Je culpabilise de ne plus arriver à pardonner la violence de mon mari.

Par : pasteur Marc Pernot

Photo d'une fleur rose blessée, deux pétales arrachés (illustration de la violence faite à une femme) -  Image: 'Violent Pink'  by Iulian Dumitru  https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/37824335@N04/29093630375

Question d’un visiteur :

Mon mari est parfois extrêmement brutal en paroles étant très colérique ( insultes, mépris, harcèlement moral…) j’ai de plus en plus de mal à accepter ses excuses, ses remords et je n’arrive plus à lui pardonner. Que faire car je m’en sens coupable malgré tout ?

Merci de vos conseils et de votre site si intéressant.

Que Dieu vous bénisse.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame,

Votre vie n’a vraiment pas l’air facile. Franchement je ne suis pas certain qu’il vous faille à tout prix rester avec ce monsieur dans ces conditions, car tout n’est pas acceptable. Mais évidemment je ne peux absolument pas juger à votre place du meilleur chemin.

Mais il y a une chose certaine, à mon avis, c’est que votre désir de vouloir pardonner est excellent, et que vraiment personne ne peut vous demander plus. De toutes façons on ne peut pas plus se forcer à pardonner que l’on est capable de se forcer à cicatriser quand notre peau a saigné. On peut vouloir cicatriser, et essayer de faire ce qu’il faut pour ça, mais le reste ne nous appartient pas (cela vient de Dieu qui est la source de l’amour), et il faut toujours du temps pour créer la vie, même pour lui.

Certes, il est bon de pardonner, en général. C’est vraiment une libération pour celui qui garderait sinon de la rancœur (ce qui est comme un poids qui freine notre marche et nous pèse). Mais pardonner cela veut dire que votre cœur soit en paix, que votre sommeil soit bon, que ces blessures qui vous sont infligées ne vous fasse pas vous sentir mal. Mais pardonner ne veut pas dire qu’il faille considérer que le fait d’être maltraitée soit acceptable, et encore moins continuer à vous laisser maltraiter (même s’il manifeste ensuite des remords et excuses, cela n’a rien à voir).

En effet, l’inacceptable ne doit pas être toléré. Toute la question est de savoir ce qui est acceptable ou non, qu’est-ce qui fait avancer ou non la situation, où est la limite… car souvent, la personen qui maltraite joue avec la limite, la repousse discrètement de quelques centimètres à chaque fois en s’excusant, revient un peu en dedans pour la repousser plus loin encore et encore. Cela piège la victime : comment ne pas pardonner pour un simple centimètre de plus accompagné d’excuses ? C’est trompeur. Il faudrait arriver à voir là où vous en êtres arrivés tous les deux plus objectivement, et ce n’est pas facile. Là encore, Dieu peut vous aider en vous éclairant sur la réalité, si elle est acceptable ou non, et ce qu’il est bon de faire dans votre cas particulier. Comme souvent dans une situation de violence, le bourreau se présente (et parfois se sent vraiment) être la victime, et la victime de cette violence se sent coupable (ce qui est injuste et cruel). C’est pourquoi il est bon d’en parler pour sortir de cette illusion et avoir des points de vue plus objectif qui pourront nous dire un peu plus objectivement où nous en sommes. Et cela afin de nous aider à décider de la suite à donner.

La violence physique est une terrible chose. Mais la violence morale est aussi terrible, parfois moins facile à cerner, à prouver, et elle ne doit pas être acceptée non plus. Certes, il n’y a pas de sang, pas de bleus visibles, mais le cœur, les sentiments, la dignité blessés sont également graves. Et la violence risque de continuer à augmenter peu à peu, parfois jusqu’à la mort. Il y a un seuil qui doit être posé au delà duquel il faut savoir arrêter. C’est le mieux pour la victime, mais aussi pour le bourreau.

  • L’idéal serait bien entendu que ce monsieur se porte mieux et soit guéri de sa violence.
  • Le pire serait de continuer comme cela avec cette violence persistante, voire augmentant peu à peu.
  • Entre les deux vous avez le droit de chercher une solution qui ne sera pas parfaite mais qui sera la vôtre, et sur ce chemin vous serez accompagnée par Dieu, son amour.

Que Dieu vous bénisse.

Avec mes pensées amicales.

pasteur Marc Pernot

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