Peut-on / Doit-on haïr les péchés ?

Un chevalier en armure au coucher de soleil - Image par Devanath de Pixabay

Ou comment se prendre pour le chevalier de justice, ou pas ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
es que on peut haire les péchés

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Excellente question !

Effectivement, Dieu aime le pécheur mais hait le péché. Il aime le méchant mais hait la méchanceté.

C’est donc une bonne idée de faire de même. Car nous sommes appelés à suivre Dieu.

Seulement : il est bon de se rappeler que nous ne sommes pas Dieu quand même (et tant s’en faut), cela invite à quelque prudence :

  1. Est-ce que ce qui me semble être un péché l’est vraiment ? La vie est complexe et parfois nous sommes amenés à chercher la moins mauvaises des solutions. Par exemple le divorce est une mauvaise chose, certes, cependant pour une femme dont le mari est infidèle et la maltraite, le divorce est la moins mauvaise des solutions, il y va parfois de sa vie même. Et il serait cruel et faux de dire que le divorce est dans ce cas un péché, c’est sauver une vie de la mort et de la détresse.
  2. Nous avons été élevé dans une culture, avec des codes humains de pensée sur toute sorte de chose, et cela conduit à porter des jugements hâtifs pensant que c’est la volonté de Dieu et l’enseignement de la Bible. Cela aussi mérite de la prudence et du discernement, de la réflexion, de la prière, de l’amour.
  3. Même si notre jugement est effectivement le bon, que veut dire ensuite haïr le péché ? Jésus donne à ce sujet un enseignement très sage : si tu vois une paille dans l’œil de ton frère, avant de mettre ses grosses mains dans l’œil de son prochain, il y a notre propre cas à examiner. Jésus ne nie pas que cette paille soit un péché, mais en haïssant trop activement cette paille nous risquons de faire pas mal de dégâts. Voyant cette paille et la haïssant à juste titre, elle peut nous apprendre à sentir notre propre péché, nos défauts, nos manques et nos fautes, en être vivement touché, et chercher, avec l’aide de Dieu, à commencer à travailler.
  4. Jésus nous dit en particulier « heureux ceux qui ont faim et soif de justice », cela va dans ce sens de rechercher le bien et de haïr le mal de façon active. Ensuite, Jésus ajoute « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume de Dieu est à eux » (Matthieu 5). Cela veut dire que notre combat pour la justice n’est pas à la manière d’un chevalier de justice. Plutôt à la manière du Christ. Par sa vie il a manifesté l’amour des pécheurs, et subi le mal fait par les méchants, manifestant ainsi la grâce de Dieu.

En fait, je pense que oui, l’Evangile du Christ nous appelle à haïr le mal, le péché, et à aimer les gens, aimer ce monde, aimer la vie, aimer Dieu.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *