04 décembre 2022

peinture d'un disciple de Hieronymus Bosch, v. 1545
Témoignages

L’Espérance (Luc 1:76-79) ; Comment Jésus a-t-il progressé et grandi ? (Luc 2 :41-52)

Vidéo :

Podcast audio de la prédication / Podcast audio du culte

(Voir le texte biblique ci-dessous)

Célébration interreligieuse au temple de Cologny le 4 décembre 2022
00:00 Lecture de l’Évangile selon Luc 1,76-79
00:50 Homélie du Père Zdzislaw Szmanda (église Saint Paul de Cologny)
06:30 Lecture de l’Évangile selon Luc 2, 46-52
08:09 Prédication du pasteur pasteur Marc Pernot (Eglise Protestante de Genève)

peinture d'un disciple de Hieronymus Bosch, v. 1545
« Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque ». C’est une démarche religieuse qui demande un effort très concret. Peut-être que nos parents nous ont ainsi initié à un certain nombre d’exercices comme de nous brosser les dents, d’apprendre à dire bonjour et merci, d’aller à l’église ou à la synagogue de temps en temps, au moins pour les grandes fêtes. En tout cas, comme adulte, c’est notre propre choix d’avoir quelques exercices très concrets pour exercer notre être intérieur, à notre rythme, quelle que soit notre religion, notre philosophie.

Et si on ne le fait pas ? Pour ce qui est du corps, on a le droit d’être en forme sans rien faire pour cela. Certaines personnes ont de bonnes dents sans jamais les brosser. Mais en général, cela aide quand même bien de prendre soin de notre corps. De même pour notre être intérieur. C’est ce que fait la famille de Jésus, comme des milliards d’autres familles qui se bougent afin de faire bonne place à Dieu dans leur existence.

Cet exercice consiste d’abord à sortir de chez soi. Cela ne semble pas grand chose mais c’est déjà le premier point essentiel, car cela nous prépare à évoluer, cela nous permet de prendre un peu de recul sur notre quotidien et sa course. D’ailleurs le terme même de « Pâque » évoque l’idée de franchir une étape. Et le terme même d’« église » signifie littéralement « être appelé au dehors ». En effet « ecclésia » (église) vient de « ex » (hors de) et de « klésia, kaleo » (être appelé). C’est Dieu qui nous appelle à sortir un moment de notre quotidien, à sortir de notre bulle et de faire un détour à son appel un moment, avant de revenir ensuite dans notre vie après avoir franchi une étape, après avoir été grandi comme Jésus dans ce récit.

Ils « montent » à Jérusalem, au temple. Jérusalem signifie « la source de la paix » et le temple s’appelle « la maison de l’Éternel ». Il s’agit de symboles. C’est ce que Salomon reconnaît quand il inaugure ce temple qu’il a fait construire (1 Rois 8:27) : il dit que l’univers entier est trop petit pour contenir Dieu. Dieu n’est pas plus ici ou là qu’ailleurs. Dieu est présent dans la louange du fidèle (Psaume 22:4), toute terre où se tient une personne qui prie est donc une terre sainte. Salomon reconnaît que l’intérêt de ce temple est seulement d’aider l’humain à prier Dieu, à se recentrer sur cette source profonde de vie et de Paix.

Comme Salomon, nous ne pouvons pas faire totalement l’économie de symboles pour évoquer la présence de Dieu, pour nous aider à avancer grâce à lui, pour en parler ensemble comme nous le faisons ce matin. C’est à la fois modeste et essentiel.

La famille de Jésus fait donc régulièrement cet exercice spirituel, puis ils retournent chez eux à Nazareth. Il n’est pas question de rester tout le temps en prière, et encore moins tout le temps à l’église. C’est comme une respiration : un temps pour se laisser inspirer, puis un temps pour vivre dans se monde avec son métier, sa famille, ses loisirs, ses engagements.

Qu’apporte leur exercice religieux ?

  1. Se rappeler que l’on a la possibilité de prier, que nous avons notre mot à dire devant Dieu.
  2. Le temple était un lieu de culte offert à Dieu, ce geste nous rappelle qu’il y a plus grand que nous dans l’univers, et que nous ne sommes pas abandonné. Dieu est avec nous.
  3. Enfin, ces fêtes étaient l’occasion de rencontrer d’autres personnes qui étaient, elles aussi, sorties leur réduit à l’appel de Dieu.

C’est ainsi que Jésus rencontre des théologiens dans le temple. Cette rencontre en ce lieu associe la théologie et la prière. C’est excellent de tenir les deux, d’entraîner les deux, elles se nourrissent l’une l’autre et se corrigent mutuellement : la théologie sans prière est trop sèche ; la prière sans théologie présente le risque de nous mener n’importe où. Jésus associe les deux.

« Jésus est assis au milieu des théologiens. » Ils sont tous au même niveau : celui qui a plus de connaissances et celui qui apprend, comme Jésus ici. Tous sont à dignité égale devant Dieu. Par ailleurs, c’est grand d’avoir réfléchi et étudié, c’est grand d’une autre façon de chercher à apprendre et à réfléchir.

« Jésus les écoutait et les questionnait ». Ce qui est intéressant dans une discussion, ce qui a une chance de nous faire grandir : c’est d’écouter l’autre, puis de garder ensuite ce qui nous apporte quelque chose. C’est pour cela que nous sommes rassemblés aujourd’hui avec des croyants de différentes religions, ce n’est pas pour convertir l’autre mais pour écouter l’autre.

« Tous étaient frappés par l’intelligence des réponses de Jésus ». C’est curieux car : qu’est-ce que Jésus répondait à ce que disaient les théologiens ? Nous venons de le voir : il les écoutait, puis il leur répondait en les interrogeant. C’est intelligent car nous avons plutôt tendance à répondre aux autres en disant notre propre opinion. Alors que là, Jésus interroge les autres et fait ensuite preuve d’intelligence, le terme grec pour parler de cela est la « sunèsis », c’est le fait de rapprocher des éléments différents. C’est comme cela que l’on grandit : en s’intéressant, en questionnant, en se questionnant, et faire ainsi son propre miel.

Le récit nous dit que c’est ainsi que Jésus progresse, qu’il grandit en sagesse et en élévation, qu’il progresse en grâce auprès de Dieu et auprès des humains.

Avant de retourner vivre sa vie dans sa famille. Ayant grandi un peu.

Dieu nous bénit ainsi.

Amen.

pasteur Marc Pernot

Textes de la Bible

Évangile selon Luc 1,76-79

Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut,
car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes,
77pour donner à son peuple la connaissance du salut
par le pardon des péchés.
78C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu :
grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut.
79Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort,
afin de guider nos pas sur la route de la paix. »
(Traduction Œcuménique)

Évangile selon Luc 2:41-52

Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque.
42 Cette année, là, Jésus a douze ans, ils y étaient montés… [et ils perdent Jésus dans la foule, le cherchent partout]

46 C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le temple, assis au milieu des maîtres, à les écouter et les interroger.
47 Tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur l’intelligence de ses réponses.
48 En le voyant, ils furent frappés d’étonnement et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Vois, ton père et moi, nous te cherchons tout angoissés. »

49 Il leur dit : « Dans quel but me cherchez vous ? Ne savez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? »
50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
51 Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était respectueux ; et sa mère retenait tous ces événements dans son cœur.

52 Jésus progressait en sagesse et en taille, et en grâce auprès de Dieu et auprès des humains.

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