Je suis une personne qui aime la vérité et dit souvent en face des gens ce que je pense. Est ce mal ?

champ de tournesols avec un rayon de soleil dans un ciel d'orage - Image parenriquelopezgarre de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour, allant tous les week-ends et me confessant toutes les semaines pour corriger mes péchés . Je suis une personne qui aime la vérité et dit souvent en face des gens ce que je pense .
Récemment j’ai été confrontée à une personne qui m’a fait du mal et j’ai du lui dire ce que je pensais en face d’elle . Et je me comporte souvent comme cela . Est ce un péché de dire ce que l’on pense même ci parfois ça peut faire mal .


Est ce mal de dire aux gens leur vérité c’est ça le fond de ma questions . Car on m’a fait beaucoup de mal et je dois un jour recroiser ces gens et le leur dire quand la situation arrivera .
Merci de me répondre .

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Votre question est une immense question. Parfois il est bon de dire les choses même si cela ne fait pas plaisir, parfois il vaudrait effectivement mieux rester plus modeste. Comment faire ?

Dans un commentaire de la première lettre de Jean, le grand Saint-Augustin parle de votre question en disant ceci, dont le début est fort célèbre et malheureusement pas la suite, tout aussi importante :

Une fois pour toutes,
Ce bref commandement t’est donné :
Aime et fais ce que tu veux.
Si tu te tais, tais-toi par amour
Si tu parles, parles par amour
Si tu corriges, corriges par amour
Si tu pardonnes, pardonne par amour.
Aie au fond du cœur la racine de l’amour
De cette racine, il ne peut sortir que du bien…

Toute la question est d’arriver à savoir si notre désir de parler vient d’une volonté de faire augmenter le bien ? Ou si c’est notre colère, notre peur, notre soif d’exister. Bien souvent, c’est plutôt cela. Il y a donc un travail en amont pour arriver à trouver une paix intérieure qui nous permette d’être plus maître de nous et d’arriver à réellement être libre de ce choix de parler ou de se taire, de corriger ou de faire preuve de compassion. Saint-Augustin, dans la suite du commentaire ci-dessus, suggère que cet amour qui devrait présider à cette décision ne peut venir que de Dieu, qui seul peut nous donner cette qualité d’être. Ce n’est pas faux. Cela se travaille aussi personnellement, et il y a aussi des conditions de vie qui peuvent jouer : quand on est fatigué, quand on est éprouvé, quand on est blessé, on a plus de mal à être maître de soi…

Mais il reste cette piste qui me semble intéressante : si l’on corrige, que ce soit par amour. Cela veut dire que si l’on corrige sous le coup de la colère, ce n’est pas génial. Si l’on corrige pour se venger froidement, non plus.

Cela dit, quand on fait du mal, même dans son bon droit, on se fait aussi du mal à soi-même. Il faut vraiment que l’on pense que le bilan de l’opération « correction » en vaille la peine :

  • peut-être pour la personne faisant le mal (est-ce à moi de l’aider à se porter mieux, suis-je bien placé pour le faire ?)
  • pour protéger une victime ou d’éventuelles futures victimes, ou la société : cela peut s’imposer, et d’autant plus que personne d’autre le le fait.
  • la justice en général ? régler les comptes ? Ce n’est pas à nous de faire l’addition.

Il y a ainsi bien des questions à se poser. Bien à se préparer, comme vous le faites, pour être maître de sa décision en conscience et maître de soi, de sa bouche au moment donné.

En ce qui concerne ces relations complexes avec votre famille… j’ai bien l’impression que cela vous ferait plus de mal que de bien, à vous, de dépenser de la bonne énergie pour leur dire ce que vous avez sur le cœur. Si vous pouviez décharger ce fardeau, et se sentir libre de ne plus se préoccuper de ces mauvaises choses, de les laisser en arrière comme n’ayant, à partir de maintenant : plus d’importance. Cela vous a déjà assez fait de mal, il n’est pas juste que cela continue à vous faire du mal.

Que Dieu vous donne sa paix.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève


Réponse de la personne :

Bonsoir, je vous remercie de m’avoir répondu. 

Ce soir vous avez éclairé ma lanterne, vous m’aidez à prendre la meilleure décision qui soit . Elle était enfouie en moi et qui me rongeait alors que je suis à la recherche d’un cœur paisible, une sagesse d’esprit et une spiritualité grandissante . 
Je prie beaucoup et je vois chaque jour la main de Dieu dans ma vie . 
Je ne veux pas le décevoir et cette étape avec ces gens m’on déstabilisé. 
Demain, je me lèverai et j’avancerai avec les meilleures décisions Qui soient vis à vis d’eux afin de me reconstruire et d’être loin de la haine et dans ce qui pourrait me faire tomber dans le mal . 
Merci à vous . Je garderai toujours votre mail . Bonne soirée . 

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

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