Dieu m’a mis sur le chemin de ma copine ? Que je pouvais être la clé pour la délivrer de ses souffrances ?

Par : pasteur Marc Pernot

un jeune homme porte un ejeune fille sur son dos - Photo by Bin Thiều on https://unsplash.com/photos/-SDXtTA2NFA

Jusqu’où, comment, et combien de temps peut-on porter l’autre ?

Question d’un visiteur :

Bonjour je voudrais avoir une réponse a une question que je me pose, tout d’abord je tiens a dire que je ne suis pas croyant, enfin je n’exclu pas la possibilité que dieu existe mais je ne sais pas trop quoi en penser. J’aimerai vous expliquer ma situation, je suis agé de 20 ans, et je suis en couple avec une fille depuis plus d’un an. Ma rencontre avec elle a était quelque peu spécial, nous nous sommes trouvé via une connaissance a qui j’ai parlé et nous nous sommes parlé alors que cette fille habite a 1000 km de chez moi, je ne cherchais plus l’amour a cette période et c’était uniquement a but amical, ni elle ne cherchais l’amour mais nous sommes tombés amoureux sans même s’en rendre compte, et depuis le début nos sentiments l’un envers l’autre sont très fort comme si nous étions en couple depuis des années et que nous savions l’un comme l’autre que nous nous quitterons jamais.

Cette fille est atteinte de dépression et j’ai eu plusieurs signes me montrant que je pouvais être la clé pour la délivré de toutes ses souffrances, elle a vécu quelque chose de douloureux, et personne ne l’a jamais comprise ni écouter comme elle l’aurais aimé. Ses anciennes relations lui ont apporté beaucoup de souffrances également et ne l’ont pas aidée, je suis le premier a lui apporter autant de bien, et avec moi elle se sent libéré, le problème entre nous étant la distance, problème qui devrait bientôt se régler.

Ma mère via de l’écriture automatique a aussi communiqué avec mon arrière-grand-mère décédé et elle a décrite exactement les souffrances de ma copine sans que j’en parle a ma mère, elle a dit que je pouvais être l’élément qui délivrerai ma copine et que sinon ça se passerait mal pour elle. Elle m’a vraiment fait comprendre l’importance que j’avais dans sa vie. Ensuite nous avons eu beaucoup de signes étranges, ma copine étant croyante et ayant plusieurs fois fais appel a dieu pour lui venir en aide, comme par exemple un peu avant de la rencontrer elle lui a demandé que quelqu’un arrive dans sa vie pour l’aider… 1 an après je sens toujours au fond de moi que je finirai ma vie avec elle, et pour moi c’est clairement le destin que nos chemins se sont croisés, mais je me demande vraiment si dieu existe et si il en est pour quelque chose tout cela est tellement étrange…

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Il est très possible que Dieu vous ait mis sur le chemin de cette fille.

  • Je pense qu’effectivement il y a une puissance en dehors de l’univers qui appelle à la vie. La personne humaine y est particulièrement sensible, parmi le reste de l’univers. Il nous appelle ainsi à être un acteur de cette avancée vers la vie, vers le bien. Votre élan, votre amour, votre sensibilité à la souffrance d’autrui va certainement dans ce sens. Dan sle sens de Dieu.
  • En même temps : Dieu n’est en général pas très directif, à mon avis. On le voit dans la création, elle connaît une évolution foisonnante et souple. Il me semble que Dieu est comme cela aussi avec nous : il ouvre des possibles multiples devant notre liberté. Et c’est ensuite à nous de créer notre propre route, en confiance que Dieu nous accompagne, et marchant la main dans la main avec lui. Dieu ne tire donc pas les ficelles de ce qui arrive, et il n’a pas écrit d’avance les événements dans un grand livre.

L’amour consiste effectivement bien à espérer faire concrètement que l’autre soit le plus épanoui possible. C’est donc bien de l’amour que de vouloir aider votre amie.

  • En même temps, sur le long terme c’est une lourde mission et responsabilité d’être marié avec une personne dépressive. Ce n’est possible que si l’on reçoit aussi beaucoup, soi-même, de cette personne dans cette relation. C’est indispensable aussi pour que cette personne personne ne se sente pas elle-même comme étant seulement une charge mais tout autant comme étant une personne qui apporte à l’autre ce qui lui manquerait profondément sinon. Ce n’est pas une question de donnant donnant, c’est une question de respiration (pour donner dans le long terme il faut recevoir), c’est une question de dignité de chacun (que cette dignité puisse s’exprimer concrètement). Donc pour pouvoir aider, il faut soi-même entretenir sa propre forme physique, spirituelle, mentale. Et il faut apprendre à se faire petit dans certains domaines, d’une certaine façon, devant l’autre et à manifester de la gratitude.
  • On ne change pas les gens, même en les aimant. Pour deux raison, me semble-t-il :
    1. Aimer une personne c’est l’aimer telle qu’elle est aujourd’hui et telle qu’elle sera peut-être demain. Plus en forme ou moins en forme. Mieux vaut ne pas vouloir changer l’autre, déjà nous avons un mal fou à nous changer nous-même et il nous faut pour cela l’aide de Dieu.
    2. En plus, cela appartient à la personne elle même de cheminer tel qu’elle l’entend, cela lui appartient et doit lui être laissé. Ce que l’on peut faire pour une personne que l’on aime, et en particulier pour son conjoint, c’est de le ou la libérer en manifestant un amour inconditionnel, et en établissant des belles conditions concrètes, psychologiques et spirituelles, mais aussi en charge mentale

Attention aux « signes » que l’on croit discerner. Cela peut absolument être n’importe quoi. En effet, dans une même tache d’encre on peut tout aussi bien lire une locomotive et le lendemain un papillon. Par ailleurs, les songes et les coïncidences, les divinations et prophétie de qui que ce soit… ne sont pas du tout des indicateurs fiables. C’est au fond de nous-même que Dieu met son Esprit qui nous éclaire, c’est donc dans notre conscience et notre intelligence, dans notre sensibilité que nous sommes amenés à faire le point, avant de discerner par nous-même ce qui sera bon. Il n’y a pas de « destin », heureusement. Nous sommes appelés à créer en liberté notre destinée avec Dieu, et que cette destinée soit belle, qu’elle nous corresponde authentiquement. Pour cela, il est bon de se sentir responsable de notre route future, que Dieu nous appelle à la liberté et à la créativité.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Print Friendly, PDF & Email

Marc Pernot

bio de Marc Pernot

Vous aimerez aussi...

2 réponses

  1. Catherine dit :

    Je crois aussi qu’on ne peut ni sauver ni changer l’autre. Être une Présence aimante est beaucoup.
    Beaucoup d’écoute, de communication.oui d’amour inconditionnel. Et ne jamais s’oublier soi même. Et la il faut apprendre à se ressourcer de mille manières.
    On peut se sortir de la dépression. J’en ai fait l’expérience. Bon chemin à tous les deux.

  2. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    J’ai lu votre texte. S’il est honorable de soutenir une personne en souffrance qui vit une dépression dans une solitude morale la plus intense, il y a quelques limites à mettre à l’aide compassionnelle.

    Dans la dépression, qui est une maladie sérieuse, on y nomme la triade négative de Beck. Ce sont ces pensées et croyances négatives, irrationnelles, que Beck décrit ainsi et qui accentuent la dépression :
    – je suis nulle (estime de soi, culpabilité, sentiment de ne pas devoir exister)
    – le monde est pourri
    – l’avenir est sombre

    C’est surtout l’élan vital qui est menacé. Ce trouble est trop sérieux pour être pris à la légère. Parfois une médication est nécessaire, surtout quand s’y associent des idées suicidaires. Et le degré de dépression, c’est au médecin psychiatre-psychothérapeute à en juger.

    Il faut surtout chercher la fonction et le sens de de ce symptôme. Et ça, c’est le travail des gens formés en psychothérapie. Vous n’êtes pas le psy de votre copine. A chacun son métier.

    Pourquoi je vous dis cela ? Parce que dès que vous vous positionnez en tant que sauveteur de votre copine, le danger est que :

    1. – vous plongiez tête baissée dans le triangle de Karpman et que vous y perdiez des plumes en jouant le sauveur
    https://www.affirmation-de-soi.info/triangle-de-karpman-dramatique.php

    2.- qu’une relation asymétrique s’installe dans le couple. Il y a le « sauveur » et le « sauvé ». L’expérience montre que sauver une personne vulnérable peut facilement dériver, au fil du temps, en relation dominant-dominé. Du coup, personne n’est libre d’être soi dans cette histoire

    3.- le danger est la mise en place de la co-dépendance affective avec une infantilisation volontaire : on est dépendant de l’autre pour se donner le droit d’exister, on ne s’autorise pas à être adulte et acteur de sa propre vie en faisant un travail sur soi.

    4.- Vous ne pouvez pas faire le chemin intérieur que doit effectuer votre copine en se demandant : quelle fonction, quel sens donner à cette dépression ? Car, paradoxalement, cette dépression peut être la chance de sa vie, un signal d’alarme qui lui dit que quelque chose l’empêche d’avancer, la paralyse dans sa vie. Elle doit s’autoriser à lâcher ses vieilles casseroles qui la jettent par terre pour s’autoriser à re-naître à elle-même et à vivre par elle-même.
    Pour cela, des professionnels existent, parce que le chemin est long, demande une formation spécifique, demande de ne pas entrer dans la violence des soins. Chacun a son rôle à jouer : le thérapeute pour prodiguer des soins, vous par aider votre copine en l’aimant pour qui elle est et en l’encourageant à exister par elle-même, avec bienveillance, mais discernement.

    Relisez dans la bible la parabole du Bon samaritain où Jésus explique une histoire d’un homme qui sauve une personne blessée et laissée à demi-morte au bord du chemin (comme la dépression) :

    « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains de brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à moitié mort.

    31 Un prêtre qui, par hasard, descendait par le même chemin vit cet homme et passa à distance.
    32 De même aussi un Lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa à distance.

    33 Mais un Samaritain qui voyageait arriva près de lui et fut rempli de compassion lorsqu’il le vit.
    34 Il s’approcha et banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.

    35 Le lendemain, [à son départ,] il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’aubergiste et dit : Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le rendrai à mon retour. »

    Le prêtre et le lévite, trop soucieux de souillure communicative (la mort, le sang) , passent leur chemin.

    Le Bon Samaritain, en passant, voit la souffrance de cet homme, non seulement par ses yeux, mais dans son cœur : il est rempli de compassion, ému de compassion, ému aux entrailles. Dans l’urgence du moment, il donne à ce blessé des soins de survie. Quoi de mieux qu’un regard de compassion qui dit : je suis là pour toi en pansant et en pensant ses blessures ?

    Mais sa compassion a des limites. Le « lendemain », il délègue les soins à un aubergiste (v. 35).
    Il évite ainsi « le burn-out de compassion ».

    Le bon samaritain a assurément mis en pratique ce verset de Marc 14 : 8, où Jésus dit de Marie, cette femme qui a oint Jésus d’un parfum de grand prix : Ce qui était en son pouvoir elle l’a fait. Ni plus. Ni moins.
    Conclusion : Ce qui dépasse mes possibilités physiques, psychiques, spirituelles, professionnelles, émotionnelles, financières ou autre d’y faire face, Dieu ne me le demande pas.

    Bien à vous
    Claire-Lise Rosset

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.