Un cheminement singulier entre spiritualité païenne et figure du Christ, où la quête de sens dépasse les cadres traditionnels. Ce dialogue explore comment concilier des intuitions spirituelles diverses et trouver sa propre voie vers la source de vie, sans renier son passé ni s’enfermer dans un moule.
J’ai découvert la spiritualité dans des croyances « païennes », mais constamment, je me sens attiré par Jésus. Je me sens perdu.
Une dualité entre foi païenne et figure du Christ
Question posée :
Bonjour,
Je me sens un peu perdu. J’ai mes croyances et elles ne rentrent dans aucun « moule » traditionnel. Depuis plus de 10 ans, j’ai découvert la spiritualité et je l’ai trouvée dans des croyances « païennes » qui m’ont sauvé la vie à un moment où tout était très difficile pour moi. Je crois vraiment en mes croyances mais constamment, je me sens attiré par Jésus.
C’est une dualité que j’ai du mal à vivre car dans mon esprit, elle est contradictoire. Être païen et croire en Jésus. J’en souffre beaucoup car même si Jésus nous a tous sauvés, j’ai l’impression d’être un imposteur. Pour moi, les deux sont tout aussi valables l’une que l’autre.
Est-ce normal et que me conseillez-vous ? Je me sens perdu mais encore une fois, mes croyances païennes m’ont beaucoup aidé et j’ai trouvé des réponses importantes dans ma vie. Jésus peut-il exister à l’intérieur d’un autre système de croyances ?
Merci pour votre réponse.
La diversité des croyances et la quête de Dieu
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir,
Quelle belle démarche que la vôtre.
Vous savez, si l’on veut bien être honête, toute personne vivant au monde cherche Dieu comme à tâtons. C’est bien normal car Dieu, quel que soit ce que l’on entend dans ce mot, est d’une tout autre dimension que nous.
Dans la Bible, l’apôtre Paul parle de Dieu comme étant « la source de la vie, du mouvement et de l’être » (Actes 17:28), il dit cela tout en discutant avec des philosophes païens, stoïciens et épicuriens, qui, eux aussi, cherchaient à avancer et se donnaient les moyens de le faire grâce à des exercices spirituels.
Cela rejoint ce dont vous parlez quand vous dites que « mes croyances païennes m’ont beaucoup aidé », ou même « m’ont sauvé la vie ». Je pense que l’on peut dire que, par le biais de ces « croyances païennes », Dieu est parvenu à vous rejoindre. C’est assez logique ; depuis l’aube de l’humanité, les humains ont naturellement été portés vers cette source profonde qu’est Dieu, sentant avec elle une connexion profonde, et ils ont commencé à avoir des intuitions de cette dimension de la transcendance. Ils ont alors cherché des moyens de s’ouvrir à cette dimension, ont commencé à élaborer des croyances, à les affiner.
Il me semble que votre attirance pour Jésus s’inscrit dans la continuité de ces premières expériences de « la source de la vie, du mouvement et de l’être ». Cela me semble être un cheminement spirituel. Quand nous nous déplaçons, nous restons nous-mêmes, mais en même temps, notre cadre, notre façon de voir le monde évolue, et nous-mêmes évoluons un peu à chaque pas. Il n’y a pas nécessairement de rupture quand notre foi chemine, parfois oui, et parfois c’est plutôt un glissement progressif. Cheminer, ce n’est pas rejeter ce qui a été bon dans les étapes précédentes, au contraire, ce que nous sommes en est aussi le fruit. C’est votre histoire et chaque étape a sa beauté, préparant la suite.
Jésus, un témoin de Dieu au-delà des systèmes
Jésus est un témoin de Dieu, et il me semble personnellement que c’est une façon de le comprendre qui est particulièrement aboutie, saine et vivifiante, libérante et responsabilisante. En disant cela, je ne veux pas dénigrer d’autres cheminements spirituels : chacun a sa propre voie et si cela lui réussit et le rend plus rayonnant de bonnes choses, mieux en relation avec les autres, tant mieux.
Je ne dirais pas que Jésus existe dans un autre système de croyances, mais il y a des points communs, des intuitions qui convergent. C’est normal, car c’est du même Dieu dont parlent toutes les croyances, au fond (puisqu’il n’y en a qu’un seul), avec une image plus ou moins floue, avec des points de vue différents, des cultures différentes, et aussi des croyances saines, plus ou moins propres à nous faire avancer, nous, personnellement. Il est donc bon de chercher ce qui nous correspond le mieux. Ce qui nous semble le meilleur, pour nous.
Chercher son propre chemin vers la foi
Bravo de chercher votre propre chemin, de tisser votre propre système de croyances, de chercher vos propres exercices spirituels pour approfondir votre pensée, vos valeurs, votre espérance et votre prière. À partir de là, les « moules de croyances » sont des témoignages dont vous pouvez vous inspirer avec bienveillance et respect, mais vous n’avez pas à vous laisser imposer quelque « moule » que ce soit par quiconque.
Si quelqu’un cherchait à vous imposer ses croyances, cela révèlerait sa façon d’être à lui, peu respectueuse et considérant les autres comme inférieurs. Ce n’est pas un bon signe si sa manière de croire engendre de la violence spirituelle et morale. Cependant, il y a peut-être quand même quelque chose de positif à retenir dans ce dont il témoigne. Il faut écouter, puis ne retenir que ce qui est bon.
Faut-il aller à l’église pour vivre sa spiritualité ?
Être « catholique » ou « protestant » ne signifie pas, à mon avis, entrer dans un moule rigide, mais plutôt puiser librement dans cette tradition, bénéficier des pratiques proposées par telle ou telle église. On cherche alors avec d’autres personnes sincères et bienveillantes (même s’il y a toujours quelques personnes moins éclairées dans tout groupe, c’est humain).
Par contre, si des responsables d’une église cherchent à vous imposer ce que vous devriez croire ou ne pas croire, à vous prescrire des comportements et des rites, alors sentez-vous libre d’aller voir ailleurs. Tout dépend de votre lieu de résidence, mais il y a souvent de belles surprises. La pratique du culte ou de la messe le dimanche matin, à votre rythme, dans une belle paroisse, peut être un moment privilégié pour s’ouvrir à la source ultime et se laisser étonner. C’est un exercice spirituel, ce n’est pas entrer dans un moule. C’est une façon de sentir aussi que cette source de vie nous rassemble en un corps et qu’alors notre diversité est une richesse.
Et puisque Jésus vous interpelle, il me semble que pour commencer, vous pourriez lire un ou deux des quatre Évangiles qui se trouvent dans la Bible. Ne vous bloquez pas sur des passages difficiles ou surprenants. Vous trouverez des pistes pour faciliter cette lecture ici.
Dieu vous bénit et vous accompagne dans votre beau cheminement.
par : pasteur Marc Pernot







Jésus étant l’Amour total et parfait: il Unifie toutes autres choses: dont « les bonnes divinités & esprits de la Nature »: ce n’est pas contradictoire…-pour ma part, quoique totalement chrétien (mais ouvert) je m’adresse en Son Nom très souvent à « tout le bon du Créé », dont de la planète Terre bien sûr, mais pas seulement…çà va jusqu’aux confins des Univers, des Cieux, et, qui sait, du « Multivers »…- Soyez en Paix car Jésus & la Nature peuvent parfaitement bien oeuvrer ensemble (et c’est même souhaitable), ainsi donc vous n’avez pas à vous sentir « écartelé »- par contre attention à certains « rituels païens »: certains ne posent pas problème mais d’autres ne sont pas « innocents du tout »…