Marc Pernot, janvier 2026
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Les paroles choquantes de Jésus : Étude des paraboles de Matthieu 25

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Dans cet épisode de la série sur les paroles choquantes de Jésus, nous lisons les paraboles de Jésu en Matthieu 25. Elles sont parfois perçues comme des menaces d’exclusion, elles révèlent tout le contraire : la volonté divine de guérison intérieure. Ce texte propose de voir en chaque personnage une facette de notre propre humanité, où Dieu agit comme un médecin cherchant à libérer notre meilleure part des ombres qui l’entravent.


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Clairement, les paroles de Jésus sont, dans l’ensemble, des paroles qui font vivre les personnes. C’est pourquoi l’Évangile est un best-seller mondial depuis plus de 2 000 ans.

Il existe pourtant quelques paroles choquantes et difficiles dans ce que dit Jésus. C’est le sujet de cette série que je vous propose avec, aujourd’hui, le chapitre 25 de l’Évangile selon Matthieu qui comprend trois paraboles. Une parabole, c’est une petite histoire que Jésus invente avec des mots tout simples, mais qui font vraiment réfléchir, comme des énigmes.

La crainte du jugement : une lecture erronée

Les trois paraboles de Matthieu 25 se terminent toutes les trois avec quelque chose qui pourrait sembler être une menace terrible du jugement de Dieu, envoyant en enfer ceux qui ne filent pas droit. Par exemple, avec ces mots : « Ces bons à rien, jetez-les dans les ténèbres du dehors, là seront les pleurs et les grincements de dents. » Ou bien : « Maudits, allez-vous-en loin de moi au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges, au châtiment éternel. »

Alors effectivement, ça peut faire peur. Certains lisent ces paraboles comme si ce n’était pas un Évangile — c’est-à-dire, par définition, une bonne nouvelle pour tous et pour chacun vivant en ce monde — mais comme un dernier avertissement avant l’exclusion par Dieu de la vie, avec des tortures et des peines de mort éternelles.

Comme si Dieu était le pire des patrons de ce monde, ou comme le pire des tyrans avec des arrestations, des tortures, des camps de concentration. Eh bien non ! Jésus-Christ nous montre que Dieu n’est pas comme ça. Il est comme le père idéal qui prend soin de chacun de ses enfants. Il est comme le médecin de notre être, nous dit Jésus ; donc le malade n’a rien à craindre, au contraire. Il est comme le berger qui sauve même la plus perdue des brebis perdues.

Une clé de lecture fondamentale : les dimensions de l’être

Alors, comment lire ces textes qui pourraient sembler menaçants ? Il existe une clé de lecture fondamentale que je voudrais vous partager aujourd’hui, qui permet de soulever tous ces textes où il y a comme une menace d’éliminer une personne.

La parabole met en scène différents personnages. La clé de lecture, c’est que ces différents personnages représentent différentes dimensions de notre être. Ils ne représentent pas « les bons » d’un côté et « les méchants » de l’autre, mais différentes facettes de nous-mêmes. Tout le monde est à la fois bon et méchant en différentes proportions.

La parabole explique comment Dieu nous aide à mieux nous porter dans notre vie quotidienne en gardant précieusement notre « moi », ce que nous avons d’unique et de merveilleux, et en le libérant de ce qui le tire vers le bas : les blessures, les souffrances, les faiblesses, les peurs, la méchanceté, l’égoïsme, etc. Ce travail n’est pas une torture, c’est un soin. C’est comme lorsqu’un chirurgien opère une tumeur cancéreuse : ce n’est pas pour torturer le patient, c’est au contraire pour le sauver et qu’il vive encore longtemps en forme. Tel est notre Dieu selon Jésus-Christ.

La parabole des dix jeunes filles : le discernement

La première parabole raconte que le Royaume de Dieu est comme dix jeunes filles fiancées à un homme. Est-ce que Jésus serait pour la polygamie à travers cette histoire ? Bien sûr que non. Cela montre bien que chacun de nous est les dix jeunes filles à la fois, représentant différentes facettes de notre être, avec cinq sages et cinq folles.

Les folles finissent par se perdre dans les ténèbres. Cela signifie que Dieu nous aide à travailler notre propre discernement. Il nous aide à nous recentrer sur les dimensions de notre être qui portent de la lumière, de la bénédiction, de la force vitale, pour les libérer de ce qui les empêche de s’épanouir.

La parabole des talents : l’action et le jardinage divin

La deuxième parabole, c’est la parabole des talents. Elle pose la question de notre capacité d’action, de faire des belles choses en ce monde. Nous recevons une vocation selon nos qualités, nos capacités, notre sensibilité.

Cette parabole nous propose de nous examiner avec l’aide de Dieu et de retrouver ce qui, en nous, est capable d’embellir la vie réellement et concrètement. Elle nous invite à nous libérer de ce qui est en nous comme un « poids mort » ne réalisant rien d’intéressant. C’est finalement comme le travail d’un jardinier qui coupe les branches mortes sur une plante ou sur une vigne : ce n’est pas pour torturer la plante, c’est pour lui permettre de s’épanouir encore mieux.

La parabole du jugement des nations : une libération

La troisième parabole est la plus terrible. Elle s’appelle la parabole du jugement des nations. Le Christ y est comparé à un berger qui sépare les brebis (pleines de bonté) des boucs (les égoïstes).

Encore une fois, nous sommes à la fois brebis et boucs. Il s’agit de libérer notre être bon de ce qui le pourrit. Ce n’est donc pas une sélection des individus, c’est une libération. Depuis les premiers siècles, la parabole est lue avec l’assurance que Dieu fait plus que garder le meilleur en nous : il soigne ce qui ne va pas.

On le voit sur les fresques des catacombes de Rome (IIIe siècle) : le berger sépare les brebis des boucs, mais ce qu’il porte sur ses épaules pour le sauver et le ramener dans le bien, c’est un bouc. Cela veut dire que Dieu prend soin même de notre mauvais côté pour nous aider à en faire un bon côté. Il n’y a donc rien à craindre de Dieu à travers ces paraboles, mais tout à espérer.

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