07 janvier 2026

Visage en gros plan d'une jeune femme regardant vers le ciel, vue du ciel - Photo de Paolo Chiabrando sur https://unsplash.com/fr/photos/visage-de-filles-dans-la-photographie-en-gros-plan-Ye4YmdqtLRI
Prière

Une personne découvre le bénéfice de la prière par elle-même. Elle pose 7 questions sur la prière

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Une lectrice partage son cheminement spirituel naturel. Elle pose sept questions essentielles sur la prière : Dieu m’entend-il ? Comment lui parler ? Peut-on lui confier ses craintes comme à un ami ? Le pasteur répond avec bienveillance sur cette relation intime et personnelle avec Dieu.


Question d’une internaute sur la prière

Bonjour Monsieur le Pasteur,

Je ne suis pas baptisée mais je crois en Dieu et je sais qu’il existe. Cependant, je ne connais presque rien dans la religion.

Donc pour lui parler, je ne joins pas mes mains ou quoi que ce soit, je lui parle simplement dans ma tête ou en chuchotant, et en regardant (quand je suis à l’intérieur) le plafond de la pièce ou une fenêtre, et quand je suis à l’extérieur, je regarde le ciel. En fait, je n’ai aucune idée de « comment il faut faire » pour correctement lui parler.

De plus, il y a quelques années, je ne lui parlais que pour lui demander de réaliser des choses et à la fin de chaque « échange », je lui récitais mon « discours » tout prêt pour lui demander de prendre soin de ma famille, etc. Je trouve ça très « superficiel et impersonnel » et j’avais quelques doutes, parce qu’avec du recul, je me posais la question de si ce n’était pas « bidon » de parler à un Être en fixant ma fenêtre avant de dormir. J’ai donc plus ou moins arrêté de lui parler pendant un petit bout de temps.

Puis, j’ai recommencé à lui parler, mais cette fois je lui racontais un peu plus ma vie, je le remerciais pour tout ce qu’il faisait. Mais aussi, je lui demandais pardon pour mes péchés (j’en suis pas du tout fier, et encore aujourd’hui, même si ça fait plusieurs mois que je n’ai pas rechuté, j’ai parfois des pensées intrusives et des cauchemars intrusifs qui me gâchent parfois mes journées…).

Actuellement, je parle à Dieu plus régulièrement, parfois même juste pour lui dire bonjour, ou merci. Et j’en suis très contente car ça me fait du bien de lui parler, de le sentir présent et de savoir qu’il veille sur moi et mes proches.

Voilà, maintenant que j’ai fini de vous raconter tout ça (j’espère ne pas trop vous déranger avec mon pavé…), j’aimerais vous poser plusieurs questions.

  1. Comment savoir si Dieu m’entend ?
  2. Comment savoir ce qu’il en pense, ou ce qu’il répond ?
  3. Est-ce que si je demande à Dieu de pardonner mes péchés, c’est juste pour alléger ma conscience ?
  4. Est-ce qu’il faut que je m’y prenne d’une autre façon pour lui parler ?
  5. Est-ce que je peux lui demander de « contrôler » mes pensées intrusives et mes cauchemars intrusifs pour faire en sorte que je n’y pense plus ?
  6. Question un peu à part, je ne sais pas si c’est déplacé, mais j’ai assez peur du diable. Je pense que c’est aussi devenu un TOC, mais j’évite toujours d’évoquer la couleur rouge, j’utilise jamais l’expression « c’est un enfer » et je déteste l’emoji diable, etc. Je n’ai aucune idée d’où vient cette crainte, mais est-ce que Dieu me protège du diable ? (question un peu bête mais j’essaye de poser toutes les questions que je me pose depuis longtemps)
  7. Dernière question, puis-je raconter ma vie et mes craintes à Dieu, comme à un ami ? Cela ne l’ennuie-t-il pas ?

Je n’ai pas pris le temps de lire votre site internet, je suis juste tombée sur une question d’une internaute et ça m’a donné envie de vous poser mes différentes questions. Donc peut-être que certaines de mes questions ont déjà leurs réponses sur votre site…

En tous cas, merci d’avance, ça m’aidera beaucoup !

Réponse du pasteur

Chère Lucie,

Toutes mes félicitations pour votre foi et votre prière. Je trouve ça absolument formidable. Bien des personnes mettent longtemps avant d’arriver à une prière comme cela, avec cette intimité tranquille, amicale, confiante, comme un cœur à cœur avec Dieu.

Il faut dire que dans bien des religions et même des églises, on a malheureusement parfois enseigné à avoir peur de Dieu. Or, Dieu est au-dessus de tout, il a donc au plus haut point toutes les plus hautes qualités qui sont parmi les plus précieuses et les plus créatrices dans notre existence : il est amour, tendresse, bienveillance, fidélité, positivité, patience.

Votre confiance en lui est importante car c’est ce qui permet d’avoir une sincérité, une authenticité qui sont l’essence même d’une véritable prière.

Donc ne vous inquiétez pas du tout sur la forme de votre prière. À chacun de trouver la sienne. Et comme vous le montrez très bien, elle peut évoluer dans notre existence. Cela aussi est excellent.

