Comment retrouver cette intimité avec Dieu ? une bonne relation ?

Coccinelle sur une feuille (illustration) - by Martin Fisch 
 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/45409431@N00/14781119444

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur,

J’aime beaucoup aller sur ce site. Je l’ai découvert en surfant. Avant de poursuivre, je tenais à vous dire que je suis catholique plus ou moins pratiquante.

Actuellement, c’est la relation que j’entretiens avec Dieu qui m’interpelle beaucoup. C’est une relation récente et intermittente. Je me suis de nouveau tournée vers Lui il y a 2 ans lorsque j’ai traversé un moment de grosse tension personnelle et professionnelle. Ce n’était pas la première fois que je me tournais vers le Christ quand ça n’allait pas puis, lorsque les soucis se faisaient moins oppressants, je L’oubliais, retournais à mes occupations. Quand il m’arrivait de penser au Seigneur, je ressentais un malaise; lorsqu’une chrétienne me faisait part de son amour fou de Dieu, je ressentais un malaise, une sorte de pudeur incompréhensible car je n’avais pas ce courage de l’engagement. J’avais peur de m’engager, peut-être.

Ces deux dernières années, je me suis de nouveau tournée vers le Seigneur. Je Lui ai tout confié, absolument tout. Je ne Lui ai rien caché, absolument rien. Il sait tout de moi, de mes désirs et de mes peurs. Professionnellement, je vis dans une grande incertitude car je travaille dans un CFA où je suis plutôt appréciée. Ma chef fait tout pour que je me sente à l’aise mais le CDI qu’elle m’a promis ne vient pas tant la situation financière de cet établissement est fragile.

Depuis la rentrée scolaire, sereine parce que j’ai écouté vos conseils prodigués cet été, je ressens de la sécheresse spirituelle. En effet, je n’arrive plus à prier le soir, à me confier au Seigneur tant ces derniers mois, je me suis complètement livrée, Lui demandant les choses les plus folles que je n’ai pas reçues. Au fond de moi, je savais que je ne les obtiendrais pas.

Pasteur, je souhaiterais poursuivre ma relation avec Dieu mais j’aimerais vivre une relation plus apaisée, plus sereine et moins hystérique. Je souhaiterais vivre une relation plus vraie, plus sincère, plus profonde. Je voudrais être une chrétienne fidèle. Sachez qu’il m’est aussi très difficile de parler de Dieu dans le monde actuel tant ce dernier est tourné en dérision. Ma mère refuse catégoriquement d’en parler, détestant les curés, les papes etc. Je ressens une grande solitude par rapport à ma foi.

Comment faire alors le soir? Comment retrouver cette intimité avec Dieu?

Merci de me lire. Et merci pour votre réponse.

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Ne vous laissez pas trop impressionner par l’avis d’un pasteur qui répond imprudemment aux mails de personnes qui se confient à lui, ni par l’avis de bonnes sœurs même si ce sont les excellentes cisterciennes (je suis aussi un adepte des retraites dans des monastères trappistes, mais sans demander d’entretien aux moines). Vous avez mil fois raison de demander des éclairages, mais ensuite, c’est vraiment à vous de prendre la main et d’en prendre et d’en laisser.

En l’occurrence, je ne sais pas si c’est « la peur de s’engager » qui vous fait reculer devant le témoignage d’un amour fou pour le Christ. Personnellement, cela me rend mal à l’aise aussi, comme quelque chose d’impudique, déjà, comme une personne qui raconterait ses ébats sexuels, mais aussi parce que l’exaltation me semble frôler la perte de soi-même, ce que Dieu ne veut pas.

Et il est normal d’avoir de n’avancer que pas à pas dans la découverte de la foi. Jésus parle souvent de notre cheminement et de notre foi avec des paraboles agricoles. Il faut du temps pour que ça pousse. Nous passons aussi dans ce cheminement par des temps de trouble, comme nous en connaissons dans notre croissance à l’adolescence. C’est tout à fait normal.

C’est normal aussi d’avoir des temps où nous ne sentons pas le contact avec Dieu, ou nous avons du mal à prier. C’est très bien exprimé dans bien des psaumes, comme par exemple les Psaumes 42+43 (dans la numérotation de la Bible Hébraïque, Psaumes 41+42 dans certaines éditions catholiques), ou le Psaume 22 prié par Jésus lui-même sur la croix « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ».

L’exemple que nous propose les Psaumes (et Jésus lui-même qui ressent alors une sorte de panne spirituelle – bien compréhensible d’ailleurs), est de continuer à méditer sur la personne de Dieu (les Psaumes parlent alors de lui à la 3e personne), c’est de faire mémoire des meilleurs moments que nous avons connus dans notre foi, dans notre recherche de Dieu, dans notre espérance d’avoir la foi.

Et puis nous pouvons prier quand même, même si nous doutons de Lui, même si nous n’avons pas envie de prier, prendre ne serait-ce que le temps d’un éclair pour se dire notre envie de pouvoir prier un jour. Nous pouvons utiliser aussi des trucs pour nous aider à entrer dans une bonne disposition pour prier, j’en ai mis quelques uns sur ce site internet, mais plus dans l’idée que chacun invente ses propres moyens utiles pour cela. Car espérer pouvoir prier, se donner quelque moyens en vue de cela… c’est en réalité déjà de la prière.

Et cela viendra. Cela vient toujours, pour celui qui veut prier. Cela restera avec des hauts et des bas, bien entendu. Mais ça peut aussi devenir, comme vous l’espérez, plus serein, une tranquille prière, sereine et confiante.

Vous n’avez aucune obligation de parler à vos proches de votre prière, ou de votre peine à prier. Vous en parlez si vous avez envie, mais comme je le disais plus haut, cela est très très intime. Et cela doit le rester pour que votre prière reste la plus sincère possible.

« Je voudrais être une chrétienne fidèle ». C’est parfait. Si je devais répondre à la question « Qu’est-ce qu’être un chrétien fidèle ? » je répondrais : « vouloir être un chrétien fidèle ».

Votre mère a sans doute ses raisons de ne pas pouvoir parler de foi, il me semble qu’il convient de respecter ses raisons qui sont sans doute profondes car pour parler de la couleur des fleurs elle ne ferait probablement pas de difficultés alors que le sujet est objectivement un peu plus secondaire. Elle exagère sans doute en considérant que les curés, les pasteurs, les églises et les religions sont mauvais. Mais c’est vrai que nous sommes tous pécheurs, appelés à nous convertir, nous réformer. C’est vrai que les papes, les prêtres ni les pasteurs ne sont pas Jésus-Christ, la religion n’est pas Dieu, elle n’est qu’une sorte de salle de musculation pour travailler entraîner notre foi, notre réflexion et notre prière. Une fois relativisée, la religion peut être regardée avec bienveillance mais sans se faire d’illusion non plus.

Bonne route, donc, à vous. Et bravo. Franchement bravo pour cette belle démarche. Continuez ainsi à la travailler, mais en laissant juste se dérouler à son rythme, qui est votre rythme.

Amitiés

par : pasteur Marc Pernot

PS. Merci beaucoup pour les encouragements !!!

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