La maison de mon âme est étroite, si tu dois y entrer, elle se dilate avec toi. (Saint Augustin)

Illustration : chemin de prière - photo extraite de https://www.instagram.com/epg_geneve/
Mon Dieu,
La maison de mon âme est étroite.
Si tu dois y entrer, elle se dilate avec toi.

C’est une ruine. Répare-la.

Elle a de quoi blesser tes yeux, je le reconnais. Je sais.
Mais qui la nettoiera ?

A qui d’autre que toi crier : nettoie-moi de tous mes secrets,
Seigneur,
et de ceux d’autrui épargne ton serviteur ?

Je crois donc je parle. Seigneur.

Tu le sais, j’ai à haute voix parlé contre moi de mes fautes,
mon Dieu,
et tu as pardonné le manque de confiance de mon cœur.

Non, je ne te ferai pas un procès, tu es la vérité.
Je ne veux pas me décevoir moi-même.
Ma faute serait son propre mensonge.
Non, je ne te ferai pas un procès.
Si tu gardais les fautes, Seigneur, Seigneur qui pourrait tenir ?

Laisse-moi parler à ton amour.

Je suis terre et cendre
Laisse-moi te parler.

Je parle à ton amour et non à l’homme qui rirait de moi.
Toi aussi tu peux rire de moi. Mais touché, tu prends pitié.

Mais qu’est-ce que je peux bien vouloir dire,
Seigneur ?
Je ne sais pas d’où je suis venu pour arriver où je suis,
dans cette vie mortelle ou cette mort vivante – je ne sais pas.

Et m’ont recueilli les consolations de ton amour,
comme je l’ai entendu dire de mon père et de ma mère charnels,
celui de qui et celle en qui tu m’as formé dans le temps.
Moi, évidemment, je ne m’en souviens pas.

Et m’ont recueilli les consolations du lait humain.
Ni ma mère ni mes nourrices ne remplissaient d’elles-mêmes leurs seins.
C’est toi, par leur intermédiaire, qui me donnais l’aliment de la petite enfance,
suivant ton projet et les richesses que tu as réparties jusqu’au fond des choses.
Toi aussi tu me donnais de ne pas vouloir d’avantage que ce que tu me donnais,
et à mes nourrices de vouloir me donner ce que tu leur donnais.
Oui, elles voulaient me donner par une juste affection ce qu’elles recevaient de toi en abondance.
C’était pour elles un bien, le bien qui me venait d’elles
– ou plutôt le bien qui ne venait pas d’elles mais qui existait par elles.

Oui de toi viennent toutes choses,
Dieu
et de mon Dieu mon salut tout entier.

Je m’en suis aperçu que tard.
Aux cris que tu m’adressais en me donnant le plus intime comme le plus extérieur.
Mais en ce temps-là, je ne savais que téter pour me calmer une fois comblé
ou pleurer au mécontentement de ma chair.
C’est tout.

Augustin d’Hippone ou saint Augustin (354-430),
(Confessions I, 6 :6-7)

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Marc Pernot

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