Il faudrait que nous n’ayons pas peur ? Alors que les apôtres ont tous eu un destin funeste à très court terme !!!

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

J’écoute toujours avec passion vos prédications, ainsi que tous les autres podcasts mis à notre disposition et je vous en remercie…
J’écoutais une ancienne prédication  » sur jésus la résurrection et après »? j’avais écouté juste avant pourquoi jésus est venus sauver Paul et pas d’autres méchants… A mon avis ces deux prédications sont presque complémentaires et je m’interroge…
Je suis allée sur Internet voir un peu le destins des disciples les plus connus de Jésus et ce qui leur est arrivé ensuite, après la mort de Jésus, et bien après qu’ils se soient retrouver morts de trouille dans leur chambre haute, craignant eux aussi d’être crucifiés à la suite de Jésus… Ce qui est largement compréhensible après tout ?

Alors ok, vous nous dites nous aussi de ne pas avoir peur nous non plus… J’entends bien votre discours ?! Cependant les apôtres ont tous eu un destin funeste à très court terme, et on été torturés pour certains, sont tous morts, plutôt jeunes, dans des conditions abominables !
« Etre pote de Jésus ça craignait » dirait on aujourd’hui ! Alors Je m’interroge sur ce don de vie que Dieu nous a donné, mis à mort par solidarité envers son fils ?
Hum…
Pas super le bilan de vie…
On aurait peur à moins ?!

Réponse d’un pasteur :

Mil mercis pour les encouragements pour les prédications. En tout cas j’y mets mes tripes. Cela dit, ce n’est pas prévu pour que l’on soit d’accord avec tout ce que je raconte. Il faut le prendre plus comme un témoignage que comme une vérité avec un grand V.

C’est vrai que j’appelle à la confiance en la suite.

Mais je ne sais pas si j’ai dit de ne pas avoir peur. C’est vrai qu’il y a des choses pas rigolotes qui peuvent arriver dans la vie. Et c’est vrai que même si on a, ou si l’on avait hyper 100% confiance dans la magnifique suite de notre vie dans un autre monde, on aurait le droit de voir arriver ce passage avec une certaine appréhension. Par exemple même quand un jeune quitte le foyer de papa et maman pour aller en stage à l’étranger, ou pour s’installer avec l’amour de sa vie, bien sûr qu’il y a comme un saut dans l’inconnu, un pincement au cœur, et donc une certaine peur.

Ensuite, c’est vrai que quelques apôtres ont eu des aventures peu enviables, en tout cas Pierre et Paul, probablement. Mais bon, Jean a quand même vécu très très âgé, sans doute nonagénaire, ayant pu revenir d’un exil pas si désagréable. Barthélémy serait aller évangéliser la côte ouest de l’Inde vers Pondichéry et aurait lui aussi vécu jusqu’à un bel âge. Quand aux autres, il y a beaucoup de légendes qui se sont développées, en particulier autour du culte, lucratif, des reliques des saints et des martyrs, alors quand on peut montrer un bout d’os et dire qu’il provient d’un saint + apôtre + martyr : ça augmente la cote du pèlerinage.

Je ne pense pas que Dieu apprécie particulièrement que nous souffrions et mourrions pour notre foi. Mais c’est vrai que si l’on aime on compatit, si l’on compatit on souffre quand même, par définition. Et puis la compassion nous donne envie de nous bouger, d’aider, d’aller au secours. Et l’Esprit nous donne envie de changer le monde, nous donne faim et soif de justice, envie de faire des projets créatifs. Tout cela ne demande pas de mourir, mais stimule à donner de son énergie, de sa pensée, de son temps et de ses moyens. Donc de donner de sa vie (sans avoir en général à donner sa vie quand même). Mais parfois cela peut tourner au tragique comme pour le pauvre Jésus, comme pour quelques apôtres, mais aussi comme des pompiers au feu, ou des nettoyeurs de centrale nucléaire, ou un personnel des équipes d’intervention sur l’autoroute, un sauveteur en montagne… Avec, je trouve, un beau bilan de vie. Car ils y ont mis du cœur. C’est un point clef de la mesure de la qualité de vie, de la qualité d’une vie, c’est un facteur multiplicateur par dix, par cent, par mil. Même si un égoïste profite bien tranquillement, sa vie n’est-elle pas petite, voire riquiqui ? il ne se fatigue pas, c’est vrai, seulement ces années de vie, quand on les pondère avec le degré de qualité de vie, je ne suis pas certain que cela fasse un bilan génial. Je ne suis d’ailleurs pas certain que le fait de vivre une vie engagée fasse en général vivre moins vieux, ni que l’on prenne moins de plaisir à ses journées. Au contraire, je dirais.

Mais oui, pour la peur. J’ai hélas vendu récemment ma moto afin de m’aider à acheter et entretenir une voiture pour travailler, mais quand je faisais de la moto je me disais que si un jour je n’avais plus peur il serait temps d’arrêter la moto. C’est pareil pour la vie, avoir peur me semble normal et sain. Tant que cette peur reste gérable. Que ce ne soit pas une sorte de panique qui nous conduirait à entrer dans notre coquille et à ne plus vivre. Mais un titillement de peur qui est un attachement à la vie, à la vie en ce monde, à ceux que l’on aime, aux milles petites et grandes bénédictions de la vie en ce monde. C’est aussi le sel de la vie, de la vie vécue en la goûtant.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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