J’en appelle à Dieu comme défenseur, si je vis un moment chouette je ne pense pas forcément à lui.

Par : pasteur Marc Pernot

jeune femme et coucher de soleil - Photo by Jurica Koletić on Unsplash

Question d’une visiteuse :

Bonjour,

Très émue de lire votre réponse à l’un des lecteurs du site sur la relation à DIEU, cela m’a évoqué, comme souvent, une réflexion qui me touche et me cause du chagrin : j’ai le sentiment que je demande beaucoup à DIEU et ne partage pas tant que ça avec lui. L’adversité, les épreuves, les angoisses et la torpeur me paraissent très familières et je travaille à me libérer de cela mais cela prend du temps alors j’envisage le plus souvent DIEU comme ma forteresse, mon rocher bref mon défenseur et mon sauveur, celui qui va m’empêcher de sombrer ; je le remercie quand le soulagement est là , quand la tempête se calme etc. car je sais, je ressens et je vis sa présence d’une certaine manière mais je dois avouer que si je vis un moment chouette, sympa je ne l’associe pas forcément à dieu, je n’y pense pas forcément. J’ai beaucoup de chagrin à penser que je n’envisage sa présence que dans l’adversité. Comprenez-vous que j’ai envie d’une relation plus « heureuse » ou cela va t-il avec mon envie d’une vie plus heureuse et plus douce et que ma relation avec DIEU suivra ?

Merci Pasteur par avance pour votre écoute et votre bienveillance si chères pour moi.

Portez vous bien !

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Votre questionnement est très très sympa, sincère.

J’aime votre soucis d’abuser de la bonne volonté de Dieu, de ne pas être respectueuse envers lui en allant le voir qu’en cas de besoin. Cela montre que vous aimez Dieu, en réalité car se soucier de l’autre c’est cela, en réalité, aimer quelqu’un.

D’abord : je voudrais vous dire qu’il n’y a aucune crainte que cela fâche Dieu. De toute façon : chaque visite de votre part lui donne de la joie (Luc 15:7), et quand on aime son enfant comme il vous aime : on est de toute façon heureux de lui rendre service.

Vous espérez penser à Dieu aussi dans les bons moments, de bonheur et de joie, par exemple, mais aussi les moments calmes et sereins. Cette espérance est excellente, effectivement, car les moments où l’on est en forme sont précisément les moments où nous pouvons le mieux construire notre être et notre vie de façon solide. De même qu’il est difficile de construire sa maison en pleine tempête de pluie, de vent et de grêle, on fera du meilleur travail de construction par temps calme et beau. De même qu’une entreprise peut investir dans de la recherche et du développement quand ses affaires marchent bien et que la conjoncture est bonne. Des temps où l’on est relativement en forme et serein sont de bonnes périodes pour étudier un peu la Bible, se former, creuser, aller un peu à l’église, évoluer dans sa théologie, faire une retraite spirituelle, discuter avec d’autres personnes de théologie et de foi… et prier, bien sûr.

C’est une bonne idée aussi parce que si vous ne vous adressez à Dieu que dans les moments difficiles et pénibles de votre vie, je crains que dans votre cœur, l’image de Dieu soit associée au sentiment de stress. Donc même si ce n’est qu’une seconde de pensée, comme un clin d’œil à Dieu dans un moment de joie, quand on se sent bien, quand on a une belle rencontre : c’est déjà tout à fait excellent. Et cela approfondit encore cette petite joie que nous avons et cela l’inscrit dans notre être. je pense que cela participe à se constituer une petite réserve interne de force et d’espérance.

Oui, mais comment faire pour penser à Dieu dans les bons moments aussi ? Alors qu’on a alors vite la tête à autre chose ? Sans que cela empêche d’avoir des impulsion de prière à l’improviste, la régularité de la prière, à heure fixe de notre journée, cela nous aide à entrer plus vite en prière, entrer plus profondément aussi dans la prière. Car notre être est comme déjà préparé quand on se met à prier. L’humain, comme les plantes, comme la mer, a ses rythmes, il est bon d’avoir notre rythme, de l’ajuster à ce qui nous correspond à notre période de vie, Si alors on n’a pas pensé à Dieu dans le bon moment que nous avons eu dans l’après midi, nous « rattraperons » cela le soir et cela ne sera pas perdu comme bénéfice.

Je pense effectivement que cela contribue profondément à rendre à la fois plus heureuses notre relation à Dieu et plus heureuse notre vie. Sans que cela porte chance, bien entendu, mais permettant de goûter plus profondément aux petites et grandes joies, et d’être construit comme plus apte à reconnaître et à goûter la joie quand elle passe.
Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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