Pour ne pas troubler ma belle-fille athée, je ne laisse pas trop transparaître ma foi quand elle est là.

Par : pasteur Marc Pernot

famille faisant la cuisine - onjour  Bravo pour votre pensée pour votre belle-fille, c'est très très sympa.Et bravo pour votre foi, et d'être sensible à votre soif de la travailler, de la nourrir.  C'est exactement comme cela que le Christ nous propose de vivre : en aimant Dieu, en aimant notre prochain et en nous aimant aussi nous-même, en soignant notre propre développement.  Il y a un ajustement à trouver. Cela partait d'un bon sentiment de supprimer toute expression de votre foi. Je pense qu'effectivement ce n'est pas utile, pas juste.  Vous ne voulez pas avoir l'air de vouloir convertir votre belle fille, ça, c'est très bien et je pense qu'elle est reconnaissante de cela. Vous pouvez garder cela tout en vivant votre foi. Par exemple, si vous aviez une passion pour le tango, vous vous sentiriez libre de pratiquer ce loisir sans que votre belle fille se sente poussée à aimer le tango, ni même la danse. Chacun son truc. C'est ce type d'attitude qu'il me semblerait bon d'avoir et de faire sentir. Que vous puissiez être vous-même est important pour vous et pour votre famille. Être vous-même dans votre authenticité. Pouvoir vivre votre foi à votre façon cela comprend le fait de pratiquer à votre façon tout en montrant, en disant que c'est bien votre truc à vous et que vous respectez tout à fait que leur truc à eux pour leur dimanche matin ou le jour férié du 25 décembre, il aillent visiter quelque chose, ou faire du ski ou rester au lit et finir les restes de dinde.  C'est important que chacun puisse être ainsi lui-même, dans le respect des autres. C'est comme cela que nous pouvons faire corps, et que le corps entier profite des charismes de chacune et chacun, avec des liens d'attention, d'intérêt mutuel. Il serait d'ailleurs intéressant de savoir qu'est-ce qui intéresse cette femme comme valeurs, comme visée, philosophie ? De l'interroger là dessus avec intérêt permet de montrer un respect bien plus profond que la neutralité.  Encore bravo pour votre qualité d'être et de comportement.

Question d’un visiteur :

Cher pasteur,
J’apprécie votre ouverture d’esprit.
Aussi permettez-moi de vous demander un éclairage.
Ma « belle-fille » n’est pas chrétienne ni croyante d’après ce qu’elle en laisse paraître, aussi les rares fois où elle accompagne mon fils je fais attention à ne pas trop laisser transparaître ma foi pour ne pas avoir l’air de vouloir la convertir. Toutefois cette année je crois que j’ai poussé le bouchon un peu trop loin et cela me fait souffrir. En effet j’avais prévu de rester tranquille en famille (mauvais temps, Covid etc)de manière à ne subir aucun stress et à pouvoir me consacrer totalement à mes enfants et petits enfants.
Malheureusement je ressens maintenant de la frustration et de la colère de ne pas pouvoir vivre ma foi légitimement et de ne pas pouvoir participer aux offices de fête. Je me demande si je n’en fais pas un peu trop et cette année je sens bien que je me suis « affadie » en voulant cacher ma « ferveur ». Du coup Noël sans son côté religieux a perdu toute sa saveur pour moi. Comment arriver à avoir un équilibre qui tienne compte aussi de l' »athéisme  » des autres, du moins de ceux qui sont sous mon toit. Je vous remercie.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Bravo pour votre pensée pour votre belle-fille, c’est très très sympa.Et bravo pour votre foi, et d’être sensible à votre soif de la travailler, de la nourrir.

C’est exactement comme cela que le Christ nous propose de vivre : en aimant Dieu, en aimant notre prochain et en nous aimant aussi nous-même, en soignant notre propre développement.

Il y a un ajustement à trouver. Cela partait d’un bon sentiment de supprimer toute expression de votre foi. Je pense qu’effectivement ce n’est pas utile, pas juste.

Vous ne voulez pas avoir l’air de vouloir convertir votre belle fille, ça, c’est très bien et je pense qu’elle est reconnaissante de cela. Vous pouvez garder cela tout en vivant votre foi. Par exemple, si vous aviez une passion pour le tango, vous vous sentiriez libre de pratiquer ce loisir sans que votre belle fille se sente poussée à aimer le tango, ni même la danse. Chacun son truc. C’est ce type d’attitude qu’il me semblerait bon d’avoir et de faire sentir. Que vous puissiez être vous-même est important pour vous et pour votre famille. Être vous-même dans votre authenticité. Pouvoir vivre votre foi à votre façon cela comprend le fait de pratiquer à votre façon tout en montrant, en disant que c’est bien votre truc à vous et que vous respectez tout à fait que leur truc à eux pour leur dimanche matin ou le jour férié du 25 décembre, il aillent visiter quelque chose, ou faire du ski ou rester au lit et finir les restes de dinde.

C’est important que chacun puisse être ainsi lui-même, dans le respect des autres. C’est comme cela que nous pouvons faire corps, et que le corps entier profite des charismes de chacune et chacun, avec des liens d’attention, d’intérêt mutuel. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qu’est-ce qui intéresse cette femme comme valeurs, comme visée, philosophie ? De l’interroger là dessus avec intérêt permet de montrer un respect bien plus profond que la neutralité.

Encore bravo pour votre qualité d’être et de comportement.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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3 réponses

  1. Jocaze dit :

    Je pense qu’il faut faire apparaître avec discrétion la foi pour annoncer la bonne nouvelle de Christ pour qu’elle puisse se transmettre.

    • Marc Pernot dit :

      A mon avis, justement, ce n’est pas comme cela que cela doit avancer, je pense.
      La priorité n’est pas de transmettre la Parole avec habilité à une personne.
      La priorité est d’abord d’aimer la personne. Et donc de faire preuve à la fois de délicatesse, de respect et de désir de lui transmettre le meilleur pour sa vie, donc l’Evangile.

  2. Pascale dit :

    Cette question, évoquée dans un milieu familial, peut se retrouver de manière plus générale dans la société. Sous couvert de laïcité, il arrive parfois que la seule opinion autorisée à être exprimée publiquement soit l’athéisme et que les croyants, quels qu’ils soient, sont priés de garder leurs opinions pour la sphère très privée. Bien sûr ce n’est pas dit officiellement, mais c’est une question d’ambiance et il est difficile d’aller contre. Je trouve cela un peu fatigant et même triste, ce n’est pas ainsi que l’on fait avancer le respect, même s’il est vrai qu’il fut un temps où c’était l’inverse.

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