Les homélies du dimanche et les enseignements de Jésus ? Moïse était bègue ?

Par : pasteur Marc Pernot

Un rabbin - illustration - http://www.flickr.com/photos/30673183@N06/5676362982 Found on flickrcc.net

fresque de la synagogue de Dura Europos représentant Moïse

fresque du IIIe siècle, dans la synagogue de Dura Europos représentant Moïse

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur,

Je suppose que vous n’avez pas toujours le temps de nous répondre, mais j’ai deux questions qui me titillent ! La première est : est-ce que les homélies du dimanches sont les mêmes enseignements que Jésus donnait dans les synagogues ? La deuxième est-ce que Moïse était bègue ?

Merci à vous et bon courage.
Que Dieu éclaire votre chemin.

Envoyé de mon iPhone

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Merci pour les encouragements.

1) Est-ce que les homélies du dimanches sont les mêmes enseignements que Jésus donnait dans les temples ?
Quand on voit Jésus lire la Bible et prêcher dans la synagogue de Nazareth, par exemple, il lisait la Bible hébraïque. C’est effectivement les mêmes textes que nous avons encore dans la première partie de notre Bible (Ancien Testament), même si la liste précise des livres contenus dans cette bibliothèque qu’est la Bible n’a été fixée qu’à la fin du premier siècle, deux générations après Jésus.

Aujourd’hui, il nous arrive de prêcher sur ces textes, même si nous aimons beaucoup les textes qui ont été écrits après ce que nous a apporté Jésus : les évangiles (4 témoignages sur Jésus) et les autres livres du Nouveau Testament.

Les juifs de la synagogue suivaient des listes de lectures avec un passage de la Torah (les 5 premiers livres le la Bible) et un passage d’un prophète, ils chantaient des psaumes. Nous n’avons plus les même listes de lectures. L’église catholique a établi des listes de lectures pour l’homélie du dimanche, certaines paroisses protestantes suivent ces listes de textes, personnellement, je ne les suit pas car cela tourne en rond sur trois ans et cela conduit à prêcher toujours sur les mêmes textes, qui ne tombent pas forcément bien en fonction de ce qui se passe.

Les juifs se réunissent à la synagogue le jour du shabbat (commençant le vendredi soir), les chrétiens se sont rapidement réunis le dimanche, en mémoire du Christ, parce que cela signifie le 8e jour, symbole de vie éternelle, de nouveauté de vie.

2) La deuxième est-ce que Moïse était bègue ?
C’est vrai que Moïse tente de refuser la vocation que Dieu lui adresse en disant qu’il parle mal, qu’il a la bouche et la langue « lourdes » (Exode 4:10). Cela a été interprété comme signifiant « bègue », parce que c’est une difficulté d’expression courante.
Mais cette histoire me semble surtout intéressante pour sa signification :

  • Comme Moïse et bien d’autres prophètes, nous ne nous sentons pas digne d’être un grand serviteur de Dieu (ou servante de Dieu), nous nous trouvons trop jeune, trop vieux, pas assez ceci ou trop cela. Ce Moïse parle de nous. Dieu lui répond qu’il va être à ses cotés et lui donnera la force de la mission qu’il lui donne. Cela ne suffit pas à rassurer Moïse. Il refuse encore, se trouvant nul. Dieu lui dit alors de faire équipe avec son frère Aaron. Cette aide est plus rassurante, plus visible. Et Moïse va aller de l’avant. Et il parlera très bien, très très bien, sans problème. Il avait surtout besoin d’être rassuré et aidé par son frère Aaron ainsi que sa sœur Myriam qui a d’ailleurs l’air plus géniale et inspirée que Aaron dans la fratrie. Donc : prenons courage dans notre vocation de faire de bonnes choses en ce monde, avec l’aide de Dieu et en faisant parfois équipe avec d’autres.
  • Mais comme finalement Moïse parlait bien mieux qu’il ne le pensais, peut-être qu’il y a un jeu de mot; ce qui est très fréquent en hébreu. Moïse dit qu’il a « la bouche lourde et la langue lourde ». Lourd se dit kabad en hébreu, seulement le même mot, ou en tout cas la même racine, signifie « la gloire » kabod en hébreu. Moïse trouvait qu’il avait la parole lourde (un défaut), finalement, avec l’aide de Dieu sa parole sera pleine de gloire (kabod), expression servant dans la Bible à désigner la façon dont Dieu libère et accompagne les hébreux dans un véritable chemin de libération et de vie (Ex 24:16). Donc : il peut arriver que nos défauts, avec un peu de courage et beaucoup d’aide de Dieu, deviennent un atout, une force.

Bravo pour votre questionnement, cela aussi aide à avancer à travers mers et déserts.
Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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Marc Pernot

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2 réponses

  1. Germaine dit :

    Bonsoir pasteur et merci pour votre blog qui fortifie ma foi. Ma question est-ce que la femme peut-être pasteur ? Est ce que je dois aller dans une église où les femmes sont pasteur ? Merci d’avance

    • Marc Pernot dit :

      Chère Germaine,
      Oui, depuis longtemps maintenant pratiquement dans tous les pays les églises réformées, luthériennes, presbytériennes, anglicanes, épiscopaliennes (en tout cas) se réjouissent du ministère de leurs pasteures femme !
      C’est tout à fait normal puisque Jésus a chargé plusieurs femmes d’annoncer l’Evangile à leurs proches, homme comme femme : en particulier la femme samaritaine envoyée vers les personnes de son village, et de Marie Madeleine, chargée d’annoncer l’Evangile aux apôtres réunis dans la chambre haute !
      Personnellement, je n’irais pas dans une église où les mâles se réserveraient des privilèges exclusif.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

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