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Développement

Comprendre l’expérience du mal : entre phénomènes inexpliqués et paix spirituelle

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Suite à l’article sur le diable publié hier, nous avons reçu cette question touchante :

Une réflexion profonde sur la nature des ténèbres et les phénomènes de « possession ». À travers l’échange entre une femme marquée par un traumatisme nocturne et un pasteur, cet article explore la vision théologique du mal comme absence de lumière et propose des pistes de guérison ancrées dans la confiance plutôt que dans la peur.


Une interrogation sur la réalité du combat spirituel

Question posée :

Bonjour,
Je suis convaincue que l’ombre n’est que l’absence de lumière ou de Dieu, nourrie par nos blessures. Pourtant, il y a 15 ans, j’ai vécu un traumatisme inexpliqué.

Une nuit, sentant une présence entre mon mari et moi, j’ai voulu nous défendre mais j’ai perdu tout contrôle. J’ai violemment mordu et griffé mon mari, incapable de desserrer la mâchoire, comme possédée. Lui aussi a senti cette présence et en a gardé des traces physiques. Je ne pratique pourtant rien d’occulte et conçois la spiritualité comme intérieure.

Une amie m’a parlé d’une réelle guerre entre ombre et lumière. Elle a consulté un exorciste musulman, trouvant l’Église trop frileuse sur ces sujets. Peu m’importe la religion, je cherche seulement à comprendre ce phénomène de combat et de « possession ». Qu’en pensez-vous ? Je vous remercie.

La réponse du pasteur : Le mal comme absence de lumière

Chère Madame,

La parole que vous dites sur la lumière et les ténèbres est excellente. Les deux ne sont pas symétriques. Les ténèbres n’ont pas d’existence en elles-mêmes, il n’y a pas de particules de ténèbres, pas d’ondes sombres. Les ténèbres sont une absence de lumière.

Il en est de même avec les sources de bien et de mal dans l’univers, selon la Genèse. Il y a Dieu qui met de la lumière dans les ténèbres, qui ouvre un espace vivable dans le chaos. Mais il n’y a pas de source de destruction transcendante à l’œuvre. Il y a du chaos résiduel. Comme puissance, il peut ensuite y avoir l’humain qui, étant doté d’un certain pouvoir de création et d’une certaine liberté, peut effectivement devenir source de destruction.

C’est ainsi que je ne pense absolument pas qu’il existe une sorte de bête maléfique, occulte qui serait de l’ordre du diable ou de démons. Ce n’est pas que j’en aurais peur, comme le dit votre amie, c’est juste que cela ne me semble pas faire sens, ni d’un point de vue théologique, ni d’un point de vue de notre vie.

Comment interpréter les manifestations du « diabolique » ?

Que peut-on penser quand il arrive à une personne de faire l’expérience d’une manifestation du diabolique ? Ces expériences sont bien réelles, elles se vivent comme cela. Et c’est effectivement traumatisant. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il existe une source extérieure à nous-même qui est intervenue. Il me semble important d’insister là-dessus car ce serait se tromper de cible que de chercher de ce côté-là.

Ce que l’on peut dire, c’est que moins on croit aux démons et au diable, moins ces phénomènes se manifestent dans la vie des gens. Il n’y a qu’à comparer cela entre l’Afrique et l’Europe, par exemple. Et c’est un grand reproche que je ferais aux exorcistes de toute religion, ou sans religion, qui prétendent agir contre les démons. À court terme, peut-être que cela peut un peu distraire du problème. Mais ce n’est bon ni pour la personne ni pour la société d’insuffler ou d’entretenir cette peur. Plus on craint cela et plus on s’expose à le revivre encore. Et alors de passer de gourou à charlatan, de marabout à guide spirituel… hélas.

La souveraineté de la relation avec Dieu

Ceux qui pratiquent l’exorcisme font mine d’être le canal d’une force divine venant à l’aide de la personne qui souffre. Or, nous n’avons pas d’autre médiateur que le Christ, et Dieu est assez grand pour aider directement la personne, encore plus facilement quand il s’agit d’une personne spirituelle comme vous. Je suis donc convaincu que vous n’êtes pas « possédée », que vous n’avez pas été possédée.

Pistes de compréhension et de guérison

Il y a mille autres explications possibles à ce genre d’épisode. Un cauchemar (il y en a qui sont criants de vérité), du somnambulisme, un déséquilibre hormonal ou minéral dans le corps, un traumatisme enfoui (de votre enfance ou de vos parents, grands-parents) qui se manifeste de cette façon, et bien d’autres possibilités encore.

Si cela ne se répète pas, ou pas trop souvent, personnellement, je pense que vous pouvez simplement ne pas vous en occuper. Si cela devient pénible alors oui, il faudrait faire des investigations, à commencer par l’aide de la médecine, mais aussi d’une vie saine. Et en particulier une vie spirituelle active, cela fait un grand grand bien.

À mon avis, ce n’est pas la peine de troubler votre amie sur sa croyance aux démons, c’est sa façon de voir. Mais cela ne vous oblige pas à lui dire que vous auriez les mêmes croyances, mais simplement que vous respectez son point de vue et que vous lui souhaitez le meilleur.

Dieu vous bénit et vous accompagne, n’ayez crainte. Et il est de votre côté, avec sa force qui l’emporte sur tout. Je vous propose de prendre le Psaume 121 « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours ? » pour vous accompagner dans ce chemin.

par : pasteur Marc Pernot

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2 Commentaires

  1. François dit :

    À ce stade, mieux vaudrait « retourner » la question et se demander : qu’est ce au juste que Dieu ( = ma conscience) attend de moi, et comment puis-je satisfaire cette envie de mener ma vie d’une manière saine. C’est aussi smple que ça ; Dieu n’est pas « enfermé  » dabs des lieux isolés, mais il est « caché  » dans la meilleure des cachettes : à l’intérieur de nous-mêmes ! Si nous savons l’écouter, nous savons lui parler, alors il nous guide .

  2. Sarah dit :

    Bonjour,
    je vous remercie très sincèrement pour votre réponse si rapide et détaillée en lien avec l’expérience d’avoir été « possédée ».
    Vos écris me font énormément de bien, je ressens tout l’amour qui m’anime dans cette quête de Dieu.
    Merci

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