C’est volontiers que j’essaye de répondre à vos questions :

1) Comment savoir si Dieu m’entend ?

Je n’irai d’abord que c’est un fait d’expérience. Elle n’est pas universelle, mais elle est très répandue : nous sommes des milliards et des milliards de personnes, depuis que l’humain n’est plus seulement une sorte de singe, à avoir l’expérience d’une relation à Dieu. Effectivement, il y a des personnes plus ou moins douées dans ce rapport à Dieu, certaines personnes ne sont pas très sensibles comme certaines personnes ne ressentent rien non plus en écoutant de la musique. Manifestement, vous êtes douée, vous, dans cette sensibilité à Dieu. Tant mieux pour vous car cela aide énormément dans la vie. Alors bien entendu, ce n’est pas une preuve qu’il existe un Dieu et qu’il écoute. Mais c’est quand même un indice fort.

Ensuite, j’allais dire que vous détenez déjà, vous qui avez la chance d’avoir une relation à Dieu, un signe fort que Dieu entend et répond : vous avez observé que prier vous fait du bien. De nombreuses personnes m’ont dit qu’effectivement la prière leur a fait du bien au-delà des forces humaines. Là aussi, ce n’est pas une preuve : c’est le témoignage de multiples personnes qui l’ont vécu. Mais même si c’était seulement le bénéfice qui existe à faire des exercices d’introspection, nous ne perdons en tout cas pas notre temps en priant, cela est en tout cas certain.

2) Comment savoir ce qu’il en pense, ou ce qu’il répond ?

Vous mettez le doigt sur un point très délicat.

  1. Dieu ne va pas nous tendre une sorte de table en or avec sa réponse inscrite dessus. C’est autrement qu’il agit.
  2. C’est vrai que sa voix se fait plus sentir en nous qu’à entendre. Dieu effectivement s’exprime à travers ce qu’on appelle son Esprit, quelque chose qui est au fond du fond du meilleur de notre personnalité. Mais en même temps, bien des voix s’expriment au plus profond de nous-mêmes : toutes sortes d’instincts, de craintes et d’espérances, de sentiments, de blessures anciennes… qui s’expriment aussi de façon plus ou moins distincte et confuse. Il est donc judicieux de ne pas trop vite penser que Dieu nous aurait dit ceci ou cela. Si nous avons cette impression, cela demande de poursuivre notre réflexion par notre observation de la réalité, par notre intelligence éclairée et par notre prière pour voir si effectivement cette idée que nous avons eue pourrait être comme un signe venant de Dieu. Cette démarche est une sagesse et une humilité devant Dieu, évitant de lui attribuer une parole qui ne viendrait pas de lui, et ne négligeant pas non plus cette possibilité.
  3. Mais en général, plutôt que de nous donner la solution, Dieu cherche à élargir notre regard, à affiner notre discernement, de sorte que par exemple le lendemain, nous ayons déjà les idées plus claires sur la situation, tenant mieux compte des différents paramètres de la question, et que nous arrivions ainsi à discerner ce qu’il faudrait mieux que nous évitions, et à apercevoir les chemins qu’il nous serait préférable de choisir.
  4. Ensuite, bien souvent dans mon existence, je me suis dit : « Tiens, ça, ça correspond exactement à ce qu’il me fallait. Et encore une fois, sans vouloir faire parler Dieu malgré lui, je me dis qu’il est bien possible que Dieu m’ait répondu ainsi. Finalement cela m’est arrivé à tellement de moments clés de mon existence que j’ai la faiblesse de me dire que c’est bien possible que ça vienne de Dieu.

3) Est-ce que si je demande à Dieu de pardonner mes péchés, c’est juste pour alléger ma conscience ?

Dans un sens, c’est inutile de demander à Dieu de pardonner vos péchés, puisqu’avant même que vous ayez demandé, Dieu vous avait déjà pardonné. C’est même plus que ça : puisque Dieu vous aime comme sa fille bien-aimée, il ne garde pas le compte de vos erreurs et de vos faiblesses, il va seulement chercher à vous aider à avancer.

Pourquoi alors serait-il utile de lui avouer quand vous avez mal fait quelque chose ? Ou pas fait une bonne chose que vous auriez aimé faire ? Parce que c’est comme ça qu’on peut progresser : en mettant des mots sur ce qui ne va pas : ça permet de faire le point et d’avancer. Le faire devant Dieu est un plus, parce que Dieu est créateur et donc c’est utile de lui présenter nos difficultés : c’est comme d’aller voir un médecin quand on a mal au genou, c’est une assez bonne aide pour pouvoir marcher plus à l’aise.

