Dieu est il nécessaire afin de bien vivre, ou afin de vivre bien ?

Street-art à Perth en Australie, un clown court joyeusement - Photo by Start Digital on UnsplashPar : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur et encore merci de répondre avec bienveillance aux internautes. Je trouve particulièrement intéressant votre site , et vous répondez à des questions que bien des gens se posent. La spiritualité, la religion, comprendre Dieu n est pas aussi aisé.
Relatif à ma question en objet, j’ai été étonné de trouver un graphique suite à un sondage récent sur la question Dieu est il nécessaire afin d’avoir de bonnes valeurs morales.
La Suède et la France affiche respectivement 90 et 84 pour cent de réponse négative. Tandis que bon nombre de pays pauvres sont à l’inverse.
Je peux comprendre notre pourcentage, où globalement dans notre pays développé , nous avons un certain confort de vie, matériel, ainsi que des modes de communication favorisant notre bien-être. Sur un autre plan, bon nombre de français apprennent à se débrouiller dans la vie, argumentant et attribuant leur bien être grâce à leur intelligence et leurs efforts qui ont contribué à avoir un beau métier, de l’argent , etc… Vivant dans un système qui les conforte, s attribuant leurs mérites personnels, ils n’ont pas besoin de Dieu.
Et une autre catégorie , dans le même genre, mais commettant le mal , de par leurs actions , trouvent par exemple une logique, une normalité de se venger, de voler, de mépriser , sans même s en rendre compte ou plus ou moins.
Je veux dire par là , que quand on vit orienté sur son égo, certaines personnes ne se rendent pas compte de l’importance du mal sur autrui. Comme St Paul pensait faire le bien en tuant les chrétiens, ç est lorsqu’il a connu le Christ qu il s est converti.
Pour conclure , mon avis personnel , c est qu il est important de passer par Dieu, pour nos valeurs morales, pour être dans la vérité.
Merci pour votre réponse et très joyeuse fête de Noël pour vous ainsi que vos proches.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

Grand merci pour vos encouragements.

Bravo pour cette belle réflexion. Merci de l’avoir partagée ici.

Je suis parfaitement d’accord avec vous.

En Suisse, le vie en dehors de toute recherche spirituelle et théologique reste encore très importante et en augmentation, comme c’était le cas en France voisine il y a une vingtaine d’années.

Cela dit, il y a un brin d’espoir (pour ces personnes et pour la société en général). En effet, J’ai noté quand j’étais à Paris un important mouvement de personnes bien à l’aise dans leur vie qui entreprenaient une magnifique recherche de foi, spirituelle et intellectuelle. Au point que presque chaque semaine j’avais la joie d’accueillir une personne comme cela dans l’église, au cours du culte.

En grande majorité, ces personnes découvrant la foi chrétienne ont un bon métier, une famille et un certain confort, seulement elles se rendent compte de deux choses :

  1. de la part de chance qu’ils ont de vivre cela (même si c’est aussi un vrai travail de leur part),
  2. et qu’ils sont ainsi comme au volant d’une belle voiture, se demandant, du coup, où aller, pour quelle voyage, quelle route, quelle destination ? C’est à dire que faire de cette vie pour qu’elle soit belle et pleine de sens, que transmettre à leurs enfants éventuels, que faire des quelques dizaines d’années trop courtes, sans perdre de temps à vivre comme en roue libre…

Ce que je remarque, c’est que les années de déchristianisation n’ont pas été que négative. Cette génération des « millénials » commençant à vivre avec une dimension spirituelle a un rapport à l’église bien plus beau que ce qui était observé dans les générations passées. En effet, rien ne leur impose d’être croyant et pratiquant, ni les activités, ni les doctrines, ni la sensibilité spirituelle. Ils ont ainsi un rapport à la foi plus adulte, plus sincère, plus profond, plus personnel, libre, intelligent (croisant les disciplines), ayant une lecture profonde de la Bible étant libéré des superstitions diverses et sans se laisser manipuler par les prédications menaçantes de certaines églises.

C’est ainsi que j’entends le fait d’ « être dans la vérité ».

Et je me réjouis pour ces personnes. Il faut voir la joie des personnes qui découvrent cette dimension de la vie. Et je me réjouis pour la société car, comme vous le dites, il y a bien bien trop d’individualiste et cela crée de grandes misères. Et que cela aiderait bien s’il y avait plus de personnes vivant en ayant une recherche de valeurs, en comptant sur plus que sur sa seule sagesse et sa seule force.

