Le livre de Job m’a aidé à réfléchir sur la souffrance, on me dit que ce n’est pas le sujet.

un homme démuni fait sécher son vêtement sur un feu de fortune - Photo by Shail Sharma on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Cher pasteur, bonjour
je suis interpellée récemment sur la lecture de Job. Dans notre groupe de jeunes, ce texte nous avait suivi sur notre route jour après jour avec l’aide du Pasteur. A l époque j y cherchais un soutien pour m’engager en medecine sur la souffrance du monde. Chaque passage était un message différent avec la foi de Job dans ses malheurs. Or il y a peu, mon pasteur actuel m’a reprise sur ce texte insistant sur le début et la fin du texte qui parlent des richesses. Pour moi le début et la fin d un Evangile sont importants mais le message des 3ans de l’enseignement du christ aussi. Pour moi job conseille de garder la foi dans la détresse. Ce reproche m’a émue…

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Il peut y avoir mil avis différents tout à fait défendables, en ce qui concerne l’interprétation de la Bible, heureusement. En l’occurrence, je suis bien plus d’accord avec vous que ce qu’avec ce qui vous a été dit. En effet :

  • Si le sens à retenir était le début et la fin du texte, l’auteur aurait juste ajouté 40 chapitres qui ne servent pas à grand chose. Cela ne me semble pas raisonnable de le penser.
  • Rien ne dit que le fin mot de l’histoire soit l’épilogue. Si vraiment il n’était pas bon de se poser des questions comme Job avec ses amis, et pas bon d’interpeler Dieu, alors le livre entier est en lui-même comme un contresens puisqu’il est un gros livre de 42 chapitres de discussions, de réflexions, d’interpellation de Dieu.
  • Ensuite, comme vous le dites, si la question de la richesse est un sujet qui pose effectivement question dans le début et dans la fin du livre, il n’est pas vraisemblable que c’en soit le sujet principal du livre entier, car dans les 40 chapitres passionnants du milieu cela ne semble pas du tout central. De toute façon, de nombreux sujets sont abordés dans ce livre très riche. Et celui de la souffrance est certainement loin très très très loin d’être négligeable.

En fait, il me semble que le prologue et l’épilogue sont très différents dans le style (ils sont en prose alors que les 40 chapitres centraux sont en vers), et dans le fond (dans le mode de fonctionnement des personnages). Il est donc loin d’être évident que le prologue, et/ou l’épilogue soit la clé d’interprétation de l’ensemble du livre. Cela peut en être une, on a le droit, évidemment. Mais ce n’est pas la seule.

En et définitive, un passage biblique, et à fortiori une somme comme ce livre de Job, est donné au lecteur afin d’interagir avec ce lecteur. Le sujet du texte pour le lecteur sera ce qui s’éveillera en lui comme questionnement ce jour là dans sa lecture. C’est à cela que sert l’Esprit-Saint dans cette lecture, travaillant en nous ce qu’il est juste et bon d’être travaillé en équipe : Dieu avec le lecteur réfléchissant et priant. Il se peut donc que pour telle personne ce qui fera « tilt » dans sa lecture ce jour là soit le sujet de la richesse et pour telle autre personne que ce soit le sujet de la souffrance, de l’injustice, de la place de la raison dans notre foi, de ce que c’est qu’un véritable ami, de l’accompagnement de la personne dans le malheur, de la relation à Dieu… L’erreur étant surtout de penser et encore plus de dire que l’autre aurait tort parce qu’il ne lit pas le texte avec un angle différent.

Gardez donc votre souvenir précieux d’une lecture manifestement féconde. Sacré Saint Esprit, il a encore fait du bon travail avec vous et en vous.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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