Effectivement, Dieu cherche à alléger notre conscience. Car cela ne sert à rien de culpabiliser. Ce qui est fait est fait. C’est plutôt l’avenir qui est intéressant : est-ce que nous pouvons faire quelque chose pour réparer les dégâts que nous avons commis ? C’est une question à laquelle nous trouverons, peut-être, la force de trouver une réponse dans la prière. Mais si on peut rien faire, alors à quoi bon se culpabiliser ? Ça ne fait pas avancer la situation. La deuxième question, c’est : si j’ai fait cette faute, c’est que je n’étais pas très en forme sur tel ou tel point. Comment est-ce que je pourrais être plus en forme pour que demain je fasse mieux ? Cela aussi c’est quelque chose sur laquelle nous pouvons avancer dans la prière. Mais culpabiliser, non, ça ne sert à rien. Il est donc bon de pouvoir alléger notre conscience en entendant que Dieu nous dit que nous sommes une bonne personne, et compter sur l’aide de Dieu pour commencer à nous pardonner à nous-mêmes (ce qui n’est pas facile, parfois).

Mais il ne faut pas simplement parler à Dieu de nos péchés. Il faut aussi chercher avec lui ce que nous avons fait de bien et s’en réjouir avec lui. Pas par orgueil, mais dans la joie et la reconnaissance.

4) Est-ce qu’il faut que je m’y prenne d’une autre façon pour lui parler ?

Non c’est parfait. Garder cette sincérité et cette confiance dans Dieu qui vous aime et vous veut du bien.

5) Est-ce que je peux lui demander de « contrôler » mes pensées intrusives et mes cauchemars intrusifs ?

D’une manière générale, j’évite de dire à Dieu ce qu’il devrait faire. Après tout, c’est lui qui sait mieux que nous ce qu’il peut faire, et ce qui lui semblerait le mieux de faire. Mais je pense qu’il est excellent de lui dire ce qui nous préoccupe. Et de lui faire confiance. Il est source d’évolution. Jésus le compare parfois à un semeur de bonnes graines : elles poussent au début d’une manière invisible à l’intérieur de la terre, puis au bout de quelques temps (pas trop longtemps non plus), on sent, on voit que ça pousse et les fruits arriveront bientôt. Dieu travaille à notre évolution ainsi. C’est souvent pas instantané mais très efficace quand même.

Ensuite, je ne pense vraiment pas que l’on puisse parler de péché à propos de pensées et de cauchemars intrusifs, quels qu’ils soient. Puisque par définition c’est intrusif, c’est pas un choix de votre part. Si cela vous fait souffrir, vous êtes à ce moment-là victime et non pas coupable. Il n’y a donc pas une seconde de quoi culpabiliser de cela. Ce qui est ennuyeux, c’est si ça vous fait souffrir, pour le reste, ça ne fait mal à personne, me semble-t-il. Donc peut-être suffit-t-il, simplement, de vous dire seulement : « Tiens, ça m’est encore arrivé. » Et puis c’est tout. Mais effectivement c’est dommage de souffrir parce que ça fatigue un peu.

6) Est-ce que Dieu me protège du diable ?

Je suis absolument persuadé qu’il y en a un seul Dieu et qu’il est bon. Il n’existe pas de sorte de Dieu méchant ou de créatures invisibles qui viennent infecter le monde des humains de méchanceté.

D’ailleurs, le mot « diable » est un mot grec qui est un nom de fonction : littéralement, c’est ce qui déconstruit, divise, éparpille au lieu de rassembler, d’harmoniser, de bâtir. Je ne pense pas qu’il existe une créature comme le diable, mais malheureusement, c’est clair qu’il existe du diabolique dans la personne humaine. Parce qu’il nous arrive tous de faire le mal consciemment, ou par inadvertance.

Il y a une autre source de mal dans le monde, c’est le chaos. Parfois le hasard fait bien les choses, mais il arrive qu’une personne soit au mauvais endroit au mauvais moment et qu’une catastrophe arrive. Il arrive aussi que les choses se détraquent. Ce n’est bien sûr pas voulu par Dieu, puisqu’il est une source toujours positive. Cela arrive malgré sa volonté. C’est d’ailleurs ce que nous dit Jésus dans sa prière, « le Notre Père », quand il prie Dieu pour que sa volonté se fasse sur la terre. C’est bien que la volonté de Dieu n’est pas toujours faite. Cela nous encourage à essayer de discerner quelle est sa volonté et puis d’essayer peut-être de voir si nous pouvons trouver à notre mesure une action ou une parole qui aillent dans son sens. Et de faire ainsi équipe avec lui.

Dieu est une force positive contre tout ce qui peut vous empêcher de vous épanouir et d’avancer. Par conséquent, il agit certainement contre cette idée que vous avez du diable. Mais je pense que vous avez raison, si cette idée vous fait peur, mieux vaut y penser le moins possible, c’est souvent plus efficace que d’essayer de lutter contre. En tout cas je suis absolument persuadé qu’il n’y a rien à craindre de ces objets mythologiques que certains appellent le diable, les démons et les enfers, que ce sont des façons de parler de ce qui est effectivement à craindre : la méchanceté, la stupidité, la négligence… de l’homme, et contre cela, oui, on peut agir.

7) Puis-je raconter ma vie et mes craintes à Dieu, comme à un ami ?

C’est exactement ça, la prière confiante que j’aimerais tellement que chaque personne puisse découvrir dans sa vie !

Non ça n’ennuie pas Dieu. Au contraire, Jésus nous dit que ça le remplit de joie. Cela le fait fondre de tendresse.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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