Une petite fille dos à un pur peint regarde avec un air de reproche et d
Développement

Mes parents biologiques m’ont abandonné à la naissance et refusent de renouer, l’Eternel notre Dieu m’a-t-il oublié ?

Par : pasteur Marc Pernot

Une petite fille dos à un pur peint regarde avec un air de reproche et d'interrogation vers la droite - Photo de Jeremy McKnight sur https://unsplash.com/fr/photos/W12NZQTYtYI

Question posée :

Bonjour Monsieur le Pasteur
Je suis née d’une relation de deux adolescents, et élevée par des parents d’adoption. J’ai beaucoup beaucoup souffert de cet abandon total privé de mes racines, mon identité est en Christ heureusement mais que faire devant un silence absolu de mes deux parents biologiques suite à ma demande de reconnaissance, et est ce que mon droit passe inaperçu devant L’Eternel Dieu ? Comme le disent certains versets , car depuis des années j’écris et je leur ai dit que je pardonnais mais toujours ce silence absolu, cela a beaucoup fait de mal à ma postérité.
En vous remerciant, recevez mes respectueuses salutations en Christ

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Dieu ne nous abandonne pas

Bien sur que non, ce n’est pas possible que « mon droit passe inaperçu devant L’Eternel Dieu ». Bien sûr que non. Au contraire. Ce qui arrive de mauvais n’arrive jamais avec l’accord de l’Eternel, n’arrive selon sa volonté. Il appelle, il crie, il cherche à convaincre, à soigner… ça marche parfois, ça améliore d’autres fois, et parfois Dieu échoue. Il y a quantité d’épisodes de la Bible qui montre cette faiblesse de Dieu, qui est la force de l’amour. Alors il essaye de pallier, comme le dit le Psaume : « mon père et ma mère m’abandonnent, mais l’Eternel me recueille » (Psaumes 27:10).

Est-ce que ces personnes que vous pensez être vos parents biologiques le sont ? Personnellement, j’ai l’esprit un petit peu simple : si une personne venait me voir en disant « je suis votre fille », je serais prêt à donner mon ADN devant un huissier pour que la justice s’exprime, car je n’ai certainement pas d’enfant. Comment comprendre le refus de ces personnes de participer à cette simple démarche qui prend une minute au maximum ? Il me semble que du point de vue moral vous pourriez tout à fait, me semble-t-il, prendre leur refus comme une forme d’aveu de leur part, évidemment, je n’en sais rien. Mais cela peut vous soulager tout à fait sur vos origines. C’est un point important, je pense. Sauf qu’en insistant encore et encore dans ces démarches, il me semble que vous creusez encore et encore un sentiment d’abandon qui ne vous fait aucun bien, ni à vous, ni à vos enfants. Parfois, il vaut mieux ne pas savoir.

Si vous avez épuisé tout ce que vous pouviez faire comme démarches légales, effectivement, je pense très sincèrement que vous gagneriez à tourner la page d’une façon décisive, considérer que le dossier est clos. Faire le deuil de cette réconciliation avec des parents biologiques.

Comment comprendre que des parents abandonnent leur enfant ?

Ensuite, la vie des personnes est souvent bien plus compliquée qu’on l’imagine. Peut-être que cette jeune fille enceinte qu’est votre génitrice a été forcée par son entourage de promettre sur la vie de sa propre mère qu’elle ne dirait jamais rien de cette enfant qu’elle a faite. Peut-être qu’on lui a permis de garder cette enfant sous condition que cela reste secret pour toujours ? Peut-être que vous devez votre vie à cela ? Votre mère a pu jurer d’une façon telle qu’elle ne se sent toujours pas de revenir sur cette promesse solennelle ? C’est vrai que je fais du roman, mais qui sait ce qui s’est passé ? Il faut de toute façon que ce soit terrible pour laisser sa propre fille à d’autres. Je pense qu’un réel abandon choisi de son enfant est finalement très rare car c’est contre nature. Une naissance d’un être humain tout neuf est une merveille absolument prodigieuse. Même si on ne l’a pas portée ni conçue, qui voudrait, qui pourrait même, faire du mal à une petite fille en la privant de ses parents ? C’est possible quand on est dans une situation extrême, contraint et forcé par la maladie, par la folie, par des détresses abominables, par un manque total de liberté…

Je dis cela pour essayer d’imaginer pouvoir comprendre ce qui semble injustifiable. Je dis cela pour vous aider à cicatriser d’une blessure vive. Car évidemment, qu’il y ait effectivement eu un réel abandon par confort ou facilité, ou un tragique abandon contraint et forcé : vu du côté de l’enfant abandonné, il y a une blessure originaire. Pour guérir de cela, en tout cas pour être en voie de guérison de cela, je suis rassuré que vous parliez d’identité en Christ : là vous n’êtes pas et vous ne serez jamais abandonnée, jamais on ne vous tournera le dos. En Christ, vous êtes en famille. Absolument, inaliénablement.

Ensuite, peut-être avez vous eu des parents de valeur qui se sont occupés de vous ? Les personnes qui vous ont fait grandir son mille fois plus importantes qu’un géniteur ou une génitrice (dont le travail est en réalité relativement limité, l’enfant semble se fabriquer tout seul). Vos parents ont eu des millions de gestes de soin, d’attention, de joies, d’amour, de soucis pour vous au jour le jour, année après année, sinon vous ne seriez pas là. Certes ils n’ont pas été parfaits mais il y a eu de bon, du génial à recueillir. Et, avec les soins de Dieu, c’est cela que je garderais et c’est ce qui fait de vous une personne qui est debout.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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6 Commentaires

  1. Le Mecreant dit :

    Sans porter de jugement sur le cas exposé, une chose me choque dans le propos « est-ce que mon droit passe inaperçu… »
    C’est une des grande plaie de notre société: « mon droit de ….  »
    Et tout particulièrement dans notre société en ce qui concerne les enfants…  » j’ai le droit » d’avoir un enfant si et quand je veux, ou de ne pas en avoir et de cela découle d’immense souffrances. mais un enfant n’est pas un objet de consommation qu’on a « le droit » de posséder.
    Ici deux choses opposées se heurtent, le droit de l’enfant de connaitre ses géniteurs, et leur droit a eux de justement ne pas accéder a cette demande. Y en a t’il une qui soit plus légitime que l’autre ?

    Comme vous le soulignez, les histoires de familles sont complexes et souvent douloureuses, parfois tragiques, et Dieu peut nous aider a accepter cette réalité et a en tirer une force créatrice.

    Pour ma part, face a une telle situation je ne peut qu’offrir ma compassion, aux uns, comme aux autres car je pense que les « parents » eux aussi doivent souffrir de ce qui s’est passé et sans doute bien plus qu’on ne le pense.

    1. Pascale dit :

      « j’ai le droit d’avoir un enfant si et quand je veux, ou de ne pas en avoir et de cela découle d’immense souffrances. mais un enfant n’est pas un objet de consommation qu’on a « le droit » de posséder. »
      Avoir un enfant est une expression qui ne signifie pas qu’on va le posséder. Personnellement, je pense que l’idéal pour accueillir un enfant c’est que ce soit fait a priori dans le cadre d’un véritable projet, et donc en quelque sorte si et quand je veux. Lorsqu’une société essaie de se donner les moyens médicaux, techniques, financiers, législatifs, tout en menant une réflexion éthique, pour pouvoir concrétiser des projets d’accueil d’un enfant, cela va dans le bon sens. Et, à mon avis, c’est cette volonté collective de vouloir surmonter certains obstacles, qu’on appelle droit à l’enfant.

  2. Rosset Claire-Lise dit :

    Bonjour Madame,

    Les angoisses d’abandon rejoignent un besoin très primaire de sécurité affective. Et quand le père et la mère sont incapables, pour des raisons qui leur appartiennent, d’aimer leur petite fille, leur petit garçon, c’est une plaie béante qui fait mal, même très mal.

    Il existe une thérapie qui répare le lien d’attachement, c’est  » L’intégration du cycle de la vie de Peggy Pace », que j’ai fait avec succès. Vidéo sur cette méthode :

    https://www.youtube.com/watch?v=Mipl5l8WZP4&t=29s&ab_channel=DunodVideos

    Je me souviens avoir rendu une dernière visite à mon « géniteur » agonisant dans un service de soins intensifs. Intubé et incapable de parler, je ressentais douloureusement le fait que jamais il ne me dira la phrase que j’ai attendue en vain pendant 40 ans années : ma petite fille, je t’aime.
    Mais j’ai pu lui caresser sa joue droite et lui dire : papa, je t’aime. Ce furent mes dernières paroles.

    30 ans plus tard, j’ai eu besoin de me recueillir sur sa tombe. Et je l’ai remercié d’avoir été mon géniteur. Grâce à ses gamètes, j’existe. Dieu a voulu que j’existe.

    Et voyez-vous, dans mes angoisses d’abandon, j’ai souvent été encouragée – et le suis encore ! – par ce verset d’ Ezéchiel 16 : 4 – 6 :

    « A ta naissance, au jour où tu naquis, ton nombril n’a pas été coupé, tu n’as pas été lavée dans l’eau pour être purifiée, tu n’as pas été frottée avec du sel, tu n’as pas été enveloppée dans des langes.
    Nul n’a porté sur toi un regard de pitié pour te faire une seule de ces choses, par compassion pour toi; mais tu as été jetée dans les champs, le jour de ta naissance, parce qu’on avait horreur de toi.
    Je passais près de toi, je t’aperçus baignée dans ton sang, et je te dis:
    Vis dans ton sang! je te dis: Vis dans ton sang ! »

    Malgré la douleur, malgré le manque, Dieu nous appelle à vivre envers et contre tout, nous ces « mal-aimés », ces « mal-aimées » , mais que Dieu aime d’autant plus de son amour le plus fou.

    Bien cordialement
    Claire-Lise Rosset

  3. Anne catherine dit :

    Jesus a t il ete adopté en quelque sorte ?
    Il a dit « ce n’est pas le ventre qui m’a porté qui est important mais ceux qui font la volonté de mon Père » je crois

    1. Marc Pernot dit :

      Nous sommes tous adopté par l’amour de Dieu.
      Et en même temps, nous sommes aussi engendrés par Dieu, grandissant par l’Esprit.
      C’est cette double filiation qui à la fois nous dit la grâce de Dieu, qu’il n’y a pas de chantage, car nous sommes personnellement choisi, aimé, gardé par Dieu. Et en même temps qu’il est boen de s’ouvrir à une nouveauté de notre être, en étant rendu capablme d’aimer, d’espérer et de faire confiance.

  4. Kévin dit :

    Ésaïe 49
    …14Sion disait: L’Eternel m’abandonne, Le Seigneur m’oublie! – 15Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point. 16Voici, je t’ai gravée sur mes mains; Tes murs sont toujours devant mes yeux.…

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