Notre prêtre nous encourage à aller 2 par 2 visiter les maisons en ville sur une après-midi.

Par : pasteur Marc Pernot

Un homme avec une casquette où est marqué en gros "Aime ton prochain" - Photo by Nina Strehl on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour,

J’ai 50ans et suis catholique; dans une paroisse de Provence : le prêtre insiste chaque année sur la mission.
Il nous encourage à aller 2 par 2 visiter les maisons en ville sur une après-midi.
Car il dit que Jésus nous le demande puisque c’est écrit dans Matthieu 10.5-15.
Je ne me sens pas à l’aise avec cela, aller déranger les gens chez eux et leur parler de l’Evangile.
Je pense que c’est du prosélytisme, comme ce que font les témoins de Jéhovah

Je voulais savoir votre avis sur ce sujet.

Merci bien

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Il me semble que ce prêtre veut bien faire. Mais je suis du même avis que vous, c’est trop intrusif, cela dérange les gens, donnant une mauvaise image de nos églises, et donc du Christ.

Ce n’est pas parce que c’était approprié comme façon de faire il y a 2000 ans que c’est une bonne idée aujourd’hui. Les us et coutumes ne sont pas les mêmes.

Par ailleurs, je pense qu’en ce domaine, c’est chacun son style, selon sa propre personnalité. Si ce prêtre le sent, qu’il le fasse avec les personnes que cela inspire aussi. Pas seulement une fois dans l’année mais toute l’année. Telle autre personne ne le sent pas, le faire serait contre performant : à la fois pour la personne qui se sentirait forcée à aller faire cela, mais aussi pour les personnes recevant la visite qui n’est pas à l’aise elle-même avec cette pratique.

Par contre, je connais des grands mères qui ont porté un formidable témoignage auprès de leurs amies et auprès de leurs petits enfants, simplement en témoignant de leurs propres engagement de foi dans leur vie personnelle.

Vous avez raison, il y a une différence entre prosélytisme et témoignage de sa foi en Christ.

  1. Dans le premier cas on se place dans une attitude supérieure aux personnes, prétendant avoir la vérité sur leur vie.
  2. Dans le second cas on est devant l’autre en égal, témoignant simplement de ce qui nous fait vivre, nous, personnellement, sans prétendre faire la leçon à l’autre. Un peu comme si l’on avouait la joie que l’on a eu de lire tel bon roman, ou de faire du parapente, comme une passion quoi nous est propre et que l’autre n’est absolument pas obligé de partager.

Il y a aussi, je pense, une différence dans l’objectif de cette action :

  1. Dans le premier cas : c’est à l’église que l’on pense, en étant à la recherche de nouvelles recrues qui gonfleront les chiffres de présence et de dons.
  2. Dans le second cas : c’est à la personne à qui l’on parle que l’on pense, lui proposant quelque chose qui pourrait lui faire du bien, parce que cette chose nous a déjà fait du bien et que nous reconnaissons en cette personne un frère ou une sœur en humanité, mais aussi une personne particulière qui a bien le droit d’avoir un autre chemin que le nôtre sur certains points, en particulier celui de la foi. Comme le dit Jésus « il y a bien des maisons dans la demeure de mon Père ». Ce souci de la personne que l’on rencontre, c’est à chaque rencontre. Alors faut-il chercher à multiplier les rencontres ? C’est possible, si l’on en ressent la vocation personnelle, et que nos forces déborde l’ensemble des personnes que l’on a déjà à cœur d’accompagner.

Il est bien possible que ce soit d’une belle façon que ce prêtre vous invite à faire cela. En tout cas, en l’entendant proposer cela, bravo de vous être ouvert à une réflexion personnelle et libre, cherchant votre propre cheminement, façon d’être, dans le respect des personnes. Quand on a cette écoute de ce qui est dit à l’église, que l’on soit d’accord ou non, cela nous apporte quelque chose. Et c’est bien.

Dieu vous bénit dans votre propre mission.

par : pasteur Marc Pernot

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