Dieu, viens à notre aide.

Tous mes vœux de bénédiction pour vous et ceux qui vous sont chers

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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4 réponses

  1. Gérard dit :

    Merci infiniment pour cette réponse.
    Je pense aussi qu’il y a de l’espoir.
    – Comme certains boudistes disent : rien n’est éternel ici bas ( ce qui veut dire que le monde est en constante évolution ).
    – Un jour j’ai rencontré une personne qui m’a dit que ses voisins athées se sont tournés vers Dieu après de grosses épreuves.
    – Je constate que ces dernières années l église de ma commune est pleine pour la messe de Noël. Ç est bienheureux.
    – l histoire du monde révèle que certains états sont devenus très croyants après de grandes guerres, de grandes tribulations.
    – Dieu nous laisse libres, ç est vrai, mais désire être aimé puisqu’il est notre Père, et parfois au moment fixé, il nous invite à tourner notre regard vers lui. Alors que nous cherchons des moyens de nous autosatisfaire, de s appuyer sur ce qui nous intéresse comme si l on pouvait maîtriser notre vie.
    – Dans nos relations, il existe des rencontres enrichissantes qui nous font évoluer , comme par vous même sur le plan spirituel. Un grand merci à Dieu pour m avoir mis sur votre chemin.
    Que Dieu vous bénisse et joyeuses fêtes de fin d’année pour vous et vos
    proches.

  2. Pascale dit :

    Je ne suis pas trop d’accord avec le fait de faire nécessairement le lien entre la foi en Dieu et les valeurs morales. Je côtoie bien des gens qui ont de belles valeurs (honnêteté, souci de l’autre, générosité, fidélité à la parole donnée, …) qui s’engagent et donnent de leur temps sans s’intéresser à Dieu pour autant. Personnellement, je considère que les valeurs qui m’animent m’ont pour la plupart été transmises par mes parents, sans référence aucune à Dieu et je ne crois pas que je les perdrais en perdant la foi. Je pense que vouloir donner une dimension supplémentaire à sa vie n’a rien à voir avec des valeurs morales, cela se situe à un tout autre niveau, bien plus profond, sur lequel il est bien difficile de mettre des mots.

    • Marc Pernot dit :

      Merci Pascale. Bien d’accord.

      Loin de moi de penser qu’un athée aurait moins de belles façons d’agir qu’un croyant. Et effectivement il y a des fous furieux parmi les croyants, et de grands, très très grandes figures parmi mes athées.

      Ce que je peux dire c’est que, pour moi, le travail de la foi m’a aidé à avancer, et à devenir meilleur que je n’étais avant. Cela ne veut pas dire que ce serait la seule façon d’avancer. Un athée a bien le droit de philosopher, de travailler sur soi-même, de mettre à profit ce qu’il y a eu de bon dans l’éducation qu’il a reçue dans sa famille et dans la vie. Chacun son truc.

      Normalement, quand on plante un bel arbre, qu’on l’irrigue en profondeur, qu’on met un peu de fumier à son pied… il est possible d’avoir de bons fruits. On peut en tout cas l’espérer. Il en est de même dans la vie.

      Et il semble que la société, la culture d’un pays, d’un région soient changées par la ou les religions ou philosophies de ses membres. C’est donc que cela a une influence sur la façon d’être de chacun. Et effectivement, si l’on prie chaque jour un Dieu qui aime et pardonne, ou si l’on prie chaque jour un Dieu qui se prépare à sélectionner les meilleurs éléments vers la vie et les moins performant vers des tortures éternelles, ou si on vit simplement en prenant ce qui vient… cela déteint sur l’humeur du jour, sur ce que l’on sera demain, non ?

      • Pascale dit :

        Oui, justement. Ce que vous dites montre bien que même la religion peut entraîner des valeurs ou des comportements plus ou moins sympathiques, et que c’est ce en quoi on croit (Dieu ou autre chose) qui va nous façonner. Par rapport à cela la prière permet de poser un regard quotidien sur soi, ce qui est peut-être plus difficile à faire autrement, et permet peut-être aussi d’espérer plus fortement qu’un changement, une évolution sont possibles.

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