Parfois j’ai du mal à respecter les règles bibliques concernant la médisance ou le respect des autorités

Par : pasteur Marc Pernot

chat regardant d'un air bizare - Image par Kadres de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour
Parfois j’ai du mal à respecter les règles bibliques concernant la médisance, ne pas juger, renoncer à soi-meme. Je considère même que le passage où Shaoul dit qu’il faut se soumettre aux autorités ne s’applique pas à moi et que cette règle ne doit pas forcément être respectée.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

C’est vrai que la médisance peut faire beaucoup de dégâts. Bravo de travailler là dessus. En même temps, il peut y avoir quelques rares situations où il est important quand même de dénoncer le mal.

Oui, je suis d’accord avec toi, il ne faut pas prendre les commandements bibliques comme absolus. Il est bon de les prendre comme des questions, d’excellentes questions à nous poser. Par exemple ce commandement très clair, très explicite et absolu de Jésus « Moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. » (Matthieu 5:39). A la lettre cela implique de se laisser dépouiller, voler, violer. Et même de laisser maltraiter, violer et tuer une enfant devant ses yeux, sans opposer de résistance au grand méchant. Ce serait absurde de coller ce comportement stupide, voire d’une abominable lâcheté comme étant demandé par Jésus. Par contre cette question de la juste et opportune réponse à l’agression et à la méchanceté est une excellente question et Jésus ouvre ici une ouverture sur une attitude à envisager, pour voir si elle pourrait être la meilleure dans la situation que nous rencontrons.

Il en est de même du commandement sur la paille et la poutre de Jésus nous commandant de ne pas nous mêler de la progression des autres.

Et il en est de même pour la soumission aux autorités. Il serait absurde aussi de penser que cela interdit de résister à un tyran exterminant des peuples, ou de ne pas luter pour plus de justice dans un pays, dans une entreprise. Mais là encore, ce genre de commandements nous appelle à ne pas nous précipiter comme si nous devions être le chevalier blanc universel. De prendre un temps de discernement, chercher notre propre vocation particulière, et ensuite à chercher le cheminement le plus créateur.

Bien entendu, cette capacité à discerner se développe avec l’aide de Dieu et en s’exerçant, en observant, dans l’humilité (comme tu le fais), dans la repentance s’il le faut, dans la louange parfois.

Dieu te bénit et t’accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Réponse du visiteur :

Bonjour
Quoi comme dégâts ? C’est clair qu’il faut le dénoncer !
Un moine bouddhiste a fait l’allusion entre ce commandement avec la paille et la poutre pour dire qu’avant de faire l’index des chrétiens persécutés dans le monde, il faut savoir ce qu’ils font de mal. Je trouve cela un peu stupide. T’en penses quoi ? C’est à côté de la plaque non ? Dans sa vision des choses le mal qu’on récolte est dû au mal qu’on a fait (le karma).

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Oui, cette réponse du bouddhiste ne me semble pas bonne, une basse attaque contre la religion des collègues. Si l’on aime la justice, on ne dit pas cela, car une parole juste reste juste quelle que soit la bouche qui la prononce. C’est vrai qu’il y a dans le bouddhisme le lourd poids du jugement sur la performance. On a le droit d’aimer cette façon de fonctionner (qui fait pourtant des ravages dans les entreprises et dans le monde). Vraiment heureux de vivre selon l’évangile de la grâce, de la miséricorde et de la bénédiction.

En ce qui concerne les dégâts occasionné par la médisance, je pense qu’il y a plusieurs sortes de dégâts.

  1. Si l’on fait le chevalier blanc toujours prêt à tout dénoncer, en quelque sorte c’est ce prendre pour Dieu, ce qui est source de dégâts spirituels pour ce justicier. Notre vocation est limitée, elle est à discerner.
  2. Comme le rappelle la parabole de la paille et de la poutre, notre discernement est limité par notre petitesse et notre point de vue limité, par conséquent, nous risquons de faire pas mal de dégâts dans l’œil de notre prochain en trifouillant dedans, en n’y voyant pas trop clair avec la poutre de notre propre manque dans l’œil. Cela n’empêche pas qu’il existe des situations qui relèvent effectivement de notre vocation, et qu’il serait triste de négliger.
  3. Dans la parabole de la brebis perdue, Jésus propose un ratio de 1/100, 1brebis recherchée pour 99 considérées comme justes. C’est une piste : ne pas pourfendre l’injustice sans cesse, mais ne poursuivre une injustice que quand on a félicité et rendu grâce 99 fois pour des choses belles et justes. Sinon on s’aigrit soi-même et on met une ambiance délétère, d’humiliation et de conflit.

par : pasteur Marc Pernot

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