Ethique

++ remords & repentance

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Question :

Monsieur le pasteur,

J’ai parfois commis des actes et eu des paroles qui ont blessé d’autres (pas physiquement mais moralement et mentalement). Je suis sûr qu’elles ont été affectées. Je pense même que ça peut les avoir affectées à vie. Forgé certains traits de caractère même.

Je regrette tout cela profondément. Je crois que Dieu me pardonne(ra). Mais le problème, c’est que ce que j’ai dit ou fait a eu des conséquences sur le mental ou même le caractère de personnes. Je ne me le pardonnerai jamais. Quand j’y pense, ça me rend malade mentalement.

Fraternellement.

 

Réponse :

Bien cher Monsieur,

Je suis absolument et totalement persuadé non seulement que Dieu pardonne, mais qu’il est même au-delà du pardon puisqu’il vous aime. Et quand on aime, bien sûr, on pardonne, on ne médite pas le mal, on ne garde pas rancune, comme l’apôtre Paul le dit dans son magnifique hymne à l’amour (qui est en réalité un hymne à Dieu comme amour) en 1 Corinthiens 13.

C’est déjà un problème réglé.

Bien plus compliqué est d’arriver à se pardonner à soi-même. Dieu peut vous aider dans ce cheminement, c’est vrai. Il y a aussi la simple raisonnabilité de vie :

  • Le fait de culpabiliser n’apporte absolument rien à personne : ni à la victime, ni à celui qui a fait le mal. De toute façon on ne peut pas faire que quelque chose qui est arrivé ne soit pas arrivé.

Par contre, il est très utile, comme vous le faites, de regarder en arrière et de noter ce que nous avons fait de bien mais aussi ce que nous avons fait de mal. Mais à quoi est-ce que cela sert ?

  1. Pas pour obtenir le pardon de Dieu puisque c’est déjà donné.
  2. Mais à progresser soi-même, à avoir un peu moins de risque de refaire ce genre d’erreur plus tard. C’est déjà un regard vers l’avenir. Ce n’est plus simplement du regret du passé, ça peut être utile pour l’avenir.
  3. Cela peut être utile pour chercher si on peut faire un geste afin d’aider la personne à qui nous avons fait du mal. Cela peut être, par exemple, de reconnaître devant elle notre faute, mais à la condition expresse que cela lui fasse plus de bien que de mal !!! Par exemple, il est complètement inutile d’avouer une infidélité qui a eu lieu dans le passé alors que sa femme, son mari ne le sait pas. Mais c’est utile de devenir résolument fidèle.
  4. Connaissant le problème à cause de notre propre expérience de fautif, peut-être que cela nous inspirera des gestes positifs en ce domaine. Par exemple de monter une association venant en aide aux victimes de ce genre de choses, ou alors accompagnant des personnes qui ont tendance à faire ce genre de fautes, ou dans l’éducation. Mais, là encore, il ne faut pas que ce genre d’action soit dans l’idée de se racheter car ce serait encore tourné vers soi-même. Mais que ce soit vraiment pour les autres, simplement parce que notre expérience personnelle vécue de cette difficulté peut nous donner une compétence plus grande pour faire avancer le monde.

En tout cas, je vous félicite pour cette prise de conscience, c’est admirable et pas facile. Je tiens absolument à vous encourager à laisser le passé dans le passé et à vous tourner vers l’avenir. Vous êtes, comme on dit, au premier jour du reste de votre vie : aujourd’hui est un jour de résurrection et de joie. Pas un jour de lamentation. Un jour pour recevoir la bénédiction de Dieu et son pardon. Un jour pour faire un peu de bien, mettre un peu de joie autour de nous, comme vous le pourrez. Et cela fera un bien fou et, au passage, vous fera du bien.

Bien fraternellement,

Pasteur Marc Pernot

 

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