyse, à Samuel Tissot et à tous leurs adeptes – y compris dans l’église -, sinon en se rangeant passivement du côté de ces combattants de l’hygiène sexuelle, mentale et morale ?

    Quant aux dégâts faits aux petits et grands martyrs, eh bien… comme Pilate, on s’en lave les mains : fallait pas, c’est pas faute d’avoir averti, encore moins prévenu, n’est-ce pas ?

    Mais où est donc le Dieu de la Vie dans cette boucherie aussi terrifiante que monstrueuse ?

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

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