Pour moi, c’est en général un joyeux Hannouccah spirituel, et un Noël triste en pensant aux isolés

Par : pasteur Marc Pernot

bougies de Hannouccah - Image par kevindvt de Pixabay -

Les symboles peuvent avoir un grande puissance, variable selon les personnes

Question d’un visiteur :

Cher Marc Pernot,

Pour chaque grande fête où je me pose à nouveau la question: mais qu’aurait fait Jésus à ce moment-là?

Personnellement, de part mes origines juives et mon engagement dans l’église protestante, je suis toujours entre les deux. Mais il est vrai que je ressens chaque année une assez grande joie et paix spirituelle lorsque j’allume les 8 bougies de Hannouccah, petit rituel de fin d’après-midi, chaque jour qui passe se rapprochant un peu plus du miracle de la huitième bougie. L’approche des fêtes de Noël me plonge par contre toujours dans une certaine tristesse. D’abord parce qu’elle rappelle ceux qui ne sont plus là, et qu’elle fait surgir l’image d’ un monde qui serait divisé en deux : ceux qui se retrouvent dans leur famille et ceux dont l’absence de famille se fait encore plus ressentir à cette période-là de l’année…

Qu’en pensez vous?

Merci

Amicalement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

C’est toute la question des symboles. Ils sont puissants, effectivement, plus que nous n’imaginons parfois. Pour le meilleur et pour le pire.
C’est à chacun de voir ce que tel ou tel symbole produit sur lui comme effet. Cela dépend de tant de choses, de la mémoire plus ou moins consciente de ce que la personne a vécu, du sens qu’on donne au geste, de la sensibilité personnelle. Tout cela influe, dans une improbable alchimie, sur l’effet et la puissance de tel ou tel symbole sur nous. Donc, si Hannouccah vous enchante, tant mieux (à condition non plus que cette pieuse légende soit plus lue au sens spirituel que dans un sens matériel où Dieu multiplierait de façon magique l’huile dans la lampe). Et si Noël vous rend triste, abstenez-vous de le fêter. Ce n’est bien entendu pas obligatoire.

Bravo de penser à ceux qui sont seuls. C’est déjà cela et cela vous ouvre le cœur pour penser à des personnes souffrant de la solitude. Le pire n’est peut-être pas d’être seul le jour de Noël, mais le problème est principalement douloureux quand on est isolé toute l’année, les 364 autres jours. Mais là encore, c’est la puissance du symbole qui frappe. C’est purement psychologique. J’ai longtemps été seul pour Noël, et je n’ai pas souffert de la solitude, mais goûté cette journée comme un jour de paix, de tranquillité dans les rues et les cinémas désertés. C’était aussi comme une journée de retraite spirituelle aussi pour moi. Par ailleurs, on se fait souvent une idée idyllique du repas de Noël en famille… alors que le repas de famille souvent obligatoire est une épreuve pour une part importante de la population. En être « privé » comme nous le serons largement cette année est une bénédiction pour un grand nombre.

En tout cas, bonne période de fêtes, que le Noël soit blanc serait une bonne surprise. Le meilleur souvenir de Noël que j’ai, personnellement, sont les jours de Noël avec plein de neige qui tombe, en bourrasque, ou à gros flocons tranquilles, tout me va. Et les petits gâteaux de Noël, j’en mangerais des kilos